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Vendeurs de contenus

14/09/2001

Derrière les mots croisés, les horoscopes et autres régimes minceur qui fleurissent dans les magazines, on trouve souvent les mêmes signatures ou agences. Plus économique, la syndication apparaît comme une voie d'avenir.

Régimes exclusifs, mots croisés spéciaux, horoscopes inédits... Autant de promesses qui cachent une seule réalité : dans la presse, ce sont souvent les mêmes qui signent ces contenus, en apparence non stratégiques ou accessoires, mais dont nul titre ne peut se passer. Premier exemple : Guy Hachette, alias Clément Renard, alias Nestor... Autant de signatures que tous les cruciverbistes connaissent. Derrière elles se cache un seul homme : Guy-Clément Cogné. À soixante et onze ans, le directeur des publications Jibéna a transformé sa petite entreprise du haut Poitou en empire du mot croisé, avec 33,7 millions d'euros (221 millions de francs) de chiffre d'affaires en 2000. En plus des soixante-seize magazines de jeux, soit quelque 800 000 exemplaires chaque mois, le président fondateur n'hésite pas à mettre la main à la pâte. Aujourd'hui, nombre de ses grilles sont commercialisées par le biais d'Intermonde-Prescott.

Le volume fait la rentabilité

Fondée en 1959 par Jacques Bloch-Morange, cette agence a bâti son réseau et sa réputation sur ses dessinateurs « maison » (Billon, Rosenberg, Dubouillon, etc.). Au milieu des années quatre-vingt, Intermonde Presse, devenue filiale de l'Agence France-Presse, enrichit son portefeuille de clients dans la presse quotidienne et hebdomadaire régionales. En plus des mots croisés, des bandes dessinées et des horoscopes de Jeanne-Élise Alazard, l'agence fournit clés en main des grilles de programmes TV et des articles magazines. Depuis 1996, Intermonde, qui a fusionné avec Prescott, est passée dans le giron d'Hachette Filipacchi Médias. Dans son portefeuille, une cinquantaine de quotidiens et hebdomadaires régionaux, sans compter des magazines commeCuisinerouTV hebdo. « C'est le volume qui fait la rentabilité»,admet Françoise Wilck, en charge de la commercialisation des jeux chez Intermonde-Prescott. «La plupart des collaborateurs de l'agence sont rémunérés en droits d'auteur. Les tarifs, la plupart du temps forfaitaires, varient selon la nature des contenus -de 76 euros (500 francs) à 1 524 euros (10 000 francs) pour une page complète, qu'il s'agisse de grilles TV, d'horoscopes ou de mots croisés- et l'ancienneté des relations avec les journaux »,poursuit-t-elle. Autre signature connue : Nadine Monguillot. Pendant vingt-cinq ans, deVogueàFrance dimanche,en passant parFrance Soir, Femme actuelleouPrima,cette diététicienne formée aux États-Unis fut l'une des grandes prêtresses du régime minceur. Aujourd'hui, elle ne mâche pas ses mots pour dénoncer les excès de la presse féminine.« Les magazines sont peuplés de filles imbéciles qui disent n'importe quoi pour faire vendre. La gélule d'ananas, le scandale des larves de vers solitaires, l'homéopathie mal pratiquée, les anorexigènes... On a tout eu dans ce domaine»,raconte Nadine Monguillot, qui ne collabore plus désormais qu'avec« une presse triée sur le volet ».ChezPrima, Marie Puzol, chef du service santé-cosmétologie, se défend :« Nous essayons de trouver toujours des régimes sur mesure qui correspondent à nos lectrices et qui soient très encadrés par des spécialistes. »Parmi ceux que sollicitent les magazines, figurent France Aubry et le fameux nutritionniste Fricker. Des pigistes pas comme les autres, puisqu'en échange de leur gracieuse collaboration, le journal n'oublie pas de citer leur dernier ouvrage paru... Autre nouveauté, des sociétés comme Weight Watchers sont de plus en plus appelées à fournir des régimes « sur mesure ».

Clés en main

Une chose est certaine : les contenus syndiqués sont économiques. Christophe Agnus, le directeur de publication et président de l'agence de contenus Transfert, confirme :« En achetant des contenus clés en main, les journaux s'épargnent beaucoup de soucis et n'ont pas à employer des cohortes de rédacteurs spécialisés. »Créée en 1999, cette agence, qui fait partie d'un ensemble comprenant un magazine, un site Internet et une structure de création d'événements, s'est spécialisée dans les nouvelles technologies et les enjeux de la révolution numérique. En plus des contenus spécifiques, négociés en exclusivité (comme des dossiers multimédia pourL'ExpressetLe Monde interactif), Transfert fournit des contenus syndiqués, essentiellement aux sites Internet (une douzaine dont Nomade, Libertysurf, lesechos.fr). La syndication ne représente que 15 % du chiffre d'affaires total de Transfert.net (1,3 million d'euros en 2000, soit 8,53 millions de francs), mais son président estime que« le potentiel existe »pour accroître cette partie de son activité.

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