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De plus en plus techno

11/01/2002

Avec l'avènement du numérique, l'industrie graphique a connu ces dernières années une véritable révolution. Le secteur et les méthodes de travail en ont été profondément bouleversés.

Nouveaux matériels, nouvelles méthodes de travail, prépondérance de l'informatique... En quelques années, la chaîne graphique, dont tous les acteurs se réunissent chaque année au salon Intergraphic (lire l'encadré), a connu une véritable révolution. Historiquement, l'industrie graphique était composée d'une multitude d'acteurs (graphistes, maquettistes, photograveurs, imprimeurs, etc.) travaillant indépendamment. Ce temps est désormais révolu.« Toutes les professions de la chaîne graphique sont devenues interdépendantes,analyse Philippe Queinec, secrétaire général du Syndicat national des industries de la communication graphique et de l'imprimerie françaises (Sicogif).Par le passé, le maquettiste, lorsqu'il avait fini son travail, transmettait le dossier au suivant sur la chaîne, sans réellement se soucier de la suite des opérations. Avec le numérique, ce n'est plus possible, car l'imprimeur, à la fin de la chaîne, est devenu dépendant de la qualité du fichier source. »

Les trois étapes principales de la chaîne graphique -le donneur d'ordre, qui travaille avec une agence de création, le prépresse, qui correspond à l'intégration du texte et de l'image et qui prépare à l'impression, et l'impression proprement dite- sont ainsi remises en cause. Avec le numérique, les rapports entre les différents acteurs se sont brouillés, les spécialités se réunissent et se mélangent.« C'est une vraie tendance,estime Pascale Ginguené, consultante en technologie numérique.Les trois étapes de la chaîne tendent à se réduire à deux. Avec les nouveaux logiciels et matériels, de plus en plus d'agences de création incluent les fonctionnalités prépresse. Et, à l'inverse, les spécialistes prépresse intègrent une agence de création. »Les imprimeurs ne sont pas en reste :« Ils incorporent de plus en plus des studios PAO[publication assistée par ordinateur]»,affirme Philippe Queinec.

Grand chambardement

Une première révolution avait, certes, déjà eu lieu dans les années quatre-vingt avec l'arrivée de la PAO, mais l'émergence du numérique, à partir de 1995, a tout changé.« L'arrivée des nouvelles technologies est à l'origine d'un immense chambardement »,confirme Philippe Queinec. Un changement macroéconomique tout d'abord, puisque certains acteurs du secteur ont dû faire d'énormes efforts pour s'adapter à l'ère numérique et que de nouvelles entreprises spécialisées ont pris pied dans ce marché très juteux, en tentant d'imposer de nouveaux standards technologiques aux prestataires historiques. Ces derniers ont alors organisé la résistance : alliances stratégiques, dépôt de nouveaux brevets, etc.« Certains fournisseurs ont vraiment eu du mal à s'adapter, »précise Philippe Queinec, en évoquant l'arrivée de start-up et la résistance organisée des poids lourds du secteur.« On compte quelques faillites, comme celle de la SCIA, un imprimeur rotativiste, des fusions ou des rachats. Ainsi, l'imprimerie Maury a racheté Roto Normandie Impressions. Globalement, tous les constructeurs ont dû s'adapter. Ceux qui faisaient du copieur bureautique, comme Canon ou Xerox, se sont mis au haut volume et vendent désormais du matériel aux imprimeurs. Et quelques nouveaux acteurs, assimilables à des start-up, ont fait évoluer la technologie. »

Des métiers voués à disparaître

Cette inévitable évolution ne concerne pas seulement les constructeurs. Les utilisateurs de ces produits ont dû, eux aussi, adopter une démarche identique.« La chaîne graphique s'est grandement dématérialisée,explique Pascale Ginguené.En effet, il n'y a plus beaucoup d'échanges que l'on pourrait qualifier de palpables, mais il se pratique presque exclusivement des échanges de fichiers informatiques. Cela permet de gagner du temps. »Un gain de temps qui rime évidemment avec rentabilité et qui n'est pas sans faire grincer quelques dents. Certains métiers sont d'ailleurs voués à disparaître.« Nous ne nous limitons plus à la photogravure,confirme Nathalie Guernion, directrice d'ABC Le Studio.Nous traitons également la mise en page. Notre premier contact est le donneur d'ordre, qui est soit un représentant d'un grand compte, soit une agence de création. Ensuite, nous livrons un fichier clés en main à l'imprimeur. »

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