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Pourquoi sont-ils si courtisés ?

19/10/2001

Les journalistes économiques et financiers n'ont pas seulement un rôle d'information, ils exercent aussi une influence réelle auprès de leurs lecteurs. Stratégies a sélectionné quelques uns d'entre eux.

Jean-Joël Gurviez - Éditeur de Capital et Management : Très influent auprès du grand public

Il ne dîne pas en ville, ne court pas les cocktails de presse et n'a pas la réputation de caresser les grands fauves de l'entreprise dans le sens du poil. Jean-Joël Gurviez est plus connu pour ses coups de gueule et son fort caractère que pour la délicatesse de son sens politique.« Je suis un peu ours »,concède-t-il. À quarante-sept ans, l'homme pilote depuis dix ans le magazineCapital,poids lourd incontesté de la presse économique, avec une diffusion de 383 518exemplaires en 2000 et une audience de 2,6 millions de lecteurs. Il l'a lui-même lancé aux côtés de Rémy Dessarts et d'Axel Ganz, PDG de Prisma Presse, en octobre 1991. Ce diplômé de l'École supérieure de commerce de Paris (ESCP), passé parL'ExpansionetLe Figaro,est aussi l'éditeur deManagement,diffusé à 93 572exemplaires en 2000.

Le patron deCapitalest difficile, exigeant : il est très chatouilleux sur l'emplacement et la luminosité des photos, exige de la passion chez ses collaborateurs, fustige l'amateurisme et le manque de courage« vis-à-vis des sources, du rédacteur en chef, de l'effort ».Tranchant avec une habitude courante dans la presse, il ne laisse jamais une entreprise régler le voyage d'un de ses journalistes et toutes les invitations à déjeuner doivent être rendues.« Lorsque vous êtes critique, vous vous devez d'être particulièrement fort et fiable »,affirme-t-il.

Marc Baudriller

Nicolas Beytout - Directeur de la rédaction des Échos : Très influent auprès des entreprises

Il se comporte comme si le journal était à lui »,persifle un journaliste desÉchosen parlant de son directeur de la rédaction, Nicolas Beytout. À quarante-cinqans, le neveu de Jacqueline Beytout, l'ancienne propriétaire du journal, ne se contente pas de piloter au jour le jour le contenu de l'un des quotidiens préférés des chefs d'entreprise : il l'incarne aussi auprès du grand public à travers ses nombreuses interventions médiatiques.

Le circuit démarre chaque matin à 7 h 20 sur Europe 1 et se termine tous les soirs sur LCI à 19 h 45. Vous pourrez aussi l'entendre sur TF1 ou lors de diverses manifestations liées à l'économie.« La représentation de la rédaction desÉchos,au sein du journal et à l'extérieur, fait partie de ma mission,explique-t-il.Mais 80 % de mon temps restent consacrés au quotidien lui-même. »

Présent depuis vingt ans dans le groupe où il a fait presque toute sa carrière, ce père de quatre enfants veille jalousement sur les cent cinquante journalistes de la rédaction économique la plus importante à Paris. Mais cet intime de bien des grands patrons s'emploie surtout actuellement à étendre la sphère d'intervention desÉchos.« L'information économique a débordé de ses frontières géographiques et sectorielles »,justifie-t-il.

M.B.

Gary Regenstreif - Directeur des rédactions France et Benelux de Reuters : Très influent auprès des marchés financiers

Concilier rigueur et rapidité, c'est le défi quotidien que doit relever Gary Regenstreif, directeur des rédactions France et Benelux de Reuters. Depuis son bureau du deuxième arrondissement parisien, ce Canadien supervise une rédaction d'une centaine de journalistes francophones et anglophones, qui alimente les abonnés de l'agence en informations économiques et financières, photos, images télévisées et infographies.« Nous diffusons une moyenne de deux cent cinquante dépêches en français chaque jour »,indique Gary Regenstreif. Un rythme effréné qu'impose la concurrence.« Dans le secteur financier, connaître une décision de baisse des taux, ne serait-ce que trente secondes avant tout le monde, représente un avantage absolument énorme. »

Mais il n'est pas question, pour autant, de faire circuler la moindre information inexacte. Reuters fait donc appel, afin d'éviter tout dérapage, à des journalistes expérimentés, qui sont habitués à travailler par téléphone, à écumer les conférences de presse et à rencontrer chefs d'entreprises, ministres, etc. À quarante ans, Gary Regenstreif cumule lui-même pas moins de quatorze années au sein de l'agence, d'abord au Canada, en Amérique latine et à Rome, puis à Paris.

Catherine Gaudenz

John Rossant - Rédacteur en chef Europe de Business Week : Très influent auprès des managers européens

La« bible des affaires ».C'est ainsi qu'on surnomme le journalBusiness Weekdepuis sa naissance, quelques semaines avant le krach de 1929. Aujourd'hui, présent dans le monde entier et diffusé à 100 000exemplaires en Europe, l'hebdomadaire américain s'efforce de rester à la hauteur de sa réputation. Il allie pour cela information et réflexion.« Notre périodicité nous empêche de nous distinguer souvent par des scoops,explique John Rossant, rédacteur en chef Europe deBusiness Week.C'est plutôt l'analyse qui fait notre force. »L'analyse et la mise en perspective dans un contexte mondial.Business Weekpossède un réseau de six bureaux sur le continent européen. Le plus important, implanté à Paris, compte cinq journalistes, dont John Rossant.

Âgé de quarante-six ans, il a fait ses débuts en freelance, au Caire, à la fin des années 70. Embauché parBusiness Weekà New York, il est d'abord envoyé à Paris avant de passer dix ans à Rome. De retour dans la capitale française en 1999, en tant que rédacteur en chef Europe du magazine, il se montre soucieux de développer l'information régionale.« L'Europe a beaucoup changé durant ces dernières années,observe-t-il.Bon nombre d'entreprises y ont acquis une dimension mondiale. »

C.G .

Gilles Le Gendre - Président du directoire du groupe Expansion : Très influent auprès des cadres

Gilles Le Gendre a du pain sur la planche. L'actuel président du directoire du groupe Expansion sera nommé, le 1er janvier 2002, directeur général et membre du directoire du nouveau groupe L'Express-L'Expansion, au sein de Vivendi Universal Publishing. Auprès de Denis Jeambar, il veillera sur les destinées de l'ensemble des publications. Mais l'ancien directeur de la rédaction deChallengesgardera un oeil attentif surL'Expansion :quelques mois après la sortie d'une nouvelle formule conçue par l'ancienne équipe, Gilles Le Gendre a remis l'ouvrage sur le métier et décidé d'adopter un rythme mensuel début 2002. Une vraie gageure.

Pour réussir, ce patron de presse de quarante-deuxans, fonceur, charismatique et enthousiaste, aura besoin de tout son entregent et du volumineux carnet d'adresses qu'il s'est constitué au fil de sa carrière. AuNouvel Économiste,d'abord, où le rédacteur au service Économie générale, chargé de la conjoncture, du commerce extérieur et des finances publiques fréquentait, par exemple, un certain Jean-Marie Messier, jeune conseiller chargé des privatisations pour le compte d'Édouard Balladur. ÀChallenges,ensuite, où il a porté la diffusion du journal à 263 644exemplaires en 2000, soit une augmentation de 29 % en cinq ans de direction de la rédaction. À la régie, on se souvient qu'il n'acceptait de déjeuner avec certains annonceurs que si le patron de l'entreprise se déplaçait pour lui.

M.B.

Philippe Reclus - Rédacteur en chef du Figaro économie : Très influent auprès des patrons

Tous les grands enjeux actuels émergent de l'économie, beaucoup de débats trouvent là leur source. On y entre de plain-pied lorsqu'on dirige la partie économique d'un grand quotidien. »Philippe Reclus, quaranteans, occupe depuis le mois de mai 2000 la rédaction en chef duFigaro économiequotidien. Son rôle est d'apporter, sur huit à seize pages, un regard rapide concernant l'actualité, des papiers d'analyse... et soutenir la comparaison avec la concurrence, grâce à une rédaction comptant cinquante-cinq journalistes, trois fois inférieure à celle desÉchos,par exemple. Surtout, il doit tenir compte de la spécificité de son titre : les pages saumon duFigarone sont pas, a priori, achetées pour elles-mêmes, mais forment le supplément économique et financier d'un quotidien généraliste.« Le choix et la hiérarchisation des sujets doivent correspondre au grand public comme aux professionnels, aux salariés, aux syndicats ou aux patrons d'entreprise »,explique Philippe Reclus.

Ce littéraire d'origine, diplômé en histoire contemporaine, en sciences politiques et en droit, a fait presque toute sa carrière àLa Tribune.Entré àLa Cote Desfossésen 1988, il a connu les transformations successives du titre devenuLa Tribune Desfossés,puisLa Tribunedont il était directeur adjoint de la rédaction, avant de rejoindre la rue du Louvre. Philippe Reclus vend chaque jour 348 622exemplaires duFigaro économie(DFP 2000), contre 89 420 pourLa Tribune.

M.B.

Philippe Frémeaux - Directeur d'Alternatives économiques: Très influent auprès des enseignants

Philippe Frémeaux se définit d'abord comme un journaliste. À la différence de Denis Clerc, l'universitaire fondateur du magazine, le directeur d'Alternatives économiquesn'est pas un enseignant, même s'il a donné quelques cours à Sciences Po. Entré en 1988 dans l'entreprise, cet ancien directeur d'études du Bureau international des prévisions économiques (Bipe), spécialiste du marché des automatismes, a ensuite pris la relève de son ancien patron en mettant en avant un titre dont la diffusion payée flirte avec les 100 000exemplaires, pour 780 000lecteurs.

L'homme n'a pas le goût de la médiatisation : il laisse l'économiste et collaborateur d'Alternatives économiquesJacques Généreux animer seul une émission hebdomadaire sur France Culture dont le mensuel est partenaire. L'influence du titre, très forte dans le monde enseignant, est sensible dans les milieux syndicaux, la fonction publique et auprès des élus locaux. Sans oublier quelques cadres supérieurs du secteur privé, exigeants en matière d'analyses économiques. Alternatives économiques conserve un souci constant de pédagogie et, dixit Philippe Frémeaux,« une éthique de la réflexion plutôt que de la dénonciation ».Quitte à critiquer la taxe Tobin en étant membre d'Attac.« Nous contribuons à élever la réflexion économique de la gauche française, commeLa TribuneouLes Échosconcourent à rendre la droite économique moins stupide »,estime-t-il.

Amaury de Rochegonde

Philippe Mudry - Directeur de la rédaction de La Tribune : Très influent auprès des gérants de portefeuille

Certains titres sont en devenir et d'autres en déclin. »Philippe Mudry place bien évidemmentLa Tribune,dont il dirige la rédaction depuis mars 1997, dans la première catégorie.« Je suis fier de l'évolution de ce journal, parvenu à s'installer sur le marché difficile des quotidiens »,insiste-t-il. Ce diplômé d'HEC, resté pendant sept ans à l'AFP avant de prendre la rédaction en chef duFigaro économiequotidien, se veut d'abord un homme d'actualité.« C'est cela qui me fait marcher »,dit-il.

Beaucoup moins médiatique que son homologue et concurrent desÉchos,Nicolas Beytout, Philippe Mudry se concentre sur le fonctionnement du journal.« Je consacre 80 % de mon temps à la gestion humaine,précise-t-il.Les journalistes ont besoin de conseils, de soutien : j'adore cela. »Une volonté pas toujours payée de retour : la rédaction lui reproche ses fréquents coups de sang et sa proximité avec l'actionnaire deLa Tribune,LVMH. Le 10 octobre 2001, la Société des journalistes stigmatisait dans un communiqué les« conflits récurrents »l'opposant à Philippe Mudry à propos du traitement journalistique du groupe de Bernard Arnault. En attendant, le patron de la rédaction avance un bon bilan de santé : entre 1995 et 2000, la diffusion France payée deLa Tribunea bondi de 28 %. Pour lui, le challenger desÉchosa tout pour devenir« un grand journal de demain ».

M.B.

Robert Monteux - Directeur du Revenu français : Très influent auprès des petits porteurs

Tous les vendredis matins, Robert Monteux répond par téléphone aux questions des lecteurs.« Est-ce que vous croyez à cette valeur ? » « Quel recours a-t-on contre son banquier ? »Au total, une cinquantaine d'appels pour le patron duRevenu français,connu du grand public depuis sa présence, entre 1987 et 1993, dansLa Grande Famillesur Canal +. Ce n'est pas, néanmoins, l'ancienne figure médiatique qui intéresse les petits porteurs abonnés auRevenu français,mais le conseiller avisé qui affirme faire« mieux qu'à Canal »en termes de performances boursières depuis sept ans.

En mai 1981, dix jours avant l'élection de François Mitterrand, Robert Monteux s'était fait connaître pour avoir titré« Vendez sans attendre ».Il était propriétaire duRevenu françaisdepuis six ans. Il attendra six autres années avant de refaire une couverture« Achetez sans attendre ».À chaque fois, les marchés boursiers lui ont donné raison.« Aujourd'hui,explique-t-il,c'est un peu achetez et vendez suivant les secteurs. »À raison de cinquante réunions par an, qui permettent de rencontrer quelque vingt mille personnes,Le Revenu françaisest aujourd'hui un groupe multimédia de cent trente salariés très en prise avec ses lecteurs. Depuis 1994, le titre est devenu hebdomadaire pour se dédier à 100 % à la Bourse et au capital-investissement, tandis que le mensuel suit les placements à plus long terme (immobilier, assurance-vie, etc.).« L'influence personnelle ne m'intéresse pas,explique-t-il.Ce que je veux, c'est un journal influent. »

A. de R.

Vincent Beaufils - Directeur de la rédaction de Challenges : Très influent auprès des bobos

Les « bobos », Vincent Beaufils ne veut pas en entendre parler.« Lorsqu'on a un million de lecteurs, il n'y a pas de lecteur type,assure le directeur de la rédaction deChallenges. Notre public est simplement composé de cadres d'entreprises qui cherchent une plus-value dans la couverture de l'actualité économique. »Toutefois les aficionados deChallengessont riches, plutôt jeunes et diplômés. Ils font l'objet de tous les soins de Vincent Beaufils, chargé par le propriétaire, Claude Perdriel, d'accélérer la cadence de parution deChallenges,désormais bimensuel.

À quarante-huitans, Vincent Beaufils connaît la presse magazine économique sur le bout des doigts.« C'est un homme d'écriture qui sait rewriter et mettre en scène »,estime un journaliste qui a travaillé pour lui. Tout en finesse, rondeur et précautions, ce diplômé d'HEC a commencé sa carrière à50 millions de consommateurs,avant de devenir rédacteur en chef des Forums deL'Expansion. Il enchaîne ensuite les postes à responsabilité àLa Vie française, L'Express, Le Nouvel Économiste, Le Nouvel ObservateuretManagement,avant de rejoindreChallengesau début de l'année.

Vincent Beaufils ne se voit pas comme un homme de pouvoir.« Nous ne sommes pas là pour influencer,affirme-t-il,mais faire comprendre et raconter. »Il a le sentiment d'apporter parfois sa« petite pierre »,comme lors de la volte-face du Medef sur la question de la transparence des salaires patronaux.« Un sujet que j'ai toujours beaucoup poussé dans les titres où je suis passé. »

M.B.

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