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Histoires de pionniers

14/09/2001

Ils ont commencé il y a un an, trois mois ou aujourd'hui. Leur point commun ? Une foi inébranlable pour un projet de magazine qu'ils portent à bout de bras... Avec passion, quoi qu'il en coûte.

Stéphane Brasca a encore besoin d'air

Une petite façade défraîchie rue Duée, dans le XXe arrondissement de Paris, 40 m2 de surface, du matériel de récupération, un ordinateur offert parTélérama...C'est là que Stéphane Brasca, trente-deuxans, s'est installé en avril 2000 pour lancer son journalDe l'air.À 366 euros (2 400 francs) le loyer,De l'airoccupe le siège social le moins cher de la presse parisienne.« Je suis un cost killer »,dit cet ancien deDSdans un demi-sourire. Ils ne sont que trois à travailler dans ce local exigu où ils concoctent tous les deux mois un journal qui passe déjà pour une référence du photo-journalisme. Le 21 juin, une grande fête, célébrée à Malakoff pour le premier anniversaire du titre, a rassemblé tout ce que le métier compte de photographes de presse. Des professionnels qui collaborent pour la plupart aux principaux magazines parisiens sur des sujets plus légers et qui sont heureux de retourner à leurs premières amours, le reportage. CarDe l'airdonne à respirer en ouvrant une fenêtre sur le monde.« De nombreux photographes passent chez nous pour publier un reportage qu'ils n'arrivent pas à placer ailleurs »,explique Stéphane Brasca.

En quête de fonds

Le jeune créateur de presse n'oublie pas de remercier son distributeur, Rebruck, -« il a payé la fête »- et il sait ce qu'il doit à son imprimeur, Sipe. C'est avec lui qu'il jongle chaque mois pour honorer ses factures et garder la tête hors de l'eau malgré une activité qui ne lui permet pas encore de se rémunérer lui-même. Lancé avec 366500 euros (240 000 francs) et 200abonnés,De l'airserait sans doute mort de sa belle mort si ses artisans n'avaient accepté de faire passer leur passion avant leurs intérêts. Aujourd'hui, Stéphane Brasca vit de ses Assedic et cumule 22 900 euros (150 000 francs) de dettes. Il est à la merci de n'importe quel procès pour droit à l'image. Malgré d'évidents signes de faiblesse et une diffusion qui avoisine les 15000exemplaires (dont 800 abonnés) non homologués par l'OJD,De l'airgarde la foi. Fort de l'estime des professionnels et d'un haut degré d'exigence, il veut maintenant passer à la vitesse supérieure. Depuis peu, GS Régie (Le Monde 2) en assure la commercialisation. Et Stéphane Brasca est passé maître dans l'art de faire des échanges promotionnels avec d'autres supports de presse. Via le CCF, il cherche maintenant à lever 1,52 million d'euros (10 millions de francs) pour passer au rythme mensuel. Un grand saut pour ce vrai modeste qui se méfie de toute mégalomanie.« Je suis sûr qu'il y a un avenir pourDe l'air, conclut Stéphane Brasca,mais je ne sais pas si nous arriverons un jour à cet avenir... »

Dominique Cellura réalise son rêve

Ancien rédacteur en chef deVoiciet deVSD,Dominique Cellura, quarante-huit ans, a crééJonasen juin dernier avec l'appui de fonds d'investissements. Quand il s'est lancé, dans de spacieux locaux à Suresnes, il a pris la place encore chaude d'une start-up Internet qui venait de faire faillite. Un mauvais présage ? Qu'importe : en pleine effervescence autour des valeurs du Web, aucun financier ne voulait entendre parler de son projet de magazine papier consacré à l'environnement. Aujourd'hui, Dominique Cellura revendique 100000exemplaires pour son premier numéro et 25 pages de publicité. Certes, il n'a pas encore réuni tous les financements nécessaires pour assurer le développement, notamment promotionnel, deJonas.Certes, la route qui mène au retour sur investissement est encore longue et tortueuse. Mais le fondateur se dit« dopé »par les lettres et les messages électroniques qu'il reçoit de ses lecteurs. La justification de toute une vie où il a mûri ce projet avec passion.

Ouvrir son capital

Loin du marketing de presse qui a guidé une bonne partie de sa carrière chez Prisma Presse, Dominique Cellura a choisi de créer le magazine dont il a toujours rêvé... quitte à retrouver des recettes éprouvées, comme dans ce numéro 2 sur les primates à l'occasion de la sortie deLa Planète des Singes.Il cherche maintenant à faire entrer un groupe de presse dans son capital et n'exclut pas, à terme, de passer la main.« Ce qui m'intéresse,confesse-t-il,c'est de créer. Je ne suis pas sûr d'être fait pour vivre la routine de la gestion d'un magazine. »

La tribu de Jacques Guérin

Décembre 1999. Lorsque Jacques Guérin se présente devant Claude Perdriel pour lui soumettre un projet de magazine consacré aux familles recomposées, il a avec lui l'avantage d'être un ancien duMatin.Entre 1977 et 1983, il a en effet été journaliste et chef du service société de ce quotidien alors dirigé par l'actuel propriétaire duNouvel Observateur.Or, comme dit Jacques Guérin,«le Matinest une vraie famille : il a créé des liens qui survivent au-delà de l'expérience professionnelle ».C'est bien comme cela que l'entend aussi Claude Perdriel, qui se déclare tout de suite enthousiasmé par cette idée qui le touche personnellement. N'est-il pas un père divorcé, avec quatre enfants d'un premier mariage et deux autres d'un second ? Jacques Guérin, cinquante-quatre ans, est, lui, marié depuis toujours à la même femme, maisTribaest né de l'expérience des autres :« Je constatais que les couples séparés autour de moi n'avaient aucune source d'information en dehors des avocats. »

Investissement personnel

Reconverti dans la communication d'entreprise depuis quinze ans, Jacques Guérin revient donc au journalisme de société avec un magazine tiré à 300000exemplaires, vendu 3,05 euros (20 francs) à partir du 20 septembre. Dans l'aventure, Claude Perdriel a attendu le temps nécessaire - il a d'abord lancéLe Nouveau CinémaetLe Nouvel Obs Île de France-, mais il consacre désormais 1,83 million d'euros (12 millions de francs) àTribadont il espère une diffusion de 150 000 exemplaires. En reconnaissance de son investissement personnel dans ce projet, Jacques Guérin a obtenu 35 % du capital de ce « magazine de toutes les familles », qui n'a pas d'équivalent dans le monde.

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