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Multimédia

La gratuité, nouveau tabou

18/12/2001

Faute de financement, les acteurs du Web sont condamnés à trouver de nouveaux modèles économiques payants... Le mythe du « tout-gratuit » a vécu. Mais l'adoption par les internautes d'un modèle payant prendra du temps.

Les acteurs du Web (portails et médias) ont cru qu'Internet serait rapidement une manne et ont pour la plupart fondé leur modèle économique sur la publicité en ligne. Ils ont ainsi entretenu le mythe du « tout-gratuit » cher aux pionniers du Web, privilégiant l'idée à la viabilité économique. L'illusion a duré tant que les actionnaires ont accepté de payer. Car l'e-pub n'a pas tenu ses promesses : le milliard de francs généré sur le Web français ne peut financer les deux mille sites qui commercialisent leur espace. Quant au commerce en ligne, il ne décolle pas. Depuis l'e-krach de mars 2000, qui n'en finit pas de faire des dégâts, la Net économie a dû réviser ses classiques. La seule question qui vaille aujourd'hui est: « comment gagner de l'argent, comment rentabiliser son activité ? » Les dotcoms misent désormais sur les internautes en qui elles voient un client potentiel. Tous les acteurs réfléchissent à la mise en place de services payants.« Nous essayons de gagner de l'argent avec les services haut de gamme,déclare Gregory Coleman, vice-président des opérations pour l'Amérique du Nord de Yahoo.Notre plan sur trois ans prévoit que 50 % de nos revenus proviendront de ces services. L'ère du tout-gratuit pour tout le monde est terminée et cela ne va pas se faire sans douleur. »

Les annuaires, Wanadoo/Voilà, Nomade, Lycos et Yahoo proposent depuis peu aux sites un référencement prioritaire moyennant finance. Lycos prévoit également l'envoi de SMS musicaux payants et le téléchargement payant de logos et sonneries. Les quotidiens en ligne, comme ceux duMondeet deLibération, planchent aussi sur des versions payantes de leur site à l'instar du wsj.com, desÉchoset deOuest-France. À terme, le contenu du quotidien ne devrait plus être en accès libre sur liberation.fr, qui continuerait de fournir de l'actualité gratuite en continu. Lefigaro.fr propose une formule d'abonnement comprenant un accès aux archives (possibilité de paiement à l'acte, de 1 à 3 euros suivant le nombre d'articles commandés), au Who's Who et à une base de données des bilans de sociétés françaises et internationales. Le portail vizzavi.fr, parti sur un modèle gratuit, tente de trouver de nouvelles ressources en se lançant dans la fourniture d'accès à Internet et en déployant des contenus (infos, musique, sport) accessibles par SMS.

Les sites des chaînes de télévision cherchent aussi un moyen de « faire de l'argent ». M6Web propose depuis septembre le suivi en direct via SMS de certains matchs de foot (1,35 euro la connexion +0,34euro la minute) et du soutien scolaire avec exam.fr. TF1 a relayé son émissionStar Academysur Internet et fait payer l'accès au live où l'on peut suivre les candidats 24 heures sur 24. La chaîne a également le projet de faire acheter des « points » aux enfants qui surfent sur Tfou.

Approche basique

« On revient à une approche basique : un franc dépensé égale un franc gagné,explique Marta Thongsavarn, directrice marketing d'education.com.Mais on sait qu'il faudra du temps pour installer un modèle payant et faire adopter de nouveaux types de consommation. »Staracademy.fr a ainsi dû réviser à la baisse le tarif de son accès live et le passer de 0,56euro les dix minutes à 0,56euro les trente minutes. Preuve que l'émission ne suscite pas l'enthousiasme ou que le public visé n'est pas prêt à dépenser autant. Education.com, qui a d'emblée opté pour un modèle payant (de l'abonnement à du tutorat en ligne et des classes virtuelles) s'est, lui, donné un an de plus (fin 2003) pour atteindre le seuil de rentabilité. Quant à Bayardweb, également parti sur un modèle d'abonnement, il s'est fixé, prudemment, cinq ans pour réussir.« Le mot gratuit est désormais tabou dans les entreprises Internet,conclut Marta Thongsavarn,mais pas chez les internautes : il était en 2000 le cinquième mot le plus tapé sur les moteurs de recherche, derrière sexe, MP3, photos et jeux. »

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