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Coupe du monde

La voix du Mondial

17/04/1998

Commentateur vedette du football depuis près de quarante ans, Thierry Roland divise: «beauf» ou «Audiard du ballon rond»?

Ce métier est un cadeau du bon Dieu. Je le ferais gratuitement. Même si Robert Chapatte et Roger Couderc, mes maîtres, m'ont engueulé la première fois qu'ils m'ont entendu dire ça.»À soixante et un ans, Thierry Roland est toujours accro au football et à son job de commentateur sur TF1. Un rôle taillé sur mesure pour ce titi parisien qui rêvait sa vie derrière un micro. Sur le terrain, il n'a jamais brillé.«J'étais un bourrin, celui qui courait pour donner le ballon aux artistes, le Luis Fernandez du pauvre»,confie-t-il. Au point d'aller voir un jour Georges Briquet, le roi des radio-reporters, pour solliciter ses bonnes grâces. Il est engagé par celui qui est son idole, au même titre que Marcel Cerdan, dont la mort lui a fait«plus de peine que celle de (son) père».

De la touche à l'antenne

Les débuts de Thierry Roland dans le métier ne sont pas tonitruants.«J'étais timide. Je ne prenais aucune initiative.»Il a l'occasion de faire ses preuves au sein du premier véritable service des sports, créé à la télévision par Raymond Marcillac. À cette époque, il est «un homme à tout faire», avant de se trouver propulsé sur le devant de la scène.«Jean Quittard, en charge du football, est mort peu avant la Coupe du monde au Chili, en 1962. Marcillac m'y a envoyé.»Là-bas, Thierry Roland vit les années de pierre du petit écran.«Il n'y avait pas de direct. On suivait les matchs en prenant des notes, avant d'aller dans une immense salle de classe équipée d'un grand écran. Là, on commentait dans les conditions du direct. Les bandes prenaient ensuite l'avion pour être diffusées le lendemain. Pour la finale, je les ai prises sous mon bras et les ai commentées à mon arrivée à Paris.»Viré de la télévision,«comme d'autres»,en 1968, il revient en grâce en 1975, date à laquelle l'ORTF explose. Et rejoint Antenne2 en compagnie de Robert Chapatte, chef du service des sports, et Roger Couderc, commentateur du rugby. En 1978, il se rend en Argentine sans se soucier de la dictature.«Il ne faut pas mélanger le sport et la politique.»Lors de cette Coupe du monde, les Bleus rentreront dans l'histoire en jouant leur dernier match avec des maillots rayés blanc et vert. Ils avaient oublié les leurs...«Ce fut un beau bordel pour les télés. Les commentateurs étrangers étaient affolés, car les Français n'avaient pas les mêmes numéros sur leurs maillots et sur leurs shorts!»Le Mundial espagnol de 1982 est le premier duo Roland-Larqué. Depuis, le couple Thierry-Jean-Mimi vit une histoire sans nuages, en dépit de leurs caractères opposés.«Moi, je suis casanier et lui plutôt rigolard. Mais on ne s'est jamais engueulés.»De l'avis de son acolyte, le plus gaulois des journalistes sportifs«ne se prend pas la tête»,même si c'est«un sensible».En vieux routier, Thierry Roland domine bien son sujet à l'antenne. Souvent imité, il en remontre à ceux qui s'essaient au difficile exercice du direct. Canal+ l'a d'ailleurs plusieurs fois sollicité,«mais c'était visiblement pas coulé dans le bronze».Dès sa création, en 1984, la chaîne cryptée lui propose un job.«Charles Biétry, le patron des Sports, voulait tenir le rôle de Larqué auprès de moi. C'était impossible. En plus, je me suis dégonflé car j'avais peur de ne plus couvrir de grandes manifestations sportives. J'ai fait une erreur d'analyse.»Canal+ reviendra à la charge quelques années plus tard.«J'étais prêt à franchir le pas. Mais il existait alors des tensions entre TF1 et Canal. Cela aurait été vécu comme une déclaration de guerre.»

Jouer les prolongations

Du 10juin au 12juillet prochains, il commentera quatorze matchs en compagnie de Larqué. La routine?«Tout le monde est persuadé qu'on ne fout rien. C'est tellement entré dans les moeurs que je ne vais pas démentir. D'autant que notre travail est quand même moins dur que de descendre à la mine.»Thierry Roland entretient son mythe avec délectation.«On m'a collé les qualificatifs de ringard, de beauf, de Français moyen. J'assume totalement.»N'a-t-il pas dépassé les bornes en accordant une interview au quotidien d'extrême-droitePrésent?«Je l'ai relue, et il n'y a pas de quoi fouetter un chat,estime Jean-Michel Larqué.Il s'est juste prononcé pour la peine de mort. Moi, je suis contre. Si les thèses du Front national se résumaient au rétablissement de la peine capitale, ces gens-là ne seraient pas aussi dangereux. Thierry n'est pas un facho. Il a voté Mitterrand pendant des années!»«En immersion totale dans le sport et la télé»,comme peut en témoigner Larqué, qui a bien du mal à le faire parler d'autre chose, Thierry Roland est peu pressé de prendre sa retraite, prévue pour le 4août 2002.«J'aurai soixante-cinq ans. Et c'est, paraît-il, l'âge qui marque l'arrêt buffet.»Il pourrait prolonger un peu son bail si on le lui demande.«Je garde en mémoire la mort de mon ami Roger Couderc, quelques mois à peine après son départ.»

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