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Les quotidiens à l'heure de la BD

28/01/2000

Bang, bang! Le 7juillet dernier, les balles fusaient dansLe Figaro. Article assassin, nouvelle polémique? Pas du tout. Il s'agissait tout simplement de Largo Winch, le fameux héros de BD, débarquant pour le deuxième été consécutif dans les pages du quotidien. Résultat? Des ventes en hausse de 8% le premier jour de l'opération.«Exceptionnel compte tenu de la stabilité de nos ventes», se réjouit Frédérik Cassegrain, directeur de la diffusion. MaisLe Figaron'est pas le seul à profiter de l'aubaine.Libérationest un précurseur. Il y a quinze ans, il prépubliait déjà un épisode de Blueberry. En 1997, il fait connaître au grand public Dilbert et offre à ses lecteurs le dernier opus de XIII qui fait grimper les ventes de 15% les premiers jours.Le Monden'est pas en reste: Blueberry en 1998, Tintin cette année. Quant à la presse magazine, elle suit avec Blake&Mortimer dansLe Figaro magazine,Corto Maltese dansL'Événementou Gaston Lagaffe dansTélérama.Pourquoi un tel engouement? «Question d'image,répond Michel Schifres, directeur de la rédaction duFigaro. La BD est un moyen de communication intéressant. Notre nouvelle formule se veut plus proche des gens et la BD rentre bien dans cette logique.»En effet, exit l'image de contre-culture qui collait à la peau des «petits Mickey». La preuve: la catégorie socioprofessionnelle qui lit le plus de BD est celle des cadres supérieurs (61%). Une évolution des moeurs comprise par André Gattolin, directeur des études àLibération. «Le journal ayant vu le jour en 1973, pratiquement en même temps que le Festival d'Angoulême, nous faisons partie de ce nouveau courant de culture. Aujourd'hui, la BD est un produit d'édition courant.»Autre avantage de la prépublication: fidéliser, à moindre coût (chaque planche coûtant entre 900 et 1800francs au journal) un lectorat qui a tendance à moins lire l'été. Car le lecteur devra acheter le journal tous les jours pour suivre l'histoire. Quelques chiffres permettent de mesurer l'impact de ces feuilletons modernes.Le Figaroa reçu environ 30000lettres en réponse au concours Largo Winch et plus de 200messages ont été adressés auFigaro magazinepour connaître la fin des aventures de Blake&Mortimer dont la publication avait été suspendue. Enfin, l'intérêt n'est pas tant de dénicher de nouveaux lecteurs que de faire plaisir aux fidèles. Une étude menée parLibérationa montré que le dessinateur le plus apprécié de son lectorat était Tardi. Du coup, le journal lui a offert - à raison de deux pages par jour - le dernierAdèle Blanc-Secdurant l'été 1998. Idyllique? Pas tout à fait. Yves-Marie Labé, responsable du supplément radio-télévision duMonde, préfère aborder la BD sous un angle économique pour ne pas froisser son lectorat, plutôt sérieux. AuFigaro, une case montrant deux femmes en train de s'embrasser a été - avec l'accord des auteurs - remplacée par une version édulcorée. Mais les quelques lettres de protestation n'empêchent pas ces journaux de réfléchir au prochain héros qu'ils hébergeront dans leurs pages... A.P.

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