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L'ENTRETIEN

Charles Gassot : Pourquoi un Français ne ferait-il pas un film Nike?

16/06/2000

Deux mois après le rachat de 49% de son capital par TF1 International, Téléma passe la vitesse supérieure. Auréolé du succès du Goût des autres, son Pdg Charles Gassot veut renforcer les passerelles entre la publicité et le cinéma.

Qu'apporte le rachat par TF1 International à votre activité publicitaire? Charles Gassot. Il nous permet d'avancer plus vite. Le marché bouge, de nouveaux métiers apparaissent et nous voulons suivre au plus près ces changements pour répondre aux besoins des agences. Nous étions sous-équipés en producteurs, nous avons remédié à cette carence avec l'arrivée de Jean-Luc Olivier, un producteur indépendant, et de Claire Corbetta, venue de Devarrieuxvillaret. De même, nous n'avions pas suffisamment de nouveaux talents, pas de jeunes réalisateurs, pas de stars de la photographie. Aujourd'hui, nous recevons des boards que l'on ne nous proposait pas avant, comme «Le chasseur» de Visual, tourné par Seb et Simon. Notre objectif est de figurer parmi les deux premiers producteurs français à la fin de l'année. Quelles sont vos relations avec les agences de publicité? Ch.G. Des publicitaires comme Gérard Jean, Benoît Devarrieux, Pierre Berville, Gilbert Scher ou Marie-Catherine Dupuy sont mes références. Je ne veux pas les décevoir. J'essaie d'instaurer une véritable collaboration entre les producteurs, les réalisateurs et les créatifs. Ceux-ci avaient tendance à se comporter comme des rois, ils sont devenus plus pragmatiques. On n'a plus de relation de fournisseur à client. Malgré tout, il m'arrive de regretter de ne pas faire certaines campagnes. Je ne vois pas pourquoi un réalisateur français ne pourrait pas faire un film Nike. La France compte les meilleurs chefs-opérateurs du monde, les Américains s'arrachent nos techniciens de postproduction. Nous sommes quand même le seul pays à résister à l'hégémonie américaine. Travailler avec des Anglo-Saxons parce que ça fait plus chic relève d'une méconnaissance totale du marché. Qu'est-ce qui pourrait modifier cette situation? Ch.G. Cela fait des années que je demande aux organisateurs du Festival international de la publicité, à Cannes, de provoquer des rencontres entre producteurs. J'aimerais qu'on m'explique comment fonctionne la production en Espagne, en Finlande ou en Amérique du Sud. Si l'on savait ce qui se passe ailleurs, on serait peut-être moins mis de côté lors des campagnes internationales. L'image de Téléma en publicité est très marquée par la comédie. Souhaitez-vous rester sur ce créneau? Ch.G. La comédie, on en fera toujours, on ne va pas cracher sur ce qui nous fait vivre. Mais elle évolue, elle est plus décalée, plus soignée, traitée avec plus de finesse et de style. Le terme de comédie a toujours une connotation péjorative, y compris dans le long métrage. Pourtant, c'est difficile d'avoir une idée et de s'y tenir. Les films de parfums sans idée en prennent un coup. On revient sur le fond. Au cinéma, quels sont vos projets? Ch.G. En 2001, Téléma sortira trois films en anglais, dont le nouveau Patrice Chéreau,Intimacy. Cela n'aurait pas été possible sans le savoir-faire de TF1 International et sans la publicité. Publicité et cinéma n'ont jamais été aussi proches. Les graphistes qui travaillent en publicité réalisent ensuite des affiches de films. De son côté, la publicité reflète davantage son époque et permet de se tenir au courant des tendances. En outre, nos vingt ans d'expérience dans la publicité nous ont appris à soutenir la sortie de nos films. Il y a quelques années, vous n'étiez pas très tendre avec TF1, vous disiez que vous préfériez travailler avec les chaînes publiques. Qu'est-ce qui a changé? Ch.G. Lorsque j'ai travaillé avec les chaînes publiques, j'étais un jeune producteur de films. À l'époque, je n'aurais pas pu faireLa Vie est un long fleuve tranquille, un film sans vedette, avec TF1. Les chaînes publiques m'ont laissé faire ce que je voulais et je continuerai à travailler ainsi. Tout est basé sur le désir. Il y avait moins de désir chez Canal+ de collaborer avec moi, donc je suis allé chez TF1 qui en avait plus envie. Et je suis très fier que le rachat de Téléma ait fait monter l'action de TF1. Que pensez-vous du succès simultané du Goût des autres et deTaxi2? Ch.G. Il y avait une attente sur ces deux films et ils ont tous les deux trouvé leur public. Je trouve juste un peu dommage que Taxi2 tire l'humour vers le bas. Agnès Jaoui, elle, a fait un film qui respecte le spectateur. Je remarque que dans le même temps, aucun film américain n'a marché, saufAmerican Beautyqui a fait trois fois moins d'entrées. Comme a dit Godard, le public est bonne fille. En plus, ce succès ne doit rien au marketing. Nous n'avons pas fait de grande campagne, juste un teasing dans les salles de cinéma. Trop de marketing tue, c'est une leçon que m'a apprise Jacques Séguéla. Merci la pub!

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