Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

Pour la play-list, allez voir le labo

18/07/2000

Pour satisfaire nos oreilles, les radios investissent dans la recherche musicale. Les techniques élaborées permettent d'adapter en temps réel la programmation des stations aux goûts des auditeurs.

Stop ou encore?Le concept de cette émission de RTL a été largement repris par les radios musicales. Celles-ci testent quotidiennement les titres qu'elles diffusent en interrogeant un panel d'auditeurs. Si le morceau est apprécié, il poursuivra sa carrière sur les ondes. En revanche, s'il l'est moins, il risque d'être retiré de la play-list de la station.«Ces études apportent une aide indispensable, car nous pouvons nous tromper dans notre programmation,reconnaît Michael Magnin, directeur artistique de NRJ.Cependant, les résultats nous confortent souvent dans nos choix.»Au fil des ans, ce type d'études s'est peaufiné pour devenir un véritable outil scientifique et prendre le nom de laboratoire de recherche musicale. Aujourd'hui, chaque opérateur est équipé de ses propres outils et possède sa méthode. Mais chacun réalise sa recette bien à l'abri des regards de la concurrence. Chez NRJ, on a décidé d'externaliser l'enquête. Elle est réalisée depuis quelques années par l'institut CSA.«Cette démarche demande de l'expérience et de la logistique,estime Michael Magnin.Nous avons adopté une approche très professionnelle. Grâce à ces choix, j'estime que nous possédons une avance importante par rapport à nos concurrents.»Tous les jours, CSA interroge par téléphone quelques dizaines d'auditeurs de NRJ. Chaque titre est testé à l'aide de plusieurs critères: l'appréciation générale, l'adhésion au morceau, ou l'envie de continuer à l'entendre. Le premier point concerne la connaissance même du titre. D'où la nécessité de tester des titres déjà diffusés.«Il est impossible de poser des questions à une personne à propos d'un morceau qu'elle n'a jamais entendu,indique Jean-Baptiste Jouy, directeur général de RTL2 et de Fun Radio.Chaque semaine, cinq ou six nouveautés, correspondant à la couleur de Fun, sont lancées sur la base de notre intuition. Elles ne seront pas testées avant d'avoir bénéficié de 100 à 150passages à l'antenne.»C'est après qu'elles passent l'épreuve du feu.«Un certain nombre d'extraits musicaux sont écoutés par les interviewés et plusieurs questions leur sont posées»,confie Michael Magnin. Nous n'en saurons pas plus. La taille du panel, le nombre de questions posées, leur contenu exact... toutes ces données relèvent du «secret défense».

Un outil d'aide à la décision

Régulièrement, les résultats sont envoyés aux sièges des stations. Chez NRJ, c'est en début de semaine que les chiffres arrivent sur le bureau de Michael Magnin.«Bien sûr, ces résultats sont attendus, mais au même titre que le top des ventes ou les classements étrangers,précise le patron de la programmation musicale chez NRJ.Il s'agit d'un élément comme un autre, même si c'est l'un des plus importants.»Rue Boileau, à Paris, au siège de NRJ, les données font alors l'objet d'un dernier traitement afin de les rendre plus lisibles. Reste à interpréter les résultats. Dans ce domaine, la direction artistique se réserve une marge de manoeuvre:«Divers éléments peuvent entrer en jeu. On peut souhaiter aider une nouveauté qui a des scores modestes, mais à laquelle on croit, on peut aussi relativiser les résultats médiocres d'un titre déjà usé, mais dont on pense qu'il pourra mieux marcher dans quelques semaine, avec l'arrivée des vacances»,explique Michael Magnin. Dernière étape: déterminer une application. Et elles sont multiples. Un titre, très apprécié, pourra ainsi bénéficier d'une augmentation de sa rotation quotidienne; un autre, mieux accepté par une cible d'adolescents, voir sa programmation se cantonner à la soirée, un dernier, enfin, être retiré de la play-list car il a atteint le seuil de saturation auprès du public.«La recherche musicale nous permet aussi de prévoir l'érosion d'un style,indique Jean-Baptiste Jouy.Le panel est un outil marketing qui nous sert à vérifier nos stratégies et nos formats.»La recette est plus ou moins utilisée selon le profil des stations. Si le laboratoire de recherche musicale est totalement adapté pour une station pour jeunes, il l'est moins pour une radio destinée aux adultes, moins sensibles aux nouveautés. Dans ce cas, trois à cinq enquêtes annuelles suffisent pour caler le genre de programmation. Néanmoins, chacun reconnaît que ce type d'études reste seulement un outil d'aide à la décision.«Le laboratoire de recherche musicale est devenu un département obligatoire, car il est d'une grande efficacité,admet Michael Magnin.Mais si l'étude est mal réalisée, elle peut aussi être une source d'erreur. Il faut savoir bien élaborer les questions, mais aussi bien savoir lire les résultats.»

Envoyer par mail un article

Pour la play-list, allez voir le labo

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.