
SOMMAIRE DU DOSSIER :
Leo Burnett pour Heinz
Devarrieuxvillaret pour SNCF Ile-de-France
Euro RSCG BETC pour Kiss Cool
BDDP@TBWA pour BMW
Ketchup oui, start-up non
DDB Paris pour Volkswagen (voir Grand Prix)
DDB n'est plus seule
Enjoy Scher Lafarge pour jemini
La saga des incroyables
Enjoy Scher Lafarge pour Visual
BDDP&Fils pour Air Liberté
BDDP & Fils pour Manix
DDB Paris pour Bouygues Telecom
Le grand prix : Incroyable Volkswagen
BDDP @ TBWA pour Bic
Jean&.Montmarin pour Nomad
Louis XIV pour Audi
BDDP&Fils pour Williams
Leo Burnett pour Free
Young&Rubicam, pour Technikart
BDDP@TBWA pour Spontex
Devarrieuxvillaret pour Crédit lyonnais
DDB Paris pour Volkswagen Golf Cabriolet
DDB Paris pour Volkswagen (Voir Grand Prix)
Jean&Montmarin pour Corona
Leo Burnett pour Iliad
Enjoy Scher Lafarge pour Visual
Quand ça grince, c'est bien
Ogilvy&Mather pour Perrier
Ogilvy&Mather pour Perrier
CLM/BBDO pour Aucland
BDDP&Fils pour Air Liberté
Devarrieuxvillaret pour SNCF Ile-de-France
DDB Paris pour Volkswagen Lupo
Euro RSCG BETC pour Mikado
DDB Paris pour la Fnac
Euro RSCG BETC pour KJS, Kiss Cool
Leo Burnett pour La Mairie de Paris
Young & Rubicam pour Eurostar
DDB Paris pour Volkswagen Lupo
Euro RSCG Works pour Multimania
Leo Burnett pour Heinz
DDB Paris pour Volskwagen Golf Cabriolet
Young&Rubicam pour Technikart
DDB Paris pour Bouygues Telecom Spot
Euro RSCG BETC pour RATP
Leo Burnett pour Mairie de Paris
Young&Rubicam pour Eurostar
CLM/BBDO pour Aucland
09/06/2000 - Le Grand Prix Stratégies récompense deux spots Volkswagen sur les équipements offerts en série sur son modèle Passat. Ou comment l'agence DDB a revisité le discours promotionnel.
Comme le dit Bernard Bureau, vice-président d'Ogilvy&Mather et juré de cette 23e édition du Grand Prix Stratégies, «Visual et Aucland sont de grands films mais Volkswagen est encore au-dessus». Pas besoin d'aller chercher plus loin les raisons pour lesquelles cette campagne TV Volkswagen Passat, qui n'est pourtant ni plus ni moins que de la promotion qui ne dit pas son nom, a décroché le Grand Prix Stratégies 2000, en finale contre des campagnes aussi percutantes que Visual ou Aucland, donc, ou encore Heinz, une affiche déjà donnée comme favorite pour le prochain Grand Prix de l'Affichage. Les deux spots en question devaient surprendre, les créatifs les avaient justement pensés pour qu'ils fassent figure, au milieu d'un écran publicitaire classique, de véritables ovnis. C'est réussi. Ces films sortis en février, «Le médecin» et «Le comique», s'inscrivent dans une saga lancée en juin 1999 (voir page suivante) et intitulée «Une liste d'équipements de série incroyable». Le premier, conçu comme un faux reportage d'émission scientifique, narre les aventures d'Ivan Roussin, «médecin et chercheur au CUPH depuis dix-huit ans». Un médecin pas comme les autres puisqu'il a une méthode pour soigner ses patients: les faire rire. Et comment titille-t-il leurs zygomatiques? En racontant la bonne blague qu'il a faite à un ami en lui annonçant qu'il s'était acheté une Passat Pack avec quatre airbags, la climatisation, le système audio Volkswagen, les jantes en alliage léger et le système ABS avec répartiteur électronique de freinage... «Et tout ça de série». Le second spot met en scène, dans la même veine de faux-vrai reportage télé, un comique professionnel qui, de banquets en séminaires, vient raconter lui aussi cette bonne blague qu'il a faite. «Au départ, nous avons eu l'idée d'intégrer à l'histoire et d'en faire son ressort principal ce qui était une contrainte, la liste des équipements disponibles en série sur les Volkswagen,explique le rédacteur Alexandre Hervé, auteur, avec le directeur artistique Samuel Kadz, de ces films.Cela nous semblait plus intéressant que de mettre simplement un panneau à la fin, déconnecté de l'histoire. Ensuite, par rapport aux premiers spots de la saga dans lesquels cette liste incroyable déclenchait simplement l'incrédulité, on a poussé le bouchon un peu plus loin, en imaginant que, puisque c'était tellement incroyable, ça pouvait même faire rire les gens. Puis on a écrit l'histoire du médecin en s'inspirant d'un thème d'actualité, la thérapie par le rire. On a alors fait appel à Jean Teddy Filippe, dont on avait vu lesDocuments interdits,qui nous semblait le plus capable de restituer le côté réaliste qu'on voulait donner aux spots.» Pour Christophe Lichtenstein, directeur général de l'agence DDB, «la grande force de ces films, c'est qu'on se fait piéger». Selon lui, ils permettent aussi à Volkswagen, sur le terrain promotionnel, de se démarquer des concurrents. «Plutôt que de brader la marque avec des promotions à moins 10000francs, on valorise le rapport équipement/prix,explique le publicitaire.Ce sont des films tactiques, c'est vrai, mais qui ne respirent pas la promotion. Ils rajoutent de la valeur à la marque.» Et permettent à Volkswagen de décrocher un nouveau Grand Prix, quatre ans après celui obtenu pour le Sharan.
«Pour fabriquer du vraisemblable, il faut utiliser les outils du vrai.»Le réalisateur Jean Teddy Filippe sait de quoi il parle. Sa série desDocuments interdits, dont la première diffusion sur Arte remonte à 1989, avait réussi, à coups de vraies-fausses images d'amateurs, à nous faire croire que les extra-terrestres étaient parmi nous. Jusqu'à ce qu'un message de la chaîne, à la fin du feuilleton, nous prévienne que tout ceci était bidonné. Depuis, Jean Teddy Filippe a surtout été contacté par les agences sur cette capacité à fabriquer du faux plus vrai que nature. On se souvient d'un spot, directement inspiré de son succès télévisuel, pour la Renault Espace dans lequel on voyait des fauteuils de voiture voler tout seuls. Plus récemment, pour le jeu Rapid Racer de PlayStation, il avait interviewé un faux contremaître dépassé par les commandes de sacs à vomi. Les deux spots commandités par DDB pour Volkswagen jouent, une nouvelle fois, sur le même registre du faux-vrai.«La publicité utilise habituellement des outils sophistiqués, explique le réalisateur.Les outils du vrai, c'est la télé qui les a, c'est la raison pour laquelle on a tourné les spots avec une caméra DV. Ce que j'ai apporté, c'est cette idée de regard télé, façon reportage fait à l'efficacité avec une absence d'esthétique, ou plus exactement une esthétique du vrai.»Jean Teddy Filippe, aujourd'hui, a aussi des projets de téléfilms et planche sur une adaptation duCoeur des Ténèbres, de Joseph Conrad.«Pour l'instant, je n'ai recueilli que des réactions inquiètes et frileuses sur ce projet de long-métrage», déplore le réalisateur.
Dans quel contexte ces deux spots ont-ils été lancés? Stephen Norman. Je n'aime pas l'expression, mais ils s'inscrivent dans un dispositif à double détente. Il y a d'abord eu l'an dernier un film en noir en blanc, qui mettait en scène un yacht. L'objectif était de travailler le fond de l'image, dans une logique de démocratisation de l'excellence. Les derniers spots, qui jouent sur l'humour, viennent en complément. Ils permettent d'aborder le thème des équipements de série plus judicieusement qu'avec un simple pack-shot, une voix off ou une surimpression. Globalement, cette campagne a permis d'augmenter les résultats commerciaux de la Passat de 20%. Quand votre agence vous présente ce type de films, hésitez-vous longtemps? S.N. Les spots durent trente secondes et nous n'avons pas mis plus de temps à les accepter. Ils n'ont pas non plus été pré-testés. En fait, depuis cinq ans que je dirige Volkswagen en France, les meilleurs films qu'on a réalisés étaient les plus osés. Évidemment, il y a toujours une ligne qui sépare ce qui est osé de ce qui est inacceptable. Cela nous est arrivé de la franchir, comme lors de la campagne Golf4 avec des représentations du Christ, qui nous avait attiré les foudres de l'Église. Je constate d'ailleurs qu'en ce moment, cette ligne jaune est en train, en France, de devenir une ligne rouge. Il y a aujourd'hui, et c'est relativement récent, des sujets que la publicité, probablement, doit éviter d'aborder. Êtes-vous, comme on le dit, un annonceur exigeant? S.N. Terriblement. C'est normal car, au final, tout cela nous est facturé, la production des films comme les budgets médias. On n'a pas le droit de se tromper. Cela dit, sans vouloir flatter notre agence, je dois reconnaître que tout ce qui nous a été proposé jusqu'ici était de la bonne publicité. Je tiens d'ailleurs particulièrement à saluer le tandem Brossard/Vince. Le fait que ce dernier prenne du recul vous inquiète-t-il? S.N. Non, rien ne m'inquiète. On jugera sur les résultats. Propos recueillis par V.-X.M.