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Alain Nicolazzi, le fondu des télécoms

27/02/1998

À trente-cinq ans, il a réussi à glisser sa toute jeune société, Omnicom, spécialisée dans la revente de communications aux entreprises, parmi les nouveaux poids lourds français des télécoms.

On s'attend à voir débouler un jeune patron hyperactif, le portable greffé à l'oreille et l'oeil rivé sur sa montre. On découvre un homme plutôt discret mais décontracté.«Depuis l'introduction en Bourse d'Omnicom en juillet dernier, l'équipe s'est étoffée et j'ai, du coup, un peu plus de temps à moi»,reconnaît Alain Nicolazzi, Pdg à trente-cinq ans du«plus petit des grands opérateurs»de télécoms en France. Les journées marathon, qui débutaient à 6h du matin sur une plate-forme technique et qui ne s'achevaient pas avant 23h en d'interminables discussions sur la stratégie à suivre, font partie du passé. Cette période d'effervescence a permis à Omnicom (rien à voir avec le géant publicitaire américain du même nom), petite société spécialisée dans la revente de communications aux entreprises, de se faufiler parmi les nouveaux poids lourds du secteur, tels Cegetel et Bouygues Telecom. Alain Nicolazzi a réussi l'exploit de décrocher, le 13novembre dernier, l'un des six indicatifs, le 5, octroyés par l'Autorité de régulation des télécommunications (ART) dans le cadre de la libéralisation du marché. Pour obtenir ce précieux sésame, Alain Nicolazzi estime en toute modestie«avoir fait une lecture intelligente des textes de l'ART qui fixent les critères d'attribution».Alors que Cegetel et Bouygues Telecom se sont engagés à investir des milliards pour se doter d'un réseau national, Omnicom a simplement choisi de louer, sur la durée, des fibres optiques pour acheminer des communications. Pour Omnicom, cela représente une mise de fonds de 470millions de francs sur cinq ans. Un investissement considéré par l'ART comme assimilable à la constitution d'un réseau. Ce cadeau a fait dire à quelques concurrents dépités qu'Omnicom n'était que le sous-marin de France Télécom.«Un jour, nous roulons pour France Télécom, un autre pour Cegetel. Je crois surtout que nous avons surpris tout le monde par notre stratégie»,réplique Alain Nicolazzi. Ce fondu de télécoms connaît sur le bout du doigt toutes les finesses réglementaires du secteur. Son passage à la Commission européenne, en 1987, en pleine réflexion sur la déréglementation des télécoms, n'y est sans doute pas étranger.«Tout me prédestinait à être fonctionnaire dans les télécoms»,confie-t-il. Enfant d'employés des postes et télécommunications, ingénieur de l'École nationale supérieure des télécoms, il débute logiquement sa carrière en 1988 dans une filiale de France Télécom.

Succès immédiat

Cinq ans plus tard, avec une première création d'entreprise à son actif, il décide avec un ami d'enfance, Philippe Aït-Yahia, ex-Sup de co, et un ancien camarade de l'ENST, Florent Martenne-Duplan, de s'attaquer au marché des opérateurs de télécoms. Omnicom voit le jour en mai 1993. Ironie du sort, le nom est déjà utilisé par Bouygues Telecom pour son activité «pagers».«Heureusement, Bouygues n'avait pas pris le soin de déposer le nom à l'INPI»,lâche Alain Nicolazzi. Après dix-huit mois de réflexion et d'études de marché, les trois jeunes associés se lancent sur le créneau du service aux PME-PMI, d'abord en Ile-de-France. L'idée? Acheter en gros des heures de communication longue distance et les revendre à 20% en moyenne en dessous du prix du marché. Le succès est immédiat.«C'est formidable de créer quelque chose de toutes pièces sur un marché où c'est encore un peu le Far-West»,commente Alain Nicolazzi qui aime prendre pour modèle Worldcom, la petite société américaine devenue en quelques années le premier opérateur indépendant au monde. Son objectif: gérer à terme 3% des télécoms en France, soit quelque 6milliards de francs.«Nous visons maintenant les particuliers, pour optimiser notre réseau, sous-utilisé la nuit et le week-end»,avance le jeune Pdg. Encore faut-il le faire savoir. Or, Omnicom n'a pas les moyens de Cegetel ou Bouygues Telecom. Son budget de communication est inférieur à 10millions de francs.«Nous concentrons notre action sur les relations presse avec l'agence Florence Gillier Communication. Les retombées sont meilleures qu'en achetant de l'espace dans la presse»,tranche Alain Nicolazzi. Omnicom pèse 72millions de francs de chiffre d'affaires et vise les 280millions à la fin de l'année. Sa capitalisation boursière s'élève à plus de 615millions. De trois associés en 1995, la société est passée à plus de cent salariés en décembre dernier et devrait en employer 180 à la fin de l'année. Installé à Boulogne-Billancourt, le siège d'Omnicom ne cesse de grignoter les étages laissés vacants par une division de Cap Gemini, sur le départ. Un signe du destin pour Alain Nicolazzi qui, voilà huit ans, n'avait pas réussi à convaincre les dirigeants de Cap Gemini, où il travaillait, de développer de nouvelles activités dans les télécoms pour les entreprises.

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