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ENTRETIEN FABRICE GIGER

Nous adaptons la BD aux impératifs de la Toile

28/01/2000

Patron d'Humanoïds Group, ex-Humanoïdes associés, Fabrice Giger, 35ans, veut multiplier, à côté de l'activité classique d'édition d'albums, les traductions de la BD en langage cinéma, vidéo ou Internet. Avec, en ligne de mire, la conquête du marché américain.

Humanoïds Group s'est considérablement diversifié. Quelles sont vos activités? Fabrice Giger. Humanoïds est aujourd'hui un groupe multimédia diversifié dans tous les métiers de l'image, qu'elle soit fixe, animée ou interactive. Tout part de la bande dessinée. Nous nous appuyons sur un catalogue prestigieux avec des signatures comme Moebius, Alexandro Jodorowsky ou Bilal, puis nous déclinons leurs univers sur les différents médias: télévision, cinéma et Internet. Trois filiales travaillent en symbiose: Métal Hurlant pour la production audiovisuelle, Sparx pour les images de synthèse 3D, et MédiaPegs pour l'animation en 2D. Comment se répartit votre chiffre d'affaires? F.G. L'an dernier, le chiffre d'affaires de 108MF était assuré pour un tiers par la bande dessinée, un tiers par l'audiovisuel et un tiers par la fabrication d'images. Le livre est la base du métier, mais le marché est mature, alors que les jeux vidéo, Internet et l'image de synthèse explosent. Par exemple, en 1995, l'image de synthèse était balbutiante. Aujourd'hui, on refuse presque du travail. Le public arrive-t-il à vous suivre sur tous ces médias? F.G. Quand on édite un livre, quand on crée un jeu vidéo ou un site Internet à partir d'une même oeuvre, on séduit différents publics et c'est tant mieux. L'idéal serait d'imaginer très en amont toutes les déclinaisons de l'oeuvre pour que le public perçoive la puissance d'un univers. Par exemple, le filmRolie Polie Olieest un succès mondial, mais il n'existe pas de version Internet ou CD-Rom. Dans quelques années, la coordination entre les médias sera améliorée. La bande dessinée pourrait-elle disparaître de votre activité? F.G. Même si l'édition devient marginale en termes de chiffre d'affaires, elle reste un laboratoire de la création. L'artiste imagine librement, sans contraintes technologiques. C'est aussi une façon d'expérimenter la pertinence d'une idée auprès du grand public. Que réalisez-vous sur Internet? F.G. Le site humano.com, lancé il y a trois ans, affiche 500000 à 2millions de pages vues par mois en fonction de l'actualité. À terme, les titres seront disponibles en ligne, avec du son, mais sans images animées. Nous réfléchissons simplement au mode de financement et de commercialisation. MédiaPegs développe actuellement un logiciel capable de concevoir des images en 2D diffusées sur Internet. Il sera possible de faire bouger des personnages, des graphismes. Cela peut valoriser les sites et les bannières publicitaires. Allez-vous poursuivre la croissance externe menée depuis dix ans? F.G. Humanoïds Group finalise l'achat d'une structure de production de jeux de rôle aux États-Unis. L'objectif est d'acquérir des méthodes de jeux très fortes puis de les développer sur Internet. Nous préférons acheter du contenu lié à nos trois activités de niche: la gestion de droits d'auteurs, la production et la fabrication audiovisuelle. Nous avons besoin de créateurs et de technologie. Le groupe a vendu récemment sa participation dans la société de jeux vidéo Chaman, fondée avec Denis Friedman, afin de créer une autre structure dédiée à cette activité et gérée par nous seuls. Quelles sont vos ambitions hors des frontières? F.G. Humanoïds Inc, créé en 1998 à Los Angeles, vient de publier ses premières oeuvres, en format européen de luxe et en comics books, comme les apprécient les Américains. Le rythme de lancement devrait être de trois titres par mois. À terme, nous allons développer des liens avec l'audiovisuel. Les États-Unis devraient représenter 10% de notre chiffre d'affaires en l'an 2000. Au Vietnam, le groupe a repris en 1996 une structure capable de fabriquer des films d'animation, afin de concurrencer les productions chinoises et sud-coréennes. Cherchez-vous des partenaires financiers pour assurer votre développement? F.G. Humanoïds Group est un holding luxembourgeois que je développe depuis dix ans avec mon partenaire Nicolas Berggruen, gestionnaire de fonds d'investissements aux États-Unis. Nous détenons le holding à parité. Nous avons régulièrement des propositions de la part de groupes de communication et d'entertainment. L'idéal serait une entrée en Bourse. Il n'y a aucune urgence. Je conçois cette opération comme un moyen de mesurer nos performances.

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