Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

La presse romande se bat sur tous les fronts

05/05/2000

Après la guerre des féminins et des journaux du dimanche, c'est au tour de la presse économique de se réveiller. Lecteurs et annonceurs suivent le mouvement...

Il n'en restera qu'un! Les journalistes et l'ensemble du marché publicitaire en étaient convaincus. La création de deux nouveaux magazines féminins à l'automne 1998 et le lancement d'un journal du dimanche, en novembre dernier, devaient fatalement sonner le glas d'une ou de plusieurs publications. Pourtant, il n'en est rien: aujourd'hui, force est de constater que le public a mordu à l'hameçon. Les magazines fémininsProfil Femme(Audace Publishing), etEdelweiss(Ringier Romandie) ont trouvé leur place à côté de l'ancienFemina(Edipresse). Quant àDimanche.ch(Ringier Romandie), le nouveau concurrent duMatin Dimanche(Edipresse), il revendiquait, trois mois après son lancement, entre 35000 et 45000exemplaires, alors que son business plan prévoit une diffusion payée de 50000ex. d'ici à la fin de l'année. Même le nouveau rédacteur en chef duMatin, Daniel Pillard, reconnaît que l'arrivée d'un concurrent sur le créneau dominical n'a pas eu d'incidence sur le lectorat, ou sur les revenus publicitaires, duMatin Dimanche. Seul le quotidienLe Temps(Edipresse et anciens actionnaires duJournal de Genève), qui planchait également sur une édition dominicale, a préféré renoncer, pour étoffer ses suppléments thématiques plutôt en semaine. Comment expliquer qu'à l'heure d'Internet, la presse écrite puisse connaître une telle vitalité dans une région qui ne compte que 1,6million d'habitants?«Simplement parce que ces nouvelles publications ont attiré de nouveaux lecteurs et, surtout, de nouveaux annonceurs,constate Cédric Hinderberger, directeur de Publimedia (PubliGroupe), une agence média spécialisée dans la presse écrite.Le cas de la presse féminine est particulièrement frappant. Avant le lancement deProfil Femmeet d'Edelweiss,les grandes marques de luxe touchaient les Romandes, faute de mensuel consacré à la mode, via les féminins français. En ce qui concerne la presse dominicale, l'arrivée d'un nouveau titre a relancé la lecture des journaux le dimanche, et certains annonceurs n'ont pas hésité à créer des campagnes spécifiquement pour ce jour-là.»Comme ces lancements réussis en témoignent, 1999 a été une bonne année pour la presse helvétique. L'étude Media Focus révèle que les investissements publicitaires, toutes branches confondues, ont atteint 3,67milliards de francs suisses, en hausse de 13% par rapport à 1998. La presse quotidienne a largement profité de cette embellie puisqu'elle a engrangé 1,68milliard de francs suisses (+11%) de recettes publicitaires, et la presse magazine 644millions de francs (+13%). Et rien ne permet de penser que cette croissance se ralentira en 2000. Témoin, la bataille qui se profile dans l'univers de la presse économique. Deux facteurs structurels expliquent cette évolution: l'émergence de la nouvelle économie et la «financiarisation» de l'ancienne. Pour preuve, le quotidien économique et financierL'Agefi, entré en Bourse en juillet dernier, a vu le cours de son action progresser de 168,1% en six mois. Et Agefi Groupe SA déclare une hausse de 48% de ses recettes publicitaires pour les premiers mois de 2000, par rapport à la même période de 1999. Fort de ces résultats, ce groupe a annoncé le lancement d'un magazine pour la fin de l'été:Futur(e) agefi. «Il s'agira d'un magazine culturel, philosophique et informatif sur la nouvelle économie,explique Alain Fabarez, administrateur délégué d'Agefi Groupe SA.Nous n'allons pas nous contenter de raconter des cas pratiques, nous voulons plutôt réfléchir sur Internet. Quelles implications ce nouveau média aura-t-il sur nos vies? Un projet ambitieux, unique dans la presse francophone.»Ce magazine d'un nouveau genre ne devrait donc pas, selon ses fondateurs, venir chasser sur les terres deBilan, le magazine du groupe Edipresse, numéro un de la presse économique, avec ses 124000lecteurs. Même si le rédacteur en chef deFutur(e) agefi, Max Mabillard, est l'ancien rédacteur en chef deBilan! Edipresse n'a d'ailleurs pas tardé à réagir. UnBilannouvelle formule, désormais dirigé par Alain Jeannet, est attendu pour la fin mai. La principale innovation de cette nouvelle formule consiste en la création d'un cahier de 32pages baptisé «e-bilan», qui a pour ambition de donner aux décideurs les clés de la nouvelle économie.«Ce changement va nous permettre de mieux segmenter nos rubriques à l'intérieur du magazine et d'attirer ainsi de nouveaux annonceurs», explique Alain Jeannet.

Efficacité publicitaire

De son côté,PME magazine,autre mensuel économique, édité par le groupe HandelsZeitung Fachverlag AG, dont l'allemand Springer détient une part majoritaire, a profité de l'arrivée d'un nouveau rédacteur en chef, François Schaller, pour annoncer à son tour son relookage et l'augmentation de sa fréquence de parution.«Il y a dix ans, lorsque j'ai lancéPME magazine,tout le monde a souri,se souvient son éditeur, Ralph Büchi.Aujourd'hui, nous sommes tous obligés de constater qu'il y a de la place pour plusieurs titres économiques, même dans un si petit marché. Car la révolution dans la presse économique ne vient pas des annonceurs, mais des lecteurs. La décentralisation du pouvoir au sein des entreprises, la nécessité de comprendre les nouveaux comportements des clients poussent le middle et le top management à suivre les évolutions du marché. La presse économique n'est plus un gadget, mais un outil de travail.»Reste à choisir son positionnement: la nouvelle ou l'ancienne économie, la finance ou le management?Le Tempsen sait quelque chose: son supplément économique n'a pas plu aux annonceurs et son lancement a dû être différé.«Aujourd'hui, nous devons répondre à deux attentes contradictoires,justifie Ignace Jeannerat, rédacteur en chef adjoint.Certains ne jurent que par la vulgarisation de l'économie, d'autres par les publications de niche.»Que choisir?«Ce qui compte avant tout, c'est la qualité des journaux et le profil de leurs lecteurs», répond Olivier Bloch, directeur de la régie Médiapresse Pub, qui gère notamment l'achat d'espace d'Agefi Groupe SA.«Les mensuels économiques(Bilan, PME magazine, Futur(e) agefi),les suppléments et certains hebdomadaires(L'Hebdo)sont le meilleur moyen de toucher un lectorat haut de gamme,explique-t-il.Je suis persuadé qu'il y a de la place pour tous ces titres, pour autant que leur positionnement soit clair et différent. Si les lecteurs ont changé, les annonceurs, eux, ont toujours la même idée en tête: trouver le meilleur coût contact sur une cible donnée.»

Envoyer par mail un article

La presse romande se bat sur tous les fronts

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.