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TÉMOINS DE MARIAGE

C'est encore loin, l'Amérique?

01/12/2000

La fusion de Seagram et Vivendi est plutôt appréciée par la communauté financière américaine. Qui s'interroge davantage sur Jean-Marie Messier.

Les Français ont-il fait une bonne affaire? «Oh! Yes» s'exclame Larry Haverty, lorsqu'il évoque le rachat du groupe nord-américain Seagram par Vivendi. L'expert en médias de la banque State Street possède depuis longtemps des actions Seagram. Et il estime que l'opération conclue par Jean-Marie Messier, le Pdg de Vivendi, était une sacrée occasion. «Cela leur a coûté 25% moins cher que les mégafusions Viacom et AOL-Time Warner», martèle l'investisseur. Malgré tout, les Frenchies ont réussi à pénétrer dans la cour des grands : «Auparavant, Seagram était une petite compagnie, comparée aux géants Disney, Viacom, AOL-Time Warner. Maintenant, le groupe fait partie de la bande des quatre.» Les experts de Wall Street ont presque tous la même réaction, quasi nationaliste. Chez Salomon Smith Barney, Prudential, ou encore Bear Stearns... on ne cesse de vanter les atouts de Seagram. Raymond Katz, l'analyste de Bear Stearns, souligne ainsi les succès musicaux de l'écurie: Andrea Bocelli, Bon Jovi, Boyz II Men... De son côté, Jill Krutick, chez Salomon Smith Barney, s'émerveille des ventes de cassettes de films: plus d'un million pour Erin Brockovich et la réédition deJaws[Les Dents de la mer].Et tous d'évoquer avec gourmandise la prochaine ouverture, en avril 2001, du parc d'attractions japonais à Osaka: 30millions de visiteurs par an devraient venir remplir les coffres des studios Universal.

Une alliance qui séduit

La mariée Seagram est décidément belle. Et ce qu'apporte Vivendi dans la corbeille de mariage séduit les Américains.«Dans un univers d'intégration verticale, la combinaison Vivendi-Seagram paraît stratégiquement très censée, en apportant à Seagram une solide infrastructure de distribution et une stratégie Internet claire,souligne Jill Krutick.L'opération donne à Seagram des tentacules dans le téléphone, le câble et les télécommunications mobiles.»Cette reconnaissance des vertus de l'alliance pousse-t-elle pour autant les Américains à acheter les titres Vivendi-Universal? Pas si sûr.«Nous mangeons français, mais nous ne parlons pas français»,plaisante Larry Haverty pour expliquer la persistance des réserves américaines vis-à-vis du nouveau groupe. De ce côté-ci de l'Atlantique, Vivendi reste méconnu. En plus, les investisseurs yankees séparent clairement les rôles: les spécialistes d'Internet d'une part, ceux du cinéma d'autre part.

Des progrès à faire

Pour ces experts, la moitié des affaires Vivendi-Universal«reste un énorme mystère». «Nous avons été impressionnés par la stratégie présentée par la direction,avoue ainsi Katherine Styponias, de la société de Bourse Prudential Securities.Mais cela prendra du temps avant que les investisseurs embrassent cette entité. Américains et Européens ont beaucoup à apprendre les uns des autres sur le marché des communications et des télécommunications.»Vizzavi, en particulier, en laisse plus d'un sceptique. L'outil Internet, présenté par les Français comme le futur numéro un des portails européens,«n'existe pas encore»,selon Larry Haverty.«Le modèle économique n'a pas été prouvé»,renchérit un consultant américain. Pas vraiment convaincu par la petite musique de Jean-Marie Messier, lui assurant que les oreilles européennes se précipiteront sur les hit-parades d'Universal, serinés par Vizzavi. Et tous de regarder de plus près les premiers pas sur la scène américaine de Jean-Marie Messier, celui que le journalLos Angeles Timesa surnommé«l'innocent"mogul"en gestation».Pour les observateurs d'Hollywood, le Pdg au visage de chérubin n'a décidément pas la carte de visite habituelle. Les reporters du quotidien californien se sont renseignés. Ils sont revenus avec un curriculum «de haut fonctionnaire, ayant passé sa vie dans la banque d'investissement, les eaux et les déchets».«Que sait-il de la vente de la musique?»se demande leLos Angeles Times. Le petit monde de Wall Street, lui, s'intéresse plus... à sa façon de compter.«La direction de Vivendi Universal veut devenir plus transparente»,apprécie l'experte de la société de bourse Prudential, ravie de voir la société française adopter les habitudes nord-américaines. Vivendi se contentait de publier ses résultats financiers tous les six mois, la nouvelle compagnie fera dorénavant sa revue de détails devant Wall Street tous les trimestres. Elle révélera plus sur elle-même dans son site Web. Et elle accueille au sein de son conseil d'administration huit représentants étrangers. Petit à petit, le Français s'américanise.«Mais,insiste Katherine Styponias,il a encore beaucoup à apprendre».

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