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VRP globe-trotters pour la TV française

30/03/2001

Pour imposer leurs programmes sur le marché mondial, distributeurs et producteurs français ont une combine: débusquer le client sur son terrain, comme le fait TV France International au Japon.

Au Japon, Julie Lescaut est aussi célèbre que Navarro et Saint-Tropez aussi connu que la Provence duChâteau des oliviers,C'est pas sorcieretLes Misérables. Sur un marché audiovisuel mondial de plus en plus concurrentiel, certains programmes français sortent du lot.«La grande chance, c'est que beaucoup de pays refusent aujourd'hui l'uniformisation de leurs programmes», analyse Patrice Pellerin, directeur commercial de la chaîne Voyage. Ces quelques cas encourageants masquent pourtant une réalité plus cruelle: le marché est encore dominé par les États-Unis, quand il n'est pas fermé par des particularismes locaux.«On ne vend pas des programmes audiovisuels comme des boîtes de conserves», déclarait il y a quelques jours l'ambassadeur de France au Japon.

Rencontres «à domicile» avec les acheteurs

Cette spécificité a convaincu producteurs et distributeurs de s'associer pour créer une structure d'aide à l'exportation. Née il y a sept ans, TV France International (TVFI) est aux programmes audiovisuels ce que le Bureau Export est à l'industrie du disque ou Unifrance au cinéma. Principale originalité: en dehors des traditionnels marchés mondiaux du circuit audiovisuel (Mip-TV, Mipcom, NATPE, etc.), TVFI multiplie les rencontres directes avec les acheteurs. Début mars, vingt-sept de ses membres, producteurs et distributeurs, se sont ainsi rendus au Japon et en Corée pour la quatrième édition du Tokyo Showcase suivie, dans la foulée, du premier Séoul Showcase. Au menu, cinq jours de rencontres «à domicile» avec les acheteurs, dirigeants et autres intermédiaires des chaînes nippones et coréennes.«C'est le seul moyen d'établir des relations de confiance durables», estime Mathieu Béjot, le délégué général de TVFI, un familier des lieux. Attaché audiovisuel de l'ambassade de France à Tokyo pendant trois ans, il a oeuvré pour la réussite de ces rendez-vous. Pour l'heure, les chaînes hertziennes nippones, publiques ou privées, ne consacrent que 5% de leurs grilles aux programmes étrangers. Avec 9,8millions de francs de chiffre d'affaires en 1999, la France se place déjà au troisième rang des fournisseurs. En plus des deux cents chaînes de SkyPerfecTV et des vingt-huit nouvelles chaînes lancées en décembre, un deuxième bouquet satellite sera inauguré en octobre. Quant aux chaînes coréennes, avec 10% de programmes étrangers, elles feraient presque figure d'eldorado. La délégation française, avec ses cent kilos de «marmottes», ces caisses de transport des précieuses cassettes, a des allures de caravane. Quelque soixante-dix acheteurs et dirigeants de chaînes nippons ont fait le déplacement. Plusieurs vendeurs, qui viennent pour la première fois à Tokyo, interrogent.«Mico, c'est qui?»L'émissaire de la centrale d'achat de la NHK (plus de 3200heures de programmes achetées chaque année), est très recherchée. Ceux qui ont déjà vendu au Japon viennent à la rescousse. Le système TVFI est fondé sur l'échange de contacts, de tarifs, de «tuyaux», quand ce n'est pas de clients, comme en témoignent Annabel Bighetti, directrice des ventes internationales de TF1, et Hervé Michel, son homologue de France Télévision Distribution. Concurrents en France, solidaires ici.«Peu importe qui vend,explique-t-elle.Aujourd'hui c'est moi, demain un autre. L'essentiel est de mettre le pied dans l'ouverture de la porte et de susciter l'envie de voir des programmes français.»«Nous sommes une organisation fédératrice dans un environnement concurrentiel», renchérit Patrice Pellerin. Au fil des marchés et des «showcases» (cinq ou six par an en fonction des demandes des adhérents), se créent des liens qui profitent à l'ensemble des adhérents.

Des exportations en hausse

Du coup, les vendeurs se professionnalisent, note un observateur.«Pour être un bon vendeur de programmes, il faut du charisme, une faculté d'écouter et de comprendre l'autre», explique Olivier-René Veillon, à la tête de la distribution internationale de Télé Images (huit sociétés et plus de 5000heures en catalogue). Pour Dimitri Stephanides, responsable des ventes internationales chez AB (27000heures de programmes dont 8000 en droits pour le monde),«vendre c'est un échange. Nous cherchons aussi des partenariats, des coproductions ou à importer des licences». La coproduction, c'est«un bon bélier pour s'implanter dans un pays», estime de son côté Charles Gazelle (Transparences Productions).«On ne vend bien que ce que l'on aime», ajoute Daniel Ziv, l'un des deux associés fondateurs de la société 10Francs (cent vingt producteurs français et deux chaînes en catalogue). L'autre grande force de TVFI, c'est d'amener aux petites et aux grosses sociétés des moyens identiques pour vendre à l'étranger.«Sans TVFI, il nous serait impossible, matériellement et financièrement, de pénétrer sur les marchés», affirme Roch Bozino de VM Group. Ainsi, MC4, malgré un catalogue modeste (500heures), réalise un chiffre d'affaires de 1,5million de francs à l'étranger. Au Japon, Jean-Pierre Bailly fait un tabac avec sa série de douze films sur les vins et une autre sur la gastronomie. Il y a dix ans, les producteurs qui se hasardaient hors frontières étaient des cas isolés. Aujourd'hui, la distribution internationale est devenue une source de profit. Si bien que les sociétés se réapproprient la vente de leurs programmes. La chaîne Voyage a ainsi récupéré depuis un an la vente de son catalogue, autrefois assurée par Pathé. Idem pour Dupuis Audiovisuel, dont la division distribution a été créée fin 2000. Globalement, le chiffre d'affaires des programmes français à l'étranger grossit chaque année. En 1999, selon les chiffres du CNC et de TVFI, les exportations de programmes audiovisuels français ont atteint 1,731milliard de francs, dont 748millions de francs de ventes pures et 983millions de francs pour les coproductions et les préventes. L'Europe, principalement l'Italie, l'Allemagne et l'Autriche, reste le principal débouché avec près de 73% des exportations. Très loin devant les États-Unis (12,4%), l'Asie (4,6%), l'Afrique (4%), l'Amérique latine (3,9%) et le Moyen-Orient (2,5%). Ce sont précisément ces territoires, en apparence secondaires, qui retiennent toute l'attention de TVFI.«Notre priorité 2001, c'est l'Amérique latine, et plus particulièrement l'Argentine et le Mexique», révèle Mathieu Béjot. Un showcase se tiendra d'ailleurs à Miami en juin prochain, puis à Carthagène, en Colombie, en novembre.«Nous envisageons aussi des actions au Mexique et au Brésil», ajoute-t-il. Sans oublier, en septembre, les French TV Screenings de Saint-Tropez, où se pressent les acheteurs du monde entier. Juste retour des choses...

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