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Conseils

Une profession surtout exercée par des femmes

13/03/1998

Il est aussi rare de parler d'acheteurs d'art que d'évoquer des hommes de ménage et des assistants sociaux. Pour tout dire, il n'y a que deux hommes dans la profession, Jean-Luc Chirio chez Grey et Laurent Gravier chez Les Ouvriers du Paradis. Pour le reste, ce sont des femmes qui sont aux commandes. Et quelles femmes! Jeunes, moins jeunes, elles ont toutes un air décidé, l'habitude de donner des ordres et le sourire enjôleur de celles qui savent ménager la chèvre et le chou. Autre point commun aux acheteuses d'art: toutes on fait des études qui n'ont aucun rapport avec leur métier. Claire Nicaise-Schindler, acheteuse d'art chez DDB Paris, et bras droit de Elaine Harris, responsable du service, est devenue acheteuse d'art par hasard, avec un bac en poche et un petit copain photographe qui lui a permis de découvrir les joies de porteuse de dossiers... Dans le genre «rien à voir avec», Sylvie Etchemaïté, chez Jean&Montmarin, est diplômée en biologie et biochimie. Histoire de ne pas faire comme tout le monde, elle a suivi également une formation en aménagement du territoire. Autre jeune femme qui n'aime pas faire les choses à moitié, Laurence Namias, responsable du service chez Ogilvy&Mather, a une maîtrise de philosophie. Dans un tout autre registre, Francine Fournier, depuis neuf ans chez Australie, est une infirmière de formation partie s'égarer dans le stylisme pour dépanner une copine. Qui dit mieux?

Diversité de formation

Comment en sont-elles arrivées là? À la base, il y a un sens de l'image, un attrait pour l'art, et un goût évident du contact et de la séduction. Sylvie Etchemaïté dit«adorer par dessus tout repérer un artiste, le faire aimer, mais également organiser le travail, convaincre les uns et les autres de ses choix. Sans pour autant imposer quoi que ce soit».Plutôt très main de fer dans un gant de velours, Laurence Namias ajoute:«Je ne crois pas être une simple fournisseuse de matériel ou d'hommes. Je crois aussi être une conseillère. Après tout, même si c'est un travail d'équipe, il arrive un moment où l'on devient décisionnaire.»«Moi, mon grand truc, c'est de faire travailler les jeunes, parce qu'ils se défoncent beaucoup plus que les vieux de la vieille, connus et surpayés. Alors, commence la lutte habituelle pour convaincre les créatifs qui veulent travailler avec des stars qu'ils ont peut-être mieux à faire»,dit de son côté Francine Fournier, qui ajoute, pensive:«J'ai parfois la sensation d'être une femme à tout faire, une maman qui rassure, une casse-pieds qui se fait engueuler parce qu'elle en fait trop, une chef comptable.»C'est vrai qu'il y a dans son métier, comme dans celui de TV Producer, des similitudes étranges.«Il faut avoir le sens de l'organisation, de la conciliation, et être exigeante.Il s'agit du métier le plus complet que je connaisse»,avance Claire Nicaise-Schindler. Cette diversité de formations, de convictions, donne naissance à des services totalement différents selon les agences. Chez McCann, CLM et DDB, il y a visiblement un souci de communiquer par l'art. Chez DDB, qui compte quatre acheteuses, Elaine Harris organise même une exposition tous les deux mois. Elle débarque le dimanche pour décrocher ou accrocher les toiles, organise des matinées rencontres avec des agents de photographes ou des artistes en direct.«Chez Australie, je suis toute seule. J'ai plutôt le nez dans le guidon, et je suis dans l'incapacité d'organiser des animations intéressantes»,témoigne Francine Fournier. Même remarque de Sylvie Etchemaïté, qui dit ne pas avoir le temps d'organiser des expositions. Paradoxalement, Australie et Jean&Montmarin sont toutes deux des agences très portées sur le print, et leurs acheteuses n'ont pas le temps de faire de la formation ou de l'information. Laurence Namias, elle, a une activité assez unique sur le marché, conditionnée par la gestion du budget IBM:«Je travaille sur un nouveau support, l'électronique média, ce qui nous permet de faire communiquer nos clients sur l'Internet.»

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