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Maître Thierry Lacoste : «J'assigne»

06/07/2001

Ami de jeunesse des enfants du prince Rainier, maître Thierry Lacoste a pris dès le début de sa carrière la défense de Stéphanie et d'Albert de Monaco. Pour leur compte comme pour celui d'autres clients célèbres - Naomi Campbell, Karen Mulder, Jean-Claude Van Damme ou Charlotte de Turckheim-, il adresse chaque année à la presse une moyenne d'une assignation par semaine.

Comment devient-on l'un des avocats les plus redoutés des éditeurs de presse? Thierry Lacoste. Au début, en 1992, j'accompagnais la princesse Stéphanie à l'étranger lorsqu'elle négociait ses disques. Je n'assignais guère que trois à cinq fois chaque année. C'était une toute petite part de mon activité. Au fur à mesure, cela a pris beaucoup d'ampleur et j'y passe aujourd'hui la moitié de mon temps. Pour Stéphanie, j'ai actuellement une cinquantaine d'assignations en cours. Au total, j'en ai adressé près de trois cents dans ma carrière. On vous accuse de susciter les procès avant même que les stars ne vous le demandent... T.L. C'est un mythe. En réalité, je ne lis et je n'achète pas ces journaux: ce sont les clients qui me font parvenir les coupures. Pour Stéphanie seule, je suis abonné àL'Argus de la presse. Je lui soumets ce qui me paraît litigieux et qu'elle ne connaît pas, mais c'est elle qui décide d'attaquer ou non. Comment expliquez-vous cette montée en charge des procédures et des peines? T.L. C'est la répétition des attaques qui alourdit le préjudice. Stéphanie est la personnalité la plus médiatisée de France. Elle, comme ceux qui ont pu la côtoyer, sont pourchassés partout, on appelle leurs parents. Un jour, je l'ai accompagnée à Londres pour un contrat. Nous avons aussitôt fait la une deFrance Dimanche. Après le drame de la mort de sa mère et l'épisode Daniel Ducruet, c'est quelqu'un de traumatisé, qui n'a pas de vie privée. Je plaide souvent qu'une simple photo consiste à nier les droits de la personne, à la transformer en chair à papier. Mais la famille Grimaldi ne s'est-elle pas elle-même engagée dans cette voie, qui profite par ailleurs aux affaires du Rocher? T.L. La Principauté représente un chiffre d'affaires de 4milliards de francs, et elle héberge des banques puissantes. Quelques couvertures de magazines n'y changeront rien. Il est vrai qu'au départ, la princesse Stéphanie avait des choses à vendre: ses disques, les cosmétiques Bourjois qu'elle représentait. Elle a alors fait appel à la presse people. Mais lorsqu'elle a eu des enfants, elle a dit «stop» pour protéger sa vie privée. J'ai commencé à assigner, mais je gagnais au départ des sommes très faibles. C'est à force de persistance de sa part dans le refus d'intrusion des médias que les montants des réparations ont grossi. J'ai fait condamnerVoici, par exemple, plus de cent vingt fois: il est logique que les magistrats en tiennent compte. Pour les éditeurs, les limites semblent parfois assez floues. Où se situent-elles? T.L. Il faut une cohérence. Lorsque les photos sont issues de manifestations officielles, je n'attaque pas. Sauf si la photo est détournée de son contexte et sert à illustrer un papier concernant la vie privée. La presse ne fait-elle pas figure de bouc émissaire face aux médias audiovisuels moins souvent assignés? T.L. C'est vrai. Lorsque les habitants du Loft de M6 s'ébattent dans la piscine, c'est de l'information. Lorsque l'image est reprise dans les journaux, il s'agit d'une atteinte à la vie privée. Je suis conscient que cela pose un problème d'uniformité de traitement, ce n'est pas tout à fait normal. Mais faut-il être moins sévère avec la presse ou plus sévère avec la télévision et la radio? Sur le fond, il n'est pas normal que les gens, même connus, puissent être pourchassés. L'affaire Diana l'a montré: la répétitivité des attaques peut conduire à des excès terribles. Les éditeurs se mobilisent contre la loi Guigou, qui interdit de publier des photos des gens menottés. La France peut-elle conserver cette ligne dans le cadre de l'Europe? T.L. La loi Guigou a sa raison d'être. Rappelez-vous ce guide de montagne mis en examen après une avalanche mortelle. Il est apparu dans les magazines menotté comme un criminel. Pour le condamné à mort américain Timothy Mac Veigh, les éditeurs ont raison de hurler, pour d'autres affaires ils ont tort. En tout état de cause, le cadre juridique actuel laisse au juge une large part d'appréciation de la responsabilité de chacun et c'est une bonne chose. Mais la France est, sur ce plan, minoritaire en Europe. À terme, l'harmonisation passera donc par un assouplissement de la loi dans l'Hexagone. Je crois qu'un juste milieu sera trouvé. Nous aurons l'occasion d'en reparler.

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