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Grande-Bretagne: citadelle à prendre

27/02/1998

Outre-Manche, la libéralisation des télécommunications a été engagée dès 1984. Jusqu'à présent, BT a su résister à une concurrence pourtant de plus en plus féroce.

Difficile de s'y retrouver. «Économies fantastiques sur des centaines de destinations», «47% moins cher que BT», «Prix imbattables», «Si vous payez plus, c'est de l'arnaque»... Les nombreuses compagnies privées de téléphone en Grande-Bretagne se battent chaque jour dans tous les grands quotidiens à coups de slogans publicitaires tape-à-l'oeil pour séduire de nouveaux clients. L'Anglais de la rue tente, lui, de faire son choix parmi près de deux cents opérateurs. Les Britanniques ont eu le temps de se préparer à l'arrivée de la libre concurrence. Outre-Manche, la libéralisation des télécoms a été engagée dès 1984. Mais, pendant sept ans, l'État a permis au «monstre» British Telecom (appelé BT aujourd'hui) de lutter contre un seul concurrent, Mercury.«C'était comme si on avait mis sur le même ring Mike Tyson et ma secrétaire, qui est haute comme trois pommes. On ne pouvait pas lutter à armes égales»,explique un des responsables de Mercury. N'ayant pas les moyens financiers de relier tous les foyers informatiques à son réseau, le «Petit Poucet» s'est concentré sur la clientèle des entreprises et les appels longues distances. Pour les communications locales, Mercury conseillait de ne pas utiliser ses services car l'opérateur, en plus de sa marge habituelle, ajoutait à ses tarifs le prix exigé par BT pour avoir le droit d'utiliser ses commutateurs et ses lignes tirées dans chaque foyer particulier. L'ancien monopole public gardait ainsi, de fait, un avantage concurrentiel énorme. La situation a évolué depuis. L'arrivée des câblo-opérateurs a en effet bouleversé la donne.«Nous sommes les seuls véritables concurrents de BT, car aucune autre compagnie ne propose aux Britanniques de leur fournir aussi bien des communications locales que longues distances et internationales. Et sur la question des tarifs, que l'on prenne en compte le coût de la connexion, les charges fixes trimestrielles ou le prix des communications, nous sommes moins chers que BT»,se targue Steven Powers, le porte-parole de la Cable Communications Association, l'organisme de lobbying de la profession. Près de 3,5millions de Britanniques sont des clients TV des câblo-opérateurs, et 2,5millions ont quitté BT afin d'opter pour des téléphones «câblés». Ce nombre est important, quand on sait que 10,5millions de personnes seulement peuvent disposer du câble en Grande-Bretagne. Cette conquête du marché de la télévision et du téléphone coûte toutefois très cher aux compagnies. En investissements sur le terrain tout d'abord.«Nous allons dépenser cette année 10milliards de francs pour équiper de nouveaux foyers. En sept ans, nous aurons englouti 80milliards de francs»,souligne Steven Powers. Les câblo-opérateurs ont également dû se ruiner en publicité. L'année dernière, un des plus gros budgets mis en compétition, toutes professions confondues, était celui de Cable&Wireless, le nouveau géant né de la fusion de Vidéotron avec Bell Cable Media et Nynex. L'enveloppe débloquée par le plus gros «câblo» britannique atteignait 500millions de francs. Mais les professionnels de la fibre optique ne sont pas les seuls à faire la fortune des agences londonniennes.

Une guerre sans merci

BT reste le plus gros annonceur en Grande-Bretagne. Et toute une floppée d'opérateurs installés sur des niches du marché des télécoms se livrent par encarts publicitaires interposés à une guerre sans merci. Certains, comme ACC, une filiale de London Electricity (l'entreprise qui fournit l'électricité à la capitale britannique), établissent les factures de leurs clients à la fin du mois sur le nombre d'appels effectués. Pour éviter de plomber leurs comptes avec les mauvais payeurs, les opérateurs offrant les prix les plus intéressants, dont First Telecom et Swiftcall, exigent que les accros du combiné payent par avance leurs communications. Une fois le crédit débloqué, les consommateurs doivent, avant de composer un numéro, taper un code qui les dirige directement sur le réseau auquel ils adhèrent. La plupart de ces opérateurs se sont spécialisés sur certaines destinations. Conséquence: de Londres, il est bien moins cher d'appeler les États-Unis que la France. Sur le marché de la téléphonie portable, la situation est plus simple. Quatre opérateurs se partagent 8,3millions de personnes. Cellnet -dont 60% du capital sont aux mains de BT- et Vodaphone représentent à eux seuls 80,5% du marché britannique. Les deux «nains», Orange et One-2-One, offrent des tarifs moins élevés que leurs concurrents, mais ils souffrent de ne pas couvrir la totalité du territoire. Selon l'instance de régulation, l'Oftel, la situation de quasi-monopole de deux entreprises encourage les opérateurs à ne pas diminuer leurs prix. Des mesures pourraient être prises pour changer cette donne. L'arrivée de groupes étrangers pourrait aussi modifier le paysage de la téléphonie mobile britannique. La recette avait déjà bien fonctionné pour les téléphones fixes.

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