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A chacun son Internet

05/05/2000

Plates-formes commerciales ou sites de contenu? Information payante ou libre d'accès? Les stratégies des principaux éditeurs de presse de Suisse romande divergent du tout au tout.

Les Suisses ont incontestablement attrapé le virus d'Internet: 1,7million d'internautes pour un pays qui ne compte que 7,1millions d'habitants. À défaut d'être «eurocompatibles», ils sont bien «cyberphiles». C'est ce que nous apprend la dernière vague de l'étude MaNet de l'institut REMP (Recherches et études des médias publicitaires) qui scrute le comportement des internautes dans les trois régions linguistiques du pays. Elle révèle notamment que les internautes qui surfent régulièrement en Suisse sont au deux tiers des hommes, âgés de 20 à 29ans, qui ont suivi des études universitaires à 59,8%. Autre renseignement intéressant pour les annonceurs: l'Helvète branché dispose d'un revenu mensuel supérieur à 8000francs suisses, l'équivalent de 33360francs français (46,4%). La Suisse étant l'un des pays les plus équipés au monde en matériel informatique (57% des ménages possèdent un ordinateur personnel), les internautes consultent le Web presque autant depuis leur domicile que sur leur lieu de travail. Dans cet environnement très favorable aux nouvelles technologies, les éditeurs de presse écrite ont joué un rôle de pionnier grâce à la création de sites en ligne qui ont connu un rapide succès.«Aujourd'hui, parmi les 350sites suisses qui acceptent de la publicité, 50 bénéficient d'une bonne audience,explique Silvana Tomasino, de la régie Real Media Suisse (PubliGroupe).Les sites des éditeurs de presse écrite font incontestablement partie de ce lot. Pour certains, nous devons parfois refuser des annonceurs, faute de place.»La demande étant ainsi supérieure à l'offre, le coût pour 1000pages vues (CPM) est, pour les principaux sites suisses, plus élevé qu'en Europe et qu'aux États-Unis, puisqu'il oscille entre 30 et 60francs suisses.

Du contenu et de l'e-commerce

Le premier site créé par un éditeur a été celui de Ringier Romandie. Lorsqu'il apparaît sur la Toile en septembre 1995, il s'appelle encore whebdo.ch. Il est en réalité le prolongement virtuel du seul news magazine romand:L'Hebdo. En 1997, changement de stratégie et de nom. L'adresse du site perd son H et webdo.ch devient une plate-forme, une marque générique en ligne qui regroupe désormais tous les titres que ce groupe a lancés en Suisse romande (L'Hebdo, L'Illustré, Dimanche.ch, webdo.mag, Montres Passion).«Le terme webdo est devenu un label»,constate Nicolas Willemin, responsable éditorial du site. Mieux, ce nom rassemble deux médias. Fait unique en Suisse, un site a donné naissance à un magazine papier: lewebdo.mag. Encarté dansL'Illustréet dansL'Hebdo, il compte ainsi 150000ex.«Le succès initial de whebdo.ch a généré une audience suffisante pour développer la plate-forme de contenu multititre webdo.ch,poursuit Nicolas Willemin. Cette plate-forme a rendu possible la naissance d'un magazine. Et c'est maintenant lui qui va nous permettre d'augmenter notre impact tant auprès des internautes que des annonceurs.»Le contenu du site en ligne est composé de reprises d'articles provenant des magazines de Ringier Romandie, de textes originaux et de services conçus uniquement pour la version en ligne. Le site est entièrement libre d'accès.«La gratuité va de pair avec l'esprit pionnier qui a caractérisé le webdo», conclut Nicolas Willemin. L'audience déclarée du site est de 500000pages vues par mois. Autre stratégie pour l'éditeur Edipresse. Son site Edicom.ch, créé en 1996, a pris dès le départ la configuration d'un portail.«Nous voulions explorer toutes les possibilités de ce réseau»,explique André Jaunin, directeur de développement de la division Edipresse online. Dès 1997, l'e-commerce fait son apparition. Au menu: vente en ligne de vins, disques, livres et voyages. Les quotidiens du groupe (24Heures, Le Matin, Tribune de Genève) et les magazines sont aussi présents. Mais ici, les informations sont payantes.«Pourquoi l'internaute aurait-il le droit de lire gratuitement nos publications, alors que nos lecteurs doivent les payer?s'interroge André Jaunin.Pour éviter toute inégalité de traitement, nous avons imaginé un cyberabo.»Edicom.ch déclare réaliser de 5 à 6millions de pages vues par mois. Depuis le 1er mars, Edipresse a créé une division en ligne. Son but: exporter le savoir-faire du site suisse auprès des autres titres du groupe à l'étranger et développer les activités d'Edicom.ch en créant des portails spécialisés.

Vers la maturité

Le site letemps.ch, du nom du quotidienLe Temps, se veut, lui, un site de contenu. Il a été créé avec le lancement du titre, en mars 1998. Son audience est de 600000 à 700000pages vues par mois. Jusqu'à la fin 1999, l'information, et surtout les archives, très prisées par les chercheurs et les journalistes, étaient disponibles sans frais. Désormais, seules les archives des trois dernières semaines sont encore gratuites.«Nous voulions montrer que nos informations avaient un prix, une valeur,relate Ignace Jeannerat, rédacteur en chef adjoint.La maintenance d'un site engendre des coûts et il est par conséquent normal de payer pour un service. Mais ce point de vue n'étant pas partagé par tous, nous avons pris le pari de tenter cette expérience. Nous verrons comment les internautes réagiront.»Voici quelques semaines, un groupe de réflexion a été constitué. Sa mission: faire évoluer le site. Comme l'explique Ignace Jeannerat,«la création d'un portail de presse francophone, le développement de l'e-commerce ou la création d'une rédaction en ligne sont des pistes que nous allons étudier.»La maturité des éditeurs suisses n'est plus très loin.

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