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MULTIMÉDIA

Internet: les médias veulent y croire

17/12/1999

Contenus thématiques, personnalisation, information en continu, usage du son et de la vidéo, développement sur l'Internet mobile, quelques éditeurs tracent la voie de demain.

Internet est le seul espace qui permet en temps réel à la fois de s'informer, de jouer, d'écouter de la musique, de visionner une vidéo, de dialoguer et d'acheter des produits ou des services bien calé dans son fauteuil.«C'est une des merveilles du siècle à venir», s'enthousiasme Anne Sinclair, la directrice générale d'e-TF1, la filiale Internet du groupe audiovisuel. Pour les médias qui ont dépassé la problématique récurrente que pose Internet (concurrent menaçant ou opportunité de diversification), la conviction est claire: il n'est pas question de tourner le dos à Internet, au risque de laisser les mastodontes du Web s'en emparer définitivement. Les Yahoo!, Voilà et autres Lycos se présentent comme des portails, véritables sésames incontournables pour pénétrer le Web. À côté de leur index de recherche, ils ont développé de multiples services et de l'information. Aux États-Unis, Yahoo! a même racheté en début 1999 broadcast.com; Disney a investi dans le moteur Infoseek. Pour les télévisions, la concurrence est donc bien là. Sans parler du risque d'une substitution de média au profit d'Internet. Les internautes passent moins de temps devant leur petit écran. Pour la presse, dont le lectorat vieillit, aller sur Internet est un moyen de trouver des cibles plus jeunes.Téléramal'a bien compris. L'hebdomadaire a lancé un site relooké cette année. De même, Jean-Jacques Schardner, directeur général d'Investir, affirme de son côté:«Nous comptons grâce à notre site attirer un public plus jeune que notre coeur de cible».

Une course aux portails et sites satellites très disputée

Pour tous les éditeurs, dont le métier est de produire du contenu, l'enjeu est de défendre leur marque et d'accompagner les mutations de consommation de leurs lecteurs ou téléspectateurs. Tous les sites médias développent ainsi des formes plus ou moins abouties d'interactivité avec l'internaute. libération.fr a lancé un vote en ligne sur l'OMC. lepoint.fr met en place des points de fidélité pour ses abonnés internautes. La stratégie de TF1 et Canal+ se détache des autres télévisions (M6, France TV, etc.). Les deux sites de groupes audiovisuels, par ailleurs actionnaires de TPS et CanalSatellite, se positionnent comme des portails. À la clé, la manne convoitée du commerce électronique.«Nous comptons lancer dix portails verticaux d'ici à fin 2000, annonce Patrick Le Lay, Pdg de TF1.Après celui sur les News, viendront ceux sur la jeunesse, les femmes, la finance, le sport, etc.»L'ambition de Canal+ est tout aussi claire, la dimension européenne en plus. Sa filiale Canal Numédia vise les synergies entre la vingtaine de sites français et étrangers du groupe. «Le but est d'atteindre une masse critique en termes de gestion de communautés», indique son directeur général, Alex Berger. En presse,Le Mondese sent également des envies de portail. Alain Giraudo, Pdg du Monde interactif, indique vouloir construire une galaxie de sites verticaux communautaires sur différents thèmes(finance, culture, nouvelles technologies, sorties et loisirs, éducation, mode de vie, etc.), autour d'un contenu éditorial fort.«Chaque "chaîne" proposera de la documentation, de l'interactivité (chat, e-mail, newsletter) et des services commerciaux», dit-il. Filiale à 34% de Grolier interactive, lemonde.fr est également intégré au site de Club Internet. Sous la direction éditoriale d'Edmond Zucchelli, cet autre portail fédère EuropeInfos, les sites thématiques des magazines Hachette, des contenus propres et des services. Il a recruté comme productrice Internet Sylvie Faiderbe, ex-coproductrice deLa Marche du siècleet actuellement rédactrice en chef à France3 de France Europe Express.

Mise en place de divers moyens de fidélisation des utilisateurs

La vidéo sur le Web est elle aussi promise à un bel avenir. france3.fr décline déjà ses programmes régionaux en journaux vidéo. tf1.fr dispose d'une Webomobile (voiture équipée en vidéo) qui filmera les événements et permettra aux gens de la rue de s'exprimer. canalplus.fr a son Netcamer, un reporter équipé d'une caméra. France2 met en ligne ses journaux de 13heures et 20heures. Comme TF1, qui lance avec lepoint.fr une interview vidéo hebdomadaire. libération.fr a ouvert libéTV, qui propose une sélection de programmes réalisés par Canal Web, par Web Studio et par La Citoyenne.Le Mondeenvisage de réaliser des flashes vidéo, trois fois par jour, avec la rédaction de la rue Claude Bernard. Quant au développement sur l'Internet mobile (téléphones portables et assistants personnels), il préfigure cette diffusion multisupport qui sera l'aboutissement demain de la convergence des métiers. Parallèlement, les outils de personnalisation annoncent cette fameuse communication one to one. lesechos.fr, qui est toujours le site leader des médias, a développé la formule la plus aboutie. Les sites duRevenu, d'Investir, de TF1 ou encore de Canal+ jouent également sur cet outil de fidélisation. Enfin, une nouvelle orientation se dessine, celle de l'information en continu.Les ÉchosetInvestirsont sur ce terrain. Le bimensuelL'Expansiona même créé un mini-quotidien virtuel, 18h.com.«Nous n'irons pas dans cette course, nous ne sommes pas une agence de presse, indique Michel Colonna d'Istria, directeur de libération.fr.Nous avons choisi de proposer des dossiers de fond et de réagir en permanence aux grands événements plutôt que de faire de la bouillie de dépêches en continu.»La position de TF1 est radicalement différente. La chaîne a bâti son site Les News sur la réactivité de sa rédaction.«"Vous n'êtes pas venus sur tf1.fr depuis cinq minutes, et il s'est déjà passé quelque chose" sera notre slogan», annonce Anne Sinclair. Sur ce terrain,Le Nouvel Observateura créé la surprise avec le lancement le 15décembre d'un site quotidien.«Nous ferons un gros travail de hiérarchisation de l'actualité, assure Laurent Joffrin,directeur de la rédaction de l'hebdomadaire et du site,et nous publierons les analyses en temps réel des grandes signatures du journal.»La bataille de l'info ne fait que commencer.

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