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Liberté, inégalité, congés payés

27/04/2001

Les Français ne sont pas égaux face aux vacances. Ils partent moins longtemps en été, et les situations varient selon les milieux sociaux et les régions. Les plus pauvres, quant à eux, restent chez eux.

Les pratiques des Français diffèrent en fonction de leur région d'habitation et de leur niveau social, explique Jean Viard, directeur de recherche au CNRS, auteur de nombreux rapports et ouvrages sur les tendances des vacances des Français. Comment les vacances ont-elles évolué en France ces dernières années? Jean Viard. Un nouveau mode de consommation des vacances s'est instauré vers la fin des années quatre-vingt, fondé sur la multiplication des départs et la réduction du temps consacré aux grandes vacances d'été. Ces deux comportements sont corrélés. La tendance générale est au morcellement: plus on passe d'un travail fatigant à un travail stressant, plus l'enjeu est de se reposer souvent. En France, le marché des vacances est arrivé à maturité. Il n'augmente plus, mais il se transforme. Ce n'est pas le cas du marché mondial du tourisme qui, lui, est émergeant. Les étrangers partent de plus en plus souvent dans les pays étrangers, et les Français suivent ce mouvement. Ils ont été 10% de plus à le faire entre 1999 et 2000. Ce marché-là est appelé à encore beaucoup progresser. Tous les Français sont-ils logés à la même enseigne? J.V. Non. En gros, un tiers des Français part assez souvent en vacances, un autre tiers ne part guère plus d'une ou deux fois par an. Enfin, un dernier tiers, lui, ne part pas, ou du moins n'est pas pris en compte dans les statistiques. Comme celles-ci ne tiennent compte que de l'endroit où vous dormez, les départs pour une journée ne sont pas comptabilisés. Or avec le développement et la rapidité des transports, cette pratique est devenue monnaie courante. Selon vous, le choix des vacances dépend beaucoup du lieu de résidence... J.V. Il faut arrêter de penser que les Français ont les mêmes pratiques. Chaque région possède ses spécificités. Un Lyonnais a un territoire de vacances différent de celui d'un Marseillais ou d'un Lillois. La première destination de vacances est le lieu d'origine de la personne, la mer ne vient qu'ensuite. En Île-de-France, on va massivement soit en Méditerranée, soit vers la Bretagne. Les Lyonnais restent beaucoup dans leur propre région, poussant parfois jusqu'en Provence, voire en Languedoc-Roussillon. Les gens originaires de Provence-Alpes-Côte d'Azur, quant à eux, sortent rarement de leur territoire. Les différences sociales sont-elles aussi un critère de différenciation? J.V. C'est le critère fondamental de discrimination pour les vacances. Les milieux aisés partent beaucoup, et les milieux pauvres pas du tout. Mais ces chiffres sont à corréler avec la taille de la ville. En Île-de-France, on part massivement en vacances quel que soit le milieu, dans les petites villes de province beaucoup moins. Ces chiffres varient du simple au double selon les régions. Où passe-t-on ses vacances en priorité ? J.V. La première destination, c'est la maison, quel que soit le milieu social. Il existe principalement deux groupes de personnes: le premier, environ 15% de la population, consomme le maximum de ses vacances en mobilité ou en résidence secondaire, et le second, majoritaire, passe l'essentiel de son temps de vacances chez lui. Ces personnes vont donc investir sur des pratiques de proximité ou le bricolage, par exemple. Tous les Français ont cinq semaines de vacances, mais la majorité ne part que quinze jours. Surtout par souci d'économie et non de temps. Les 35 heures ne font qu'accentuer ce processus. La consommation des ménages est-elle modifiée durant les vacances? J.V. Elle ne change pas fondamentalement. En revanche, les modes de consommation ont évolué. Les salons de coiffure, par exemple, se sont fortement développés dans les zones de vacances depuis une quinzaine d'années. Auparavant, aucune femme urbaine ne serait allée chez le coiffeur sur son lieu de vacances, car le décalage culturel était trop grand. Aujourd'hui, ce n'est plus vrai. Les grandes chaînes de coiffure sont présentes partout. Et pour les médias? J.V. Pendant les vacances, les Français sont chez eux. C'est important pour les médias, notamment la télévision. Personnellement, je suis surpris par la frilosité des médias à faire entrer le rythme des vacances dans leurs programmes. La télévision, par exemple, ne s'adapte pas assez au rythme des Français durant cette période: je n'ai pas le sentiment que les programmes TV tiennent compte du fait que les enfants n'aient plus classe. C'est également le cas pour le journal du soir. En été, avec les beaux jours, on a tous tendance à décaler le dîner pour rallonger la soirée. Pourquoi donc ne pas le programmer à 21heures?

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