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numérique

Photo et réseaux sociaux

20/06/2013 - par Capucine Cousin

Acquisition record d’Instagram par Facebook puis de Tumblr par Yahoo, multiplication des applications mobiles permettant de retoucher les clichés... Les géants du Web l’ont bien compris: la photo est devenue centrale sur les médias sociaux.

Des «mobinautes» de tous âges qui prennent des photographies tout le temps: dans la rue, en concert, à travers la buée d'une fenêtre, à table... avant de les retoucher et de les diffuser sur les réseaux sociaux. C'est l'un des derniers spots télévisés d'Apple pour l'Iphone 5, diffusé depuis fin avril. Il ressemble à s'y méprendre à une publicité pour un appareil photo. Mais il illustre une tendance de fond: la photo, l'image deviennent centrales sur les médias sociaux.

De fait, la passion du «mobinaute» moyen pour tout ce qui touche à la photo est devenue un prolongement naturel de cette tendance à partager des fragments de sa vie sur les réseaux sociaux. La démocratisation du smartphone n'y est pas étrangère. Aujourd'hui, 44% des Français en sont équipés, d'après la Mobile Marketing Association France. Ce petit bijou de technologie intègre désormais des appareils photo de haute définition (le Samsung Galaxy S4 propose un capteur de 16 mégapixels) et divers gadgets, comme un outil permettant le format diaporama. Victime collatérale de ce succès: l'appareil photo numérique qui, l'an dernier, a vu ses ventes chuter de 20,1% en France, selon l'institut GFK.

 

Société de l'image

L'engouement pour la photographie via smartphone est d'autant plus grand qu'une multitude de services de filtres et de retouche de photos sont apparus ces dernières années, permettant au mobinaute de s'improviser artiste photographe. Le magazine spécialisé Icreate d'avril 2013 citait ainsi Eye Em, Starmatic (du nom de l'appareil culte commercialisé par Kodak en 1959), Camerabag 2, Camera+, Hipstamatic, Lo-Mob, Snapseed, Typic...

Leur point commun: la plupart donnent un effet délavé, «vintage», aux clichés. Qu'elles soient gratuites ou payantes, ces applications proposent de nombreux services techniques allant des étiquettes permettant de les annoter à une multitude de filtres (jusqu'à 39 proposés sur Lo-Mob) en passant par divers paramétrages ajustables, des zooms numériques, des stabilisateurs...

Plus de 500 millions de photos seraient ainsi partagées chaque jour sur les principaux réseaux sociaux, dont 350 millions sur Facebook, d'après une étude du cabinet KPCB publiée fin mai. On en comptait «seulement» 360 millions en 2012 et 200 millions en 2010. Une tendance logique selon Wilfrid Estève, président de l'association Freelens, qui promeut la photo et les nouvelles pratiques liées à l'image: «On est dans la "photographie conversationnelle" depuis deux ans: la photo est l'élément social par excellence sur les médias sociaux. Elle suscite bien plus de commentaires et de likes qu'un article. Dans une société de l'image, la photo marque plus et est comprise d'un coup d'œil.»

Autre raison de ce succès: «Les frontières sont très poreuses entre les images privées et les images "socialisées" (qui ont vocation à être partagées)», souligne André Gunthert, enseignant-chercheur à l'Ecole des hautes études en sciences sociales. A noter que les questions de droit d'auteur ne se posent plus sur ces images partagées sur Twitter et Facebook. «C'était le cas pour celles partagées sur les plateformes du Web 2.0, Flickr et You Tube, où il fallait être propriétaire des droits de l'image pour la diffuser. Avec Facebook, les réseaux sociaux ont évolué avec l'apparition de différents niveaux de confidentialité. Il n'y a donc plus de problèmes de diffusion de contenus», poursuit André Gunthert.

Les géants des réseaux sociaux se lancent dans cette bataille de la photo, à coups d'acquisitions de start-up, de lancement de nouveaux services et formats. Avec pour objectifs d'être présents dans cet univers à forte dimension mobile et d'y agréger de nouveaux formats publicitaires. Les marques sont d'ailleurs déjà très actives en la matière (lire page 38).

 

Guerre de l'image

Il y a un an, Facebook s'offrait, pour 1 milliard de dollars (environ 751 millions d'euros), Instagram, à la fois réseau social et outil de retouche photo. L'intérêt de cette nouvelle pépite du Web est d'allier photo rétro, façon Polaroïd, et réseau social. En deux ans, l'application s'est imposée dans le monde numérique: elle compte plus de 100 millions d'utilisateurs. Quelques mois plus tôt, Facebook reliftait le design de son site, donnant la part belle aux images, photos et vidéos, dans sa «timeline», un fil qui permet de mettre en scène sa vie depuis sa naissance.

A la suite de ce rachat d'envergure, la bataille sur le terrain de la «photo sociale» est allée en s'accentuant. En décembre, Twitter lançait à son tour ses filtres «vintage» pour photos, concurrençant ainsi directement Instagram. Les deux mises à jour gratuites de ses applications sur Android et IOS comportaient ainsi huit filtres fournis par l'entreprise Aviary, laquelle avait déjà un partenariat avec Flickr. Le divorce avec Instagram était ainsi consommé...

En février 2013, Twitter lançait Vine, un outil de publication de microvidéos de six secondes, que le mobinaute peut partager sur Twitter. Le 29 mai, Twitter publiait enfin une nouvelle mise à jour de ses applications mobiles, privilégiant de nouveau la photo et permettant de la tweeter en moins de six secondes.

On s'en doute, Google n'est pas en reste. En décembre dernier, le géant de Moutain View rendait gratuite sur Android et l'App Store son application mobile Snapseed, qui jusqu'ici coûtait 5 dollars (3,80 euros). Elle aussi permet de retoucher et partager ses clichés avec ses amis. Pour cela, Google avait racheté deux mois avant la start-up Nik Software, concepteur de Snapseed.

En mai, Yahoo entrait à son tour dans la danse, en annonçant le rachat de Tumblr, pour 1,1 milliard de dollars (environ 825 millions d'euros). La société Internet s'offre là une plateforme qui permet de créer des blogs minimalistes en quelques clics, compte 300 millions de visiteurs uniques par mois et revendique 108,4 millions de blogs. Et Tumblr est lui aussi omniprésent dans l'univers mobile, grâce à son application pour mobiles et tablettes et son outil de publication en ligne adapté aux smartphones.

Une prise de choix pour Yahoo, qui s'ajoute au service de partage de photos et vidéos Flickr, qu'il a acquis en mars 2005. Au passage, Flickr propose également des filtres photo depuis décembre dernier.
Mais déjà, d'autres médias sociaux à succès placent l'image au cœur de leur offre. La valorisation boursière souvent élevée de ces start-up en font des cibles potentielles pour les géants du secteur des médias sociaux. C'est le cas notamment de Pinterest, un service qui met l'accent sur des photos que l'on partage, que l'on «épingle» («to pin», en anglais) sur son «mur» virtuel. Elle annonçait en février une levée de fonds record de 200 millions de dollars (150 millions d'euros), qui la valorisait alors à 2,5 milliards de dollars (1,9 milliard d'euros).

La start-up, en pleine expansion, s'apprête d'ailleurs à ouvrir des bureaux au Royaume-Uni et au Japon, mais aussi en France, pour lequel elle recherche actuellement son «country manager». Même un média traditionnel, le New York Times, vient de copier ce concept, en ouvrant en mai Compendium, un «Pinterest-like», où l'internaute peut épingler ses articles favoris.

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