
SOMMAIRE DU DOSSIER :
Survivre à Big Brother
Les objets de l'année
Un orange un peu mécanique
Les unes qui ont fait l'actu
Qui veut gagner des invitations?
BDDP & Fils sur tous les tableaux
Résister, disent-ils
Juin
L'affaire moi
Les UP et les DOWN
Profession surfeur
Février
Juillet
Les émissions les plus insolites du Web
Que le spectacle recommence
Octobre
Septembre
Les campagnes auxquelles vous avez échappé
Mars
Au bonheur des copieurs?
Janvier
Décembre
Les panthères grises
An Englishman in Paris
Le palmarès des palmarès
Nouvelles voix
La guerre des boutons
Avril
Août
Ces filles qui en ont
Nouvelles têtes
C'est votre dernier mot?
Mai
Novembre
19/12/2000 - Derrière toutes les réponses des annuaires de sites Web se cachent les surfeurs. Ces professionnels passent leur journée à visiter les nouveaux sites pour les indexer.
Chez Yahoo! France, le baby-foot attend le visiteur dès la sortie de l'ascenseur. La légende est donc vraie: les surfeurs sont bien ces jeunes gens payés à naviguer sur Internet, et qui profitent de leurs pauses pour disputer des parties endiablées... En pénétrant dans leur antre, la réalité semble pourtant tout autre. Pas une parole, presque pas de bruit: l'atmosphère est très studieuse. C'est toujours comme ça?«Non, l'ambiance peut être plus animée,s'amuse Alexandre Delcourt, surfeur depuis un peu plus de deux ans.On a la réputation d'être des grandes gueules et c'est vrai que l'on n'est pas les derniers à déconner!»Pour appuyer le propos, Alexandre se saisit d'une miniballe qui traîne sous son bureau et l'envoie énergiquement sur un collègue, à quelques bureaux de là.«Vous allez voir, il va réagir...»,souffle-t-il en souriant, sûr de son effet. Calme plat.
1000 à 3000 sites à référencer par semaine
Autre lieu, même ambiance... Chez Lycos, place de la Bourse, le fief des surfeurs a même des allures de cellule monacale. Ici, pas de baby-foot mais une pièce sans fenêtre éclairée par des lucarnes au plafond. Les murs sont nus et les bureaux parfaitement rangés... à l'image des catégories de l'annuaire. C'est que les surfeurs ont du pain sur la planche. Leur job? Visiter les nouveaux sites qui apparaissent sur Internet et les indexer un à un dans la base de données de l'annuaire. Contrairement aux moteurs de recherche comme AltaVista ou Excite qui ont recours à des robots pour la recherche de nouveautés, les annuaires nécessitent en effet une intervention humaine pour classer les sites dans des catégories définies (économie, culture, sport, société, etc.). Chez Yahoo! France, Nomade, Voilà ou Lycos, les principaux annuaires de sites français, de petites équipes passent méticuleusement en revue toutes les demandes de référencement qui leur parviennent. Mille à trois mille nouveaux sites arrivent chaque semaine, de la vente de matériel informatique au récit de voyage en passant par l'anthologie du bigoudi, l'encyclopédie du nain de jardin ou le n-ième site sur les célèbres Pokémon. La sélection est plutôt stricte: les sites doivent être en langue française, proposer un contenu conséquent et en conformité avec la loi. Au final, 60% d'entre eux, en moyenne, sont acceptés.«C'est un travail très sérieux qui demande pas mal de réflexion»,insiste Marie-Claude Bélier, l'une des six documentalistes de Nomade. Au quotidien, le métier de surfeur n'a pas toujours l'air facile.«Au bout du 40esite de gîte rural, on commence a en avoir un peu assez!»,reconnaît Emmanuelle Auville, surfeuse chez Lycos.«On peut aussi avoir l'impression d'être face à un panier percé: on a beau indexer, on a toujours autant de sites qui arrivent le lendemain,renchérit Marie-Claude Bélier.Cette abondance est tout à la fois un mal et un biencar l'annuaire se renouvellant en permanence, suivre le rythme est un drôle de challenge!»Les surfeurs sont avant tout des passionnés du Net.«C'est un boulot qui permet d'être au courant de toutes les nouveautés et de suivre les tendances»,s'enthousiasme Emmanuelle Auville.«Il y a toujours quelque chose à découvrir»,ajoute Pierre-Emmanuel Boumendil, cyberdocumentaliste pour l'annuaire de Voilà. L'organisation générale de l'annuaire est un rôle qu'ils prennent vraiment à coeur. Alexandre Delcourt se souvient même d'un débat épique.«On a passé toute une après-midi à décider si la rubrique religion devait prendre un"s"ou pas. Cela peut paraître dérisoire, mais c'est aussi notre boulot.»Finalement, les «sans-s» ont gagné.