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La chasse est ouverte

05/01/2001

Les cabinets de recrutement profitent largement de l'explosion du marché de l'emploi dans la communication. Agences et médias se retournent en effet vers eux pour trouver de nouveaux profils.

Pour les cabinets de recrutement, le secteur de la communication est devenu la poule aux oeufs d'or.«C'est presque l'euphorie,commente Charlotte d'Aboville, consultante au département communication et médias chez Michael Page.Le marché a redémarré de façon très significative, comme le montre l'augmentation notable du nombre de nos missions. Ce n'est pas un hasard si notre département est passé rapidement de deux à cinq personnes.»À des facteurs conjoncturels - croissance économique, hausse des recettes publicitaires et émergence des nouvelles technologies - s'ajoute une évolution des mentalités: aujourd'hui, agences et médias se tournent vers les cabinets spécialisés pour satisfaire leurs besoins en ressources humaines. Pour ces derniers, c'est une nouveauté.«Les professionnels de la communication faisaient peu appel à nous, car ils préféraient pratiquer la cooptation»,analyse Hubert du Sartel, associé chez Diaphane Ressources humaines.«Surtout dans les médias, où il y avait une vraie segmentation entre régies et supports,renchérit Damien Crequer, consultant chez Michael Page.Aujourd'hui, la cooptation est insuffisante. Ils ne peuvent plus fonctionner en vase clos.»Les sirènes des start-up sont passées par là. Les directeurs de clientèle font particulièrement défaut.«On peut parler de pénurie,souligne Charlotte d'Aboville.Celle-ci s'étend globalement au middle-management et la situation ne devrait pas s'arranger dans les mois qui viennent.»Mais il n'y a pas qu'Internet, analyse Hymane Ben Aoun, directrice de Diaphane Ressources humaines.«La loi Sapin a également donné, à l'époque, un coup de frein aux embauches de jeunes et suscité cette pénurie de directeurs de clientèle.»D'où la nécessité de privilégier l'approche directe.«En ce moment, la chasse de têtes est quasiment la seule façon de trouver les compétences recherchées», affirme Nathalie Marié, consultante chez Eva Bach Consultants. Surtout avec les clients qui ne lorgnent que sur la concurrence.

Le retour des 40-50ans

D'autres, en revanche, acceptent de chercher de nouveaux profils dans d'autres secteurs d'activités.«Pour des postes de responsables d'abonnement dans la presse, pourquoi ne pas étudier des professionnels de la VPC?», explique Damien Crequer. Parfois, il faut aussi savoir pousser son client à modifier son cahier des charges.«C'est notre fonction de conseil,relève Chantal Baudron, de Chantal Baudron SA.Si l'on peut démontrer que le profil n'existe pas, on peut faire bouger les choses.»Pour Élie de Louya, patron d'EDL Consulting Group, il peut être bon également de se retourner vers une cible assez peu visée, la tranche des 40-50ans.«Surtout quand ils ont l'expérience du chômage,dit-il avec un rien de cynisme.Ils ne sont pas très gourmands sur les salaires.»L'émergence d'Internet a aussi joué un rôle moteur dans l'évolution des mentalités en«faisant exploser les profils classiques», note Hubert L'Hoste, directeur général chez Mercuri Urval France. À l'inconnu et à la précipitation se substitue un marché du recrutement plus calme, plus mature. De l'avis général, il faut maintenant deux bons mois et au moins quatre entretiens pour réaliser un recrutement. Signe que l'emballement du marché dû aux start-up en a échaudé plus d'un. Les déçus d'Internet sont d'ailleurs pris en compte par les cabinets de recrutement comme une véritable masse capable de peser en 2001. Certains attendent même avec impatience que les entreprises du Net aient fait leurs comptes pour voir réapparaître nombre de candidats au 2e trimestre. Une vraie manne pour des professionnels qui trouvent le marché un peu trop tendu actuellement.«C'est inévitable compte tenu de la façon dont on a introduit Internet en France en termes de rémunérations,estime Élie de Louya.On va forcément vers des déceptions cuisantes.»Mais il ne faut surtout pas y voir le remède à tous les maux car, pour Chantal Baudron,«quand on a goûté à la rapidité, la réactivité et la créativité qu'impliquent les nouvelles technologies, on a du mal à replonger dans l'économie traditionnelle».

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