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Une industrie en pleine concentration

10/03/2000

Après l'Europe, les États-Unis connaissent la fièvre des grandes fusions. À cela, trois raisons: obéir aux lois du commerce, réunir de gros budgets pour la recherche, et pratiquer le jeu de la Bourse.

S'il est un terrain sur lequel la mondialisation excelle, c'est bien celui de l'industrie pharmaceutique. La fièvre des fusions y atteint des sommets. L'Europe a connu, en l'espace d'un an, pas moins de quatre grands mariages. Le dernier en date a d'ailleurs entraîné la naissance du nouveau numéro un mondial du secteur, Glaxo Smith- Kline. La France n'a pas été épargnée par ce phénomène. Le 20décembre dernier est né Aventis, 5elaboratoire mondial issu du rapprochement de l'allemand Hoechst et du français Rhône-Poulenc. Huit mois plus tôt, les français Sanofi et Synthélabo avaient convolé pour créer l'unique porte-drapeau tricolore parmi les vingt laboratoires mondiaux. Le potentiel des fusions ayant été en grande partie épuisé sur le Vieux Continent, une nouvelle vague de concentrations débute aux États-Unis. En février dernier, les américains Pfizer et Warner-Lambert se sont rapprochés, pour créer le numéro deux mondial du secteur.

Des facteurs commerciaux, techniques et boursiers

Trois raisons motivent cette course effrénée, qui risque d'engendrer des monstres. La première est purement commerciale. Malgré les regroupements, l'industrie du médicament reste très émiettée. Le nouveau leader du secteur, le britannique Glaxo SmithKline, ne détient que 7% du marché, talonné par l'américain Pfizer Warner-Lambert, 6,5%. Derrière, le fossé se creuse avec l'américano-suédois AstraZeneca, qui réalise 4,4% des ventes mondiales. À titre de comparaison, le leader mondial de l'automobile, General Motors, contrôle 14% de son marché. Le deuxième facteur est technique. La montée en flèche des budgets de recherche-développement pousse au regroupement des moyens. Découvrir un principe actif et mettre au point un médicament nouveau coûtent aujourd'hui près d'un milliard de dollars. Si les nouvelles techniques d'investigation (screening à haut débit) multiplient les chances de trouver une nouvelle molécule - 50% des besoins thérapeutiques ne sont toujours pas couverts - et raccourcissent le délai de recherche, elles coûtent beaucoup plus cher. Dix fois plus qu'il y a dix ans. Le cycle complet de recherche et de développement dure en moyenne sept ans, depuis l'identification des premières molécules actives (dont une sur dix sera abandonnée en cours de route) jusqu'à la commercialisation du produit final. La durée pendant laquelle la nouvelle substance est protégée par un brevet est de vingt ans maximum. Il faut donc disposer du marché le plus large possible pour rentabiliser au plus vite ces investissements lourds. Passé le délai de protection, la molécule peut être copiée. Les copies, ou «génériques», lui font perdre 50% de ses ventes dès la première année, et 30% supplémentaires au cours du deuxième exercice. Les laboratoires pharmaceutiques ont, dans leur portefeuille, un ou plusieurs produits dont les brevets tombent dans le domaine public. C'est le cas, par exemple, de l'anti-ulcéreux de Glaxo, Zantac, qui assurait jusqu'à la moitié des ventes du groupe et qui est copié depuis 1997 outre-Atlantique, et depuis cette année en France. Même situation pour l'anti-ulcéreux d'Astra, Losec, le célèbre antidépresseur de Lilly, Prozac, ou le Cardizem (traitement cardio-vasculaire) de Hoechst... Enfin, la troisième explication est boursière. Sous la pression des analystes financiers, les responsables des grands laboratoires internationaux n'ont de cesse de répéter qu'ils veulent créer de la valeur pour les actionnaires par le lancement de médicaments «blockbusters» (dont les ventes sont supérieures à 1milliard de dollars) ou par la croissance externe et l'acquisition de concurrents. Les investisseurs veulent pouvoir identifier clairement les valeurs dans lesquelles ils engagent leurs capitaux et pour lesquelles ils auront les meilleurs rendements. Pour les séduire, les industriels pharmaceutiques utilisent les nouveaux moyens de communication. Ils possèdent tous un site Internet, qui permet à l'actionnaire de connaître l'évolution du cours du titre en direct et les derniers événements stratégiques du groupe.

Médecin, pharmacien et consommateur, tous concernés

Ce nouvel outil de communication permet également d'atteindre d'autres cibles. Le médecin peut s'informer à tout moment sur les qualités thérapeutiques d'un produit, le pharmacien pourra s'approvisionner en direct et le consommateur aura tout loisir d'acheter un produit dans la discrétion. C'est déjà un procédé très développé aux États-Unis. Les ventes de médicaments sur Internet avoisinaient les 50millions de dollars en 1999, 5fois plus qu'en 1998 et 20fois moins que les estimations faites pour 2002. Un nouvel axe de croissance s'ouvre désormais aux laboratoires.

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