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Des hommes d'influence

23/11/2001

Patrons d'agence de publicité ou d'enseigne spécialisée, fondateurs de journaux ou de sites... Stratégies vous propose une galerie de portraits des principaux acteurs de la communication à Lyon.

Le marché de la communication, à Lyon, ne se limite pas à l'activité de quelques poids lourds commeLe Progrès, Infogrames ou Jump France. Il vit surtout à travers une pléiade de médias et d'agences moins connus, qui s'appuient sur un tissu économique local très riche. En prouvant que Lyon, deuxième agglomération française, pouvait servir de tête de pont à un développement national ou international, des précurseurs, comme Michel Hébert, fondateur de Jump, ou Bruno Bonnell, PDG d'Infogrames, ont suscité des vocations.Stratégiespropose ici une sélection de personnalités qui animent le paysage médiatique lyonnais, chacune dans sa catégorie : les notables, les nouveaux hérauts et les francs-tireurs.

Les notables

Bruno Bonnell (Infogrames)

Le médiatique patron d'Infogrames garde un optimisme à toute épreuve. Malgré les difficultés actuelles, Bruno Bonnell, 43 ans, aime à rappeler que sa société, créée il y a dix-huit ans, n'est pas une start-up et qu'elle sera milliardaire en euros« l'année prochaine »avec un retour aux bénéfices. En dépit des clignotants au rouge et de l'avis des analystes.

Le rachat, en 1999, des groupes américains GT Interactive Software et Hasbro Interactive a en effet plombé les comptes du groupe, passé d'un résultat positif de 20,3 millions d'euros (133 MF) en 1999 à des pertes nettes de 27,1 millions d'euros (178 MF) en 2000. Infogrames s'est donc résolu, en juin 2001, à supprimer 400 emplois (20 % de ses effectifs). Autant dire que le nouveau siège social lyonnais, sur les bords de Saône, attendra des jours meilleurs pour son inauguration festive, prévue l'été dernier. De là à penser, comme certains, qu'Infogrames, contraint et forcé, va rallier un grand fabricant de consoles... Rumeur que Bruno Bonnell dément catégoriquement, estimant au contraire que sa position de numéro deux mondial des jeux garantit son indépendance auprès de l'ensemble des fabricants.

Jean-Michel Daclin (DDB-Nouveau Monde)

Déjà copatron de l'agence DDB-Nouveau Monde, Jean-Michel Daclin, 54 ans, a coiffé la casquette d'adjoint au Rayonnement international et au Tourisme de la ville de Lyon. Devenu l'un des hommes les plus en vue du microcosme lyonnais, il ne semble pas avoir pris la grosse tête. Sans doute s'applique-t-il à lui-même ce qu'il dit de Lyon :« Pour être crédible, il vaut mieux éviter de dire qu'on sait tout faire. »

Entre deux voyages à New York et Shanghai, il fourmille de projets pour renforcer les atouts de la ville, inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco, en matière de danse, d'éclairage, de sciences de la vie, de gastronomie, etc. En revanche, il refuse d'intervenir dans la communication de la ville (« Il ne faut pas tout mélanger. ») Chez Nouveau Monde, repris par DDB en 1999, il continue d'impulser les grands projets et gère directement quelques gros budgets.« DDB a une culture de décentralisation qui favorise le dynamisme »,conclut-il.

Michel Nozière (LeProgrès)

Été 2001. Tout juste un an après son arrivée à la présidence du Progrès, Michel Nozière ne cache pas sa satisfaction en annonçant une diffusion en hausse de 1,5 %, à 262 986 exemplaires. Une progression particulièrement marquée dans le Rhône (+ 3,4 %). 2001 semblant confirmer cette inversion de tendance, le nouveau PDG peut savourer ce redressement et en revendiquer la paternité, grâce à une politique éditoriale forte, marquée par des enquêtes et un traitement plus complet de l'actualité. Un signe : la dernière page est désormais consacrée à un événement, après avoir été longtemps réservée aux programmes TV.

Michel Nozière, 52 ans, ingénieur informaticien et docteur en gestion, a une longue expérience de dirigeant de quotidien (Nord Éclair,L'Union,Les Dernières Nouvelles d'Alsace,Ouest France). Mais le plus délicat est à venir, avec le changement de maquette du journal et la modernisation des centres d'impression. L'opération, estimée à 150 millions d'euros (1 milliard de francs), dépend de la réussite d'un plan de cessation d'activité anticipée concernant 250 personnes d'ici à 2004.

Jean-Michel Aulas (Cegid/OL)

Dans les années quatre-vingt, Jean-Michel Aulas, 52ans, s'était fait remarquer par le brillant parcours de sa société, la SSII Cegid. Dans les années quatre-vingt-dix, c'est avec la présidence de l'Olympique lyonnais (OL) qu'il a occupé le devant de la scène locale. Et, à chaque élection, on lui prête des ambitions municipales. En quelques années, Jean-Michel Aulas a en effet doté l'OL d'un des tout premiers budgets du football français, 82,3 millions d'euros (540 MF), fait venir Pathé pour 15 millions d'euros (100 MF) dans le capital du club, créé sa télévision (OL-TV) sur TLM et mené une politique active de marketing et de produits dérivés. Plus récemment, l'homme est parti en guerre afin que les clubs riches, l'OL en tête, récupèrent la propriété des droits TV au détriment de la Ligue nationale de football.« L'OL est aujourd'hui la première entreprise de spectacles à Lyon », souligne-t-il. Mieux, le club est sur le point de devenir, pour peu qu'il réussisse cette année un bon parcours européen, le meilleur vecteur de promotion de la ville.

Michel Hébert (Jump France)

Il a ouvert le bal des patrons d'agence prêts à s'impliquer « officiellement » dans leur ville. Michel Hébert, 54 ans, patron fondateur de Jump France (groupe TBWA), a postulé à la présidence de l'Office de tourisme de Lyon/Communauté avant que ses homologues d'Euro RSCG Ensemble et de DDB-Nouveau Monde n'arrivent à la ville de Lyon.

S'il a échoué, l'homme a pu se consoler à Paris avec la reconnaissance nationale à laquelle il aspirait. Son agence, qui a repris Bossa Nova et créé une deuxième structure à Paris, a trouvé chez TBWA un statut de pôle à part entière. Avec de grandes ambitions de développement. Un défi auquel entend bien répondre celui qui a créé Illogic pour fidéliser le consommateur, défini le « consomexpert » pour cibler le consommateur zappeur et rebelle, et inventé « l'ancienne nouvelle économie » pour s'amuser de l'omnipotence des médias interactifs.

Les nouveaux hérauts

Thierry Ehrmann (Groupe Serveur)

Cela devait arriver. Thierry Ehrmann a craqué : il lance « son » magazine. À 39ans, ce pionnier des médias digitaux, dans la télématique en 1983, puis Internet en 1989, reste avant tout un fanatique de la presse. D'où le lancement, au début du mois, d'Alors, un mensuel culturel consacré au« journalisme d'auteur, déconnecté de l'actualité et privilégiant le grand reportage ». Il aurait investi près de 460 000 euros (3 MF) dans ce projet ambitieux qu'il s'accorde comme« une dérogation exceptionnelle »dans ses affaires. Autrement dit, la rentabilité n'est pas le moteur de l'opération, affirme le jeune PDG d'artprice.com et du Groupe Serveur, soit 300 personnes et une quinzaine de sociétés.

Alorsest le dernier-né atypique d'un pôle médias que Thierry Ehrmann constitue depuis deux ans avec la reprise successive du magazineNews Bourse, de l'agence de presse photo Editing Server et de l'agence de presse économique Regional Press Agency : 400 abonnés et 300 000 euros (2 MF) de chiffre d'affaires. Toujours à l'affût, le patron du Groupe Serveur a manifesté son intérêt pour l'hebdomadaire économiqueBref Rhône-Alpeset étudie le dossier duJournal des arts, en redressement judiciaire.

Philippe Brunet-Lecomte (Lyon mag)

Nous avons des convictions sans coloration politique. Nous voulons provoquer le débat en dehors des discours de connivence. »Plus que tout autre, Philippe Brunet- Lecomte, fondateur deLyon maget d'Objectifs Rhône-Alpes, mesure la difficulté de faire du journalisme indépendant en région. Résultat : une trentaine de procès, dont un seul perdu. Les lecteurs, eux, semblent y trouver leur compte : la DFP deLyon magétait de 21 164 exemplaires fin 2000, etObjectifs Rhône-Alpesfrôle les 10 000 exemplaires. Pour renforcer son développement, Philippe Brunet-Lecomte, 47ans, envisage une entrée en Bourse dans les mois qui viennent. Objectif : lever 1 million d'euros (6,5 MF) pour étoffer la rédaction et accroître la promotion. Le résultat net actuel (52 000 euros, soit 341 000 francs), pour un chiffre d'affaires de 2,7 millions d'euros (17,6 MF) au 31 juillet 2001, n'est pas suffisant pour assurer la pérennité de l'entreprise.« L'idéal serait un bénéfice d'environ 152 000 euros (1 MF) », estime le bouillant patron deLyon mag, qui mise sur un chiffre d'affaires de 4,1 millions d'euros (27 MF) en 2003.

Jean-Olivier Arfeuillère (Lyon capitale)

Nous avons mis le temps, mais nous avons trouvé notre équilibre financier et rédactionnel. »à 39ans, Jean-Olivier Arfeuillère, le fondateur deLyon capitale, qui a rejoint depuis le giron du groupe Progrès, peut se réjouir : 2001 devrait confirmer les bénéfices dégagés (90 000 euros, soit près de 600 000 francs) par l'hebdomadaire en 2000. À moins que le dernier trimestre, marqué par un net recul des recettes publicitaires, ne compromette cet équilibre. Pour rétablir la situation, Jean-Olivier Arfeuillère mise sur des supports complémentaires, comme son premier supplément « Économie », publié ce mois-ci, avec un chiffre d'affaires publicitaire de 45 000 euros (soit 300 000 francs), ainsi que sur une série de quatre nouveaux guides thématiques et la énième réédition des grands succès dont leLyon libertin.

Rémy Thannberger (Europe Finance et Industrie)

Dans la famille Thannberger, le fils Rémy, 36 ans, a rejoint définitivement son père, Louis, à la tête d'Europe Finance et Industrie (EFI), numéro un français de l'introduction en Bourse. Avocat d'affaires à Lyon jusqu'en 1998, il est aujourd'hui le président du directoire de la société, solidement implantée sur les Champs-Élysées, qui s'apprête à faire un retour tonitruant à Lyon en lançant Eurocl@ss, un projet de Bourse électronique. Impensable il y a peu, mais accélérée par la déconfiture du Nouveau Marché, cette Bourse européenne créée hors de Paris vise un potentiel de 90 000 PME.« Eurocl@ss est un atout fondamental pour la notoriété de Lyon », note Rémy Thannberger. Elle permettrait à la ville d'acquérir une dimension européenne et une image dont elle rêve depuis une décennie. Une quarantaine de sociétés pourraient être introduites la première année.

Carole Dufour (Idées en tête)

Après avoir été journaliste, puis directrice de la communication de Lyon, Carole Dufour, 50ans, a fondé Idées en tête, une agence de communication événementielle spécialisée dans les enseignes commerciales, les marques de luxe, l'hôtellerie-restauration et le tourisme.« J'adore créer des événements »,déclare-t-elle entre deux bouffées de cigare, en évoquant le concert de Jean-Michel Jarre pour la venue du Pape ou le centre de presse lors du procès Barbie. Plus récemment, elle a lancé les Trophées du Web Tourisme à Val-d'Isère et invité, pour rajeunir l'image de l'orfèvre Christofle (arts de la table), sept jeunes femmes aux noms connus de la région lyonnaise (Boiron, Manoukian, Panzani, Collomb, etc.) à organiser un repas dans un lieu branché de Lyon. Décidée à élargir son champ d'action, elle a aussi ouvert un bureau à Paris grâce à une augmentation de capital souscrite par Générale Location, société leader dans la logistique de l'événementiel.

Les francs-tireurs

Jean-François Bourrec (Brain Storming)

C'est l'agence qui monte à Lyon. Créée en 1987, Brain Storming a connu un développement considérable ces trois dernières années, en passant de sept à trente salariés pour atteindre une marge brute de 2,1 millions d'euros (14 MF) en 2000. Un signe : elle a remporté 63 consultations sur les 83 auxquelles elle a participé.« Nous avons valorisé une logique d'agence intégrée avec toutes les ressources »,explique son fondateur, Jean-François Bourrec, 40ans. Une stratégie qui repose sur un regroupement cohérent de la communication publicitaire, des RP et du multimédia, le tout géré par des « chefs de marque ».

C'est ce qui a permis à Brain Storming de remporter la communication du centre commercial de la Part-Dieu, succédant ainsi à deux agences de réseaux. Avec une création débridée, un budget de 3,7 millions d'euros (24 MF) sur trois ans et une campagne d'affichage qui est sans doute la plus importante cette année pour un compte lyonnais, Brain Storming a fait l'unanimité au sein du GIE, qui compte pourtant des enseignes rompues au marketing de pointe (Carrefour, Fnac, Décathlon, etc.).

Nicolas Winkler, Marc Engelhard et Fabrice Mirabel (lyonpeople.com)

Lyonpeople.com est l'une des rares start-up, lancée début 2000, à parier sur son développement. Un signe : deux de ses fondateurs, Marc Engelhard et Fabrice Mirabel, viennent de quitter leur emploi pour devenir salariés de leur entreprise, et le troisième, Nicolas Winkler, devrait en faire autant en 2002.« Il fallait installer le concept pour être sûrs d'en vivre »,expliquent-ils. Chacun a sa spécialité - rédaction, commercial, technique-, mais tous trois, avec une dizaine de pigistes, continuent de hanter les manifestations et endroits chics pour alimenter le site. Des infos et des potins très consultés si l'on en croit l'audience : 40 000 visiteurs et 160 000 pages vues par mois, essentiellement des jeunes actifs qui s'amusent de cette « cour de récré des décideurs ».

Le site jouissant d'une forte notoriété dans le microcosme lyonnais, les trois compères, tous âgés de 32 à 34ans, ont décidé de le rentabiliser sur papier glacé. Depuis le printemps 2001,lyonpeople.comest devenu un mensuel diffusé à 25 000 exemplaires dans plus de 500 lieux publics. Décidé à attirer les annonceurs, le trio a rejoint l'OJD et espère faire passer le chiffre d'affaires publicitaire de 110 000 euros (700 000 francs) en 2001 à 270 000 euros (1,8 MF) l'an prochain. En attendant, pas question de faire des folies : lyonpeople.com a été lancé grâce à leurs économies et le soutien de Jean-Marc Requien, PDG d'Euro RSCG Ensemble.« Notre chance, c'est de ne pas avoir levé de fonds,reconnaissent-ils.Sinon, nous aurions tout dépensé. »

Jean-Christophe Beau (Cospirit)

ÀLyon, où sa femme, consultante, a été mutée, Jean-Christophe Beau a trouvé« une qualité de vie et les conditions idéales pour devenir entrepreneur ». En 1996, à 30 ans, il fonde @Media Track, société spécialisée dans les études, la veille marketing automobile et le conseil en publicité sur Internet. Un créneau très pointu qu'il avait eu le loisir d'explorer, d'abord comme planneur stratégique au marketing Europe de Peugeot, puis comme créateur du premier site Internet du constructeur. Trois ans plus tard, @Media Track enregistre 610 000 euros (4 MF) de chiffre d'affaires et compte quinze salariés.

C'est alors que Jean-Christophe Beau décide de fusionner sa société avec l'agence de Florian Grill, ancien président, comme lui, du bureau des élèves d'HEC. En pleine euphorie Internet, leur nouvelle société, Cospirit, ambitionne de« bâtir un groupe en hors-médias et médias digitaux en agrégeant nos compétences en conseil et contrôle marketing ». Vice-président, Jean-Christophe Beau est particulièrement chargé de développer le marketing de propagation, une discipline qu'il enseigne à HEC et à l'École de management de Lyon. Aujourd'hui, Cospirit a dû s'adapter à la conjoncture, en réduisant son personnel de 140 à 100 membres.« On a surestimé le moteur Internet, mais le Net s'installe durablement »,estime-t-il. Un optimisme qui reste à confirmer.

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