Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

L'e-santé a des hoquets

09/03/2001

Grand public ou professionnels, les sites sur la santé n'échappent pas au coup de blues général affectant Internet. Chacun tente de se repositionner sur ce marché en pleine recomposition.

L'achat de produits sur Vitago France est momentanément impossible. Merci et à bientôt». Le message, qui s'affiche sur la page d'accueil de cette parapharmacie en ligne, tente de dissimuler la réalité: vitago.fr est en cessation de paiement depuis fin décembre et la tentative de reprise par l'équipe française a échoué. Lancé en fanfare en avril 2000, ce site d'origine allemande avait pourtant levé plus de 280millions de francs. Et l'exemple est loin d'être unique. Le site grand public medimania.com a lui aussi fermé ses portes, tout comme planetmedica.fr qui reste accessible mais n'est plus actualisé. Ces échecs ne risquent pas de rassurer les autres acteurs du secteur, déjà refroidis par les déconvenues sur le marché américain. En effet, de DrKoop.com à drugstore.com, les actions des grands portails de santé cotées au Nasdaq sont en chute libre... Sur le marché grand public français, une vingtaine de sites tentent malgré tout de s'imposer, chacun d'entre eux proposant sensiblement le même contenu, de l'actualité médicale aux conseils, en passant, pour certains, par l'avis médical.

Vers la concentration

À ce petit jeu, deux sites tirent aujourd'hui leur épingle du jeu: Doctissimo et Medisite. Créé en mai2000, le premier est édité par Medcost, une société cotée en Bourse et spécialisée dans le conseil et la réalisation de sites pour le secteur médical. Selon l'institut de mesure d'audience NetValue, Doctissimo a cumulé près de trois millions de pages vues d'octobre à décembre 2000. Le second poids lourd, Medisite, site à la fois professionnel et grand public, a été lancé en avril1998 avec le soutien, depuis, du groupe de presse Impact Médecin. Derrière ces deux leaders, la bagarre est serrée entre les 33doca venue.com, Cvotresante et autres No tredocteur.com (cf. encadré).«C'est un marché sanglant!»,affirme Laurent Alexandre, président de Medcost et vice-président de Doctissimo.«Tout le monde a cru que la santé était un eldorado mais ce n'est pas le cas». Le marché grand public apparaît en effet beaucoup plus réduit que prévu.«Nous avons complètement abandonné notre projet de site familial sur la santé», révèle Pierre Dutilleul, CEO pour la France de la division santé de Vivendi Universal Publishing (VUP, ex-Havas). L'audience des portails grand public reste modeste et, selon Bernard Mondulet, directeur général de Medikeo, une société de services dédiés à l'industrie pharmaceutique, les sites grand public ne parviennent pas à fidéliser leur audience:«Vous venez sur tel site pour un problème ponctuel, ensuite vous repartez». Le marché grand public s'attend donc à d'autres faillites et à une phase de concentrations.«Tant que tous les intervenants feront la même chose, seuls les deux ou trois plus riches pourront survivre», poursuit Jean-Alain Acquarone, président de Netlab, l'éditeur de Notredoc teur.com.«Les sites vivent aujourd'hui sur les fonds des capital-risqueurs», renchérit Laurent Alexandre, qui livre un diagnostic pour le moins sombre:«L'euthanasie d'un certain nombre de sites est indispensable à la survie des autres». Pour Yves Chaponic, PDG de Medisite,«le salut passera par le développement d'activités B to B. Le modèle grand public, à la Doctissimo, ne marchera pas». Les sites professionnels semblent en effet mieux lotis, même si la concurrence est vive.«Il y a de la place pour tout le monde car, contrairement à la problématique grand public, ce qui compte en B to B, c'est le qualitatif», explique Bernard Mondulet, qui reconnaît toutefois que«le marché n'est pas non plus extensible». En matière d'information, le vétéran Medisite doit faire face à l'arrivée d'acteurs de taille, à commencer par Atmedica, le portail médical de Vivendi Universal Publishing, MedHermes, un nouvel entrant d'origine suisse ou Egora, le portail santé de France Télécom.«Sur Internet, nous avons défini deux grands axes de développement,explique Pierre Dutilleul.L'e-learning, à destination des médecins mais également des patients, et l'aide à la pratique médicale. Nous avons à la fois la légitimité et la maîtrise des dossiers. Notre bonne connaissance de l'industrie pharmaceutique nous offre notamment l'accès sur des recettes publicitaires non négligeables.»

Développement de la vente directe

Une myriade de sites très spécialisés en chirurgie, neurologie ou anesthésie complètent également l'offre et parviennent à faire leur place en répondant à une demande précise des médecins et des annonceurs.«Sur certains sites, les taux de clics s'élèvent à plus de 10% et le coût pour mille peut atteindre les 2500francs», précise Bernard Mondulet. Les pharmaciens sont également très sollicités sur Internet où le marché de la vente en ligne tente de se développer.«La vente directe[médicaments génériques, médicaments sans ordonnance et parapharmacie]a représenté plus de 37milliards de francs l'an dernier en France», précise Jean- Christian Kipp, PDG de DirectMedica, qui compte bien capter une partie du marché. Lancée en janvier dernier, sa société propose les références de dix-sept laboratoires. Dans cette bataille, ces derniers ne sont d'ailleurs pas en reste. Dernier lancement en date: migraine.glaxowellcome.fr, un site professionnel et grand public sur la migraine édité par Glaxo Wellcome. L'objectif est double: communiquer auprès du grand public, mais surtout des médecins. Les laboratoires espèrent ainsi prolonger sur Internet le travail des visiteurs médicaux en proposant à tout instant des informations sur leurs produits. Si le marché de la santé sur Internet risque d'évoluer très rapidement dans les prochains mois, les sites santé peuvent en tout cas se raccrocher à un chiffre encourageant: selon une étude réalisée par l'institut Opinion-Way en septembre2000, 84% des personnes interrogées estiment qu'Internet est un outil d'information complémentaire nécessaire sur la santé.

Envoyer par mail un article

L'e-santé a des hoquets

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.