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Les secteurs qui recrutent

26/09/2013 - par Gilles Wybo

Twitter, Facebook et Pinterest se développent en France et renforcent leurs équipes marketing. Tout comme les agences médias et certaines agences digitales. Qui recrute dans la communication et les médias ? Suivez le guide.

1- Internet et les réseaux sociaux

 

A ma gauche, les pépites américaines du Web (Twitter, Pinterest, Facebook...), qui ouvrent des bureaux à Paris. A ma droite, les belles réussites du Web à la française (Le Bon Coin, Criteo, Showroom privé, etc.), qui poursuivent leur croissance forte. Le point commun entre ces sociétés: elles renforcent leurs équipes marketing et digitales dans l'Hexagone. D'ailleurs, elles ne sont pas les seules, selon le baromètre publié récemment par l'association France Digitale: les entreprises du secteur ont affiché une croissance de 25% de leurs effectifs ces deux dernières années, de surcroît en contrat à durée indéterminée près de neuf fois sur dix.


«Chez Facebook France, nous sommes 28 salariés aujourd'hui», dit Michelle Gilbert, la responsable communication. Nous avons embauché dernièrement un account manager, un directeur de clientèle, un responsable des affaires publiques... Mais il y a encore trois postes ouverts: un global client partner (commercial), un creative strategist (marketing) et un performance solutions strategist (marketing).» L'entreprise, dirigée dans l'Hexagone par Laurent Solly, ex-directeur général de TF1 Publicité, pourrait compléter ses équipes dans les prochains mois. «Avant d'intégrer Facebook, les candidats passent jusqu'à cinq entretiens, qui peuvent se dérouler par Skype ou téléphone», précise-t-elle.

 

Le réseausocial Twitter dispose lui aussi de bureaux à Paris même s'ils sont provisoires pour l'instant. «Nous sommes répartis en deux pôles: d'un côté, une équipe partenariat dirigée par Justine Ryst (ex-Endemol France) comprenant trois personnes, avec pour mission de tisser des liens avec les médias, les politiques..., explique une source proche du dossier. De l'autre, le pôle commercial, piloté par Olivier Gonzalez (ex-Hi-Media), également directeur général France, qui travaille avec les agences, les régies, les marques...» Twitter compte, pour le moment, moins d'une dizaine de collaborateurs et recrute actuellement cinq personnes: un account manager, un BtoB marketing manager, un brand strategy lead, un partnerships manager, un music & culture manager (France) et un TV & entertainment manager (France). Pour constituer une équipe d'une quinzaine de salariés. Mais ce n'est sans doute qu'un début, car le bureau londonien ouvert il y a un an et demi a aujourd'hui plus de 70 salariés.

 

Le réseau social américain Pinterest vient aussi de s'installer à Paris. «Nous recherchons activement un marketing manager qui pourra nous aider dans le développement de l'activité en France, notamment en travaillant avec les communautés, les influenceurs et les marques», explique Stéphanie Tramicheck, la directrice France de Pinterest. Une start-up à suivre de près, car elle devrait grandir dans les prochains mois : «Nous sommes impatients de construire une équipe pour soutenir nos efforts dans la création d'une expérience utilisateur adaptée aux "épingleurs" français.» Même si la société, qui ne génère pour l'instant pas revenus, affiche logiquement une certaine prudence dans son développement.

 

De son côté, le réseau social professionnel Viadeo (220 salariés en France, 450 dans le monde) a quasiment bouclé son plan de recrutements 2013. Il cherche en revanche à compléter ses équipes avec une dizaine de professionnels, comme des experts de la gestion de données marketing et produit ou des développeurs (titulaire d'un bac+5, avec cinq ans d'expérience au minimum).

 

Le site d'e-commerce Showroom privé (250 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2012) poursuit sa croissance, puisqu'il vise plus de 350 millions d'euros cette année. L'entreprise comprend aujourd'hui 540 salariés, et a initialement prévu d'intégrer 150 personnes en 2013. Une quarantaine de postes restent à pourvoir d'ici à la fin de l'année : acheteurs (prospection des marques), chargés de clientèle, chefs de produit, trafic managers, experts en gestion de la relation client, e-réputation et fidélisation, animateurs de communauté ou encore chargés d'études big data... Le site devrait embaucher entre 70 et 130 collaborateurs en 2014.

 

Le site de petites annonces Le Bon Coin (97,7 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2012), qui compte aujourd'hui 195 salariés à Paris et à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), a déjà embauché une soixantaine de personnes depuis janvier: en majorité des développeurs informatique, des commerciaux, des fonctions supports (comptables, ressources humaines, etc.) et quelques chefs de marché (marketing produit) affectés à un univers (automobile, emploi, etc.). «Nous anticipons notre plan de recrutements 2014 avec une dizaine de postes ouverts actuellement, annonce Antoine Jouteau, directeur général adjoint du Bon Coin. Il s'agit de développeurs, de commerciaux et de quelques profils en marketing (chefs de marché, data-mining...).» En 2014, le site poursuivra son développement en intégrant 50 à 70 salariés.

 

Digital Virgo, un groupe digital (ex-Jet Multimedia), qui détient les sites de petites annonces Paru vendu et de jeux Prizee, tout en ayant récemment repris le site de téléchargement de biens culturels Virgin Mega, poursuit son développement. «Nous sommes un éditeur et distributeur de contenus Web et mobile, détaille Laurent Radix, le secrétaire général de Digital Virgo. Nous comptons 900 collaborateurs et réalisons 200 millions d'euros de chiffre d'affaires.» L'entreprise, basée à Lyon mais également présente à Paris et Aix-en-Provence, recrutera une vingtaine de personnes d'ici au premier trimestre 2014: six commerciaux de terrain, des télévendeurs, des responsables acquisition, des graphistes ou encore deux chefs de produit... localisés principalement à Aix-en-Provence.


Et puis il y a Criteo, le spécialiste du reciblage publicitaire, qui va s'introduire sur le Nasdaq. L'entreprise de 756 salariés dans le monde (dont plus d'un tiers en France) poursuit son développement, même si elle préfère rester discrète sur ses recrutements dans cette phase délicate d'introduction en Bourse aux Etats-Unis.

 

2 - Les agences

 

«La fin d'année est tendue et les compétitions sont très dures sur les budgets digitaux. Désormais, les agences indépendantes se retrouvent à chaque fois face à des structures d'Havas ou de Publicis», décrypte un expert du marché. De fait, les agences digitales sont plus prudentes dans leur développement. En revanche, les agences spécialisées comme We Are Social dans le social media ou Fifty-five dans les data analytics poursuivent leur croissance rapide. Du côté des agences de publicité classiques, pas d'embauches massives mais des recrutements au coup par coup, en fonction des gains de budgets.

 

L'agence Fullsix (500 collaborateurs en France) prévoit une centaine d'embauches dans les douze prochains mois. «La moitié de ces recrutements concerneront des fonctions techniques: consultants, ingénieurs Java et PHP ou encore développeurs front office, juniors et expérimentés», détaille Ange Michelozzi, le directeur des ressources humaines de Fullsix. L'autre moitié concernera les fonctions conseil et création. «Une trentaine de consultants en marketing (dont cinq en data) et une vingtaine de créatifs (maquettistes, concepteurs-rédacteurs, directeurs artistiques)», liste le DRH. Par ailleurs, le groupe vient d'ouvrir un bureau au Brésil et d'envoyer un premier collaborateur sur place, pour suivre un «gros client de l'automobile».

 

L'agence Nurun (200 salariés en France) va renforcer ses pôles d'expertise d'ici à début 2014. «Au programme, une petite dizaine de recrutements, dont un expert en UX (user experience), un consultant analytics, un consultant SEO (référencement), un consultant éditorial et trois développeurs Web, détaille Stéphane Bartolomucci, DRH de Nurun. Il s'agit davantage de remplacement que de créations de postes.» Le groupe Nurun compte 1 200 collaborateurs dans le monde, aux Etats-Unis, au Canada, en Italie, en Espagne...

 

We Are Social, qui se définit comme une agence conversationnelle, poursuit son développement. «Nous sommes 57 salariés en France et serons 70 début janvier, souligne Sandrine Plasseraud, sa directrice générale France. Tous les recrutements se font en CDI.» L'agence, qui est implantée dans 8 pays et emploie 350 salariés, veut se développer dans les plateformes de marques. «Ainsi, nous recrutons des profils variés: directeur marketing, creative technologiste senior ou encore développeur, illustre Sandrine Plasseraud. Les plateformes sociales sont devenues des plateformes médias. Nous avons mis en place, ces six derniers mois, une cellule créative composée de six personnes (créatifs, designers, etc.) pour accompagner les marques, les aider à se mettre en avant en images sur Tumblr, Instagram...» En parallèle, We Are Social continue de recruter des analystes social media, des consultants (juniors et seniors) et des directeurs conseils. Objectif : une centaine de collaborateurs à la fin 2014.

 

Enfin, Fifty-five, l'agence spécialisée dans le data analytics, poursuit son expansion: «Nous sommes plus de 60 aujourd'hui et devrions être 75 d'ici à la fin de l'année», note Mats Carduner, son cofondateur. Il recherche en majorité des data scientists. «Il s'agit d'une transformation lourde et de fond, du marketing vers le digital et l'analyse de données, juge le directeur général de Fifty-five. Dès lors, la croissance et le développement de l'agence devraient se poursuivre en 2014.» Fifty-five devrait, en outre, ouvrir deux filiales à l'étranger dans les prochains mois.

 

Du côté des agences classiques, il ne s'agit bien souvent que de compléter des expertises: mobiles, réseaux sociaux, e-commerce, multicanal, gestion de la relation client... Elles recrutent en cas de gains de budgets et intègrent alors des teams plutôt digitales, des community managers ou social media managers.

 

L'agence Buzzman, après être passée cette année de 40 à 50 collaborateurs en France (plus six à Dubai), admet ainsi avoir atteint sa vitesse de croisière. Elle reçoit jusqu'à quatre fois plus de CV quand elle est exposée dans les médias, comme actuellement avec la campagne Milka. «Nous réalisons une bonne croissance organique depuis trois ans, note Thomas Granger, directeur général de l'agence. Nous venons encore d'embaucher un chef de publicité, un planneur stratégique senior et un team créatif. Notre développement futur sera corrélé aux nouveaux clients gagnés, si l'activité impose d'être 65 ou 80, on recrutera le nombre de personnes nécessaires.»

 

Autre cas de figure, celui de l'agence Leo Burnett, qui est en phase de construction de son offre digitale depuis l'intégration de Mediagong et complète ses équipes dans cette optique: elle vient d'intégrer Olivier Abel, ancien président de Duke Razorfish (Publicis Groupe) et cofondateur de La Chose, comme directeur général adjoint. L'agence a également embauché un managing partner, un directeur artistique, un chef de groupe... Elle compte aujourd'hui 140 salariés et devrait recruter encore cinq personnes d'ici à la fin de l'année, dont trois en digital (création, social media).

 

La jeune agence Born to run, 4 ans d'existence, comprend aujourd'hui 18 collaborateurs et vient d'engager un directeur artistique ainsi qu'une directrice conseil. «De nouvelles embauches pourraient avoir lieu avec des gains de budgets», précise-t-on chez Born to run. A surveiller, également, des agences nouvellement créées comme Jésus, l'agence de Gabriel Gaultier qui a récemment ouvert un bureau à Marseille, ou encore Brand Station, la structure de Loïc Chauveau. Dans ces petites entités, chaque gain de budget peut générer des embauches.

 

3 - Les agences médias

 

«Dans les agences médias, l'ad-exchange est le sujet, constate Marc de Torquat, directeur du cabinet de recrutement Shefferd. L'offre est en train de se construire, et cela requiert des compétences marketing, techniques (chef de projet data, data-miner) et commerciales (responsable de comptes ad-exchange).» Et effectivement, les géants de cet univers renforcent leurs départements dévolus à cette nouvelle forme d'intermédiation automatisée.

 

Chez Havas Media (900 collaborateurs), on prévoit une vingtaine d'embauches d'ici à la fin de l'année. «Nous recrutons sur la partie digitale, détaille Cécile Pennec, la DRH. Quatre-cinq experts en social media (chefs de projet, chargés médias, responsables de pôle), quatre-cinq traders et deux-trois spécialistes de la télévision (chargés médias, chefs de groupe, responsables de pôle).» Selon la DRH, le développement de l'ad-exchange n'a eu aucun impact négatif sur les emplois et il n'en aura pas: «Nous formons les collaborateurs aux métiers du trading desk.»

 

Aegis Media France (environ 1 000 personnes) prévoit, pour sa part, une quinzaine de recrutements d'ici à la fin de l'année. Hélène de Viviés, la DRH du pole digital, passe en revue les postes à pourvoir: «Deux planneurs médias (seniors), des intégrateurs (directeurs conseils capables d'intégrer une stratégie globale, plurilevier, internationale), deux à trois experts (intégration du digital chez les annonceurs), des directeurs de clientèle...» Tout comme chez Havas Media, l'ad-exchange bouleverse le métier d'acheteur: «Les acheteurs presse et TV sont déjà formés aux techniques digitales, nous les formons maintenant à l'ad-exchange.»

 

De son côté, Omnicom Media Group (350 collaborateurs) envisage encore une dizaine de recrutements d'ici à janvier. «Depuis le début de l'année, nous avons essentiellement recruté des profils digitaux plurilevier (ad-exchange, social media, data analytics) et internationaux (international account manager, en charge de l'élaboration et de la coordination des stratégies médias internationales)», détaille Fatima Abdellaoui, la DRH de l'entreprise. Dans les prochains mois, Omnicom Media Group recherche au niveau international des media data analysts, des account managers et des productivity managers chargés de l'analyse des investissements médias, et au niveau local, des chefs de projet en charge des leviers digitaux.


4- Les médias et régies

 

«Dans les médias, la crise a été plus dure en 2012 qu'en 2013 avec la fermeture de grands titres comme France Soir,La Tribune, constate Stéphane Siran, responsable d'équipe du Centre national de reclassement des journalistes (CNRJ). Même si, en 2013, la tendance ne s'est pas structurellement inversée, le secteur des médias reste bouillonnant, avec de nombreux lancements: ces derniers mois, il y a eu Vanity Fair, L'Opinion, Lui...» Et puis des pure-players comme Melty qui montent en puissance. Au-delà des journalistes, le secteur des médias se renforce beaucoup en compétences techniques: «Ainsi, nous accompagnons un grand groupe média qui souhaite créer un département big data et veut intégrer 30 profils de ce type, note Damien Crequer, directeur associé du cabinet de recrutement Taste. Les médias commencent à réaliser qu'ils pourraient vendre eux-mêmes des solutions big data.»

Dans les régies, la situation est aussi contrastée: le digital puis l'ad-exchange bousculent les métiers et obligent à un fort renouvellement des compétences. «60% du personnel de la régie n'était pas là en 2009», expliquait ainsi début septembre Marianne Siproudhis, présidente d'Amaury Médias, qui a mis en place en parallèle un vaste plan de formation.

 

Parmi les nouveaux acteurs, il y a donc Melty, qui vise 4,5 millions d'euros de chiffre d'affaires cette année, compte 58 salariés et prévoit 25 recrutements d'ici à la fin de l'année (lire «Dans les coulisses de Melty», Stratégies n°1735, 12 septembre 2013). Skyboard, la régie du site Internet Sortir à Paris, qui emploie quinze personnes, va recruter 24 journalistes hors de France pour traduire et animer le site dans huit langues.

 

En pleine mue digitale, JC Decaux fait évoluer ses métiers. «La communication extérieure s'adapte avec les écrans digitaux, interactifs, tactiles..., constate Albert Asséraf, directeur général stratégie, études et marketing. Cela nécessite des compétences nouvelles: programmation des écrans, planning et organisation des messages, dans la diffusion.» Ainsi, JC Decaux a installé à Angers 15 écrans digitaux qui diffusent pour moitié de la publicité et pour l'autre moitié de l'information. «Pour accompagner les petits annonceurs locaux sur ce nouveau média, nous avons créé en 2010, une direction de la création et des contenus, qui sorte de petite agence intégrée, composée de profils issus d'agences de publicité», précise Albert Asséraf. Le groupe comprend aujourd'hui plus de 3 500 collaborateurs en France et 10 000 dans le monde. Il a recruté 350 cadres entre 2011 et 2013, dont 10% liés au digital. «Nous avons encore 26 postes de cadre à pourvoir d'ici à la fin de l'année, précise Thierry Raulin, le DRH de JC Decaux, dontune dizaine dans le commercial, marketing et digital, tels des chefs de publicité en province, des directeurs de clientèle B to B...»

 

(encadré)

 

Le CNRJ se mobilise pour les journalistes

 

Entre 2010 et 2013, le nombre de journalistes inscrits à Pôle emploi Ile-de-France est passé de 6 700 à 7 400. «Une hausse significative, même si parmi ces demandeurs d'emploi, une majorité travaille, en faisant des piges par exemple», précise Stéphane Siran, responsable du centre national de reclassement des journalistes (CNRJ) d'Ile-de-France. Le CNRJ propose des ateliers étalés sur six semaines «d'aide au projet pour transfert de compétences». Il organise également des ateliers ponctuels sur la création d'un blog, les piges et le réseau professionnel et bientôt le web-documentaire. Enfin, le CNRJ propose des conférences en partenariat avec le CFPJ: «Quel avenir pour la radio face au Web?», «Les news games, nouvelle façon d'informer?»

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