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2- Le plan social

25/01/2002

OviPlus est une PME de quatre cents employés, filiale d'un grand groupe agroalimentaire, dont l'activité principale est l'abattage et la transformation des ovins en Rhône-Alpes. En interne comme en externe, l'image de la société est celle d'un acteur responsable ayant d'excellentes relations avec ses partenaires locaux et contribuant activement au développement économique de la région. Subissant de plein fouet les conséquences de la crise de la fièvre aphteuse (baisse de 30 % du chiffre d'affaires), les actionnaires de la société contraignent la direction à une réduction de 25 % des effectifs. Le plan social est annoncé quelques semaines plus tard. Stupéfait par l'ampleur et la sévérité de cette décision, l'ensemble du personnel se mobilise. Avec l'appui de leur syndicat, les employés décident d'ouvrir une « tribune virtuelle » sur le Net et de mobiliser l'opinion publique. Un appel à la grève sans préavis est lancé et une occupation des locaux organisée pour la semaine suivante. On évoque même la possibilité d'un appel au boycott. Un communiqué sur le plan social et les actions en cours est envoyé le jour même à la presse et une information est diffusée sur des sites « proches », comme ceux des syndicats régionaux. Un forum de discussion est créé, lieu d'expression de tous les mécontentements. Les premiers messages de soutien viennent des salariés des autres filiales, qui envisagent eux-mêmes de se mobiliser. Le surlendemain, une manifestation spontanée regroupant élus, riverains et employés a lieu devant le siège de la société.

Xavier Delacroix.Il faut d'abord prendre connaissance du contenu du plan social. De sa teneur, par exemple en matière de reclassement, dépendra la communication à adopter.

Emmanuelle Tran.C'est le type de crise qui, par définition, peut être anticipée. Avant toute annonce, il faut aller voir les élus locaux et le préfet pour étudier par exemple un possible programme de réindustrialisation.

X.D.Toutefois, ce type d'initiative ne peut pas se faire trop en amont à cause des risques de fuites.

Yves Jambu-Merlin.Dans ce domaine, je suis un partisan de l'utilisation raisonnée du délit d'entrave. La loi interdit à l'entreprise de communiquer sur un plan social avant d'en avoir informé le comité d'entreprise mais, dans les faits, il est préférable de passer outre. De toute façon, une fois le plan communiqué aux syndicats et aux salariés, ces derniers vont en parler aux médias. L'entreprise se trouve alors souvent en porte-à-faux.

X.D.Une fois terminé ce travail préparatoire, il est absolument nécessaire de communiquer sur la légitimité économique du plan social, même si c'est inaudible tant par les salariés que par les médias. Un discours sur le contenu et notamment sur toutes les mesures d'accompagnement social est ensuite indispensable.

Jean-Christophe Alquier.Il n'y a pas de désamorçage magique de la crise. Il faut passer par un gros travail d'explication et, pour cela, s'appuyer sur des « alliés », à commencer par la presse professionnelle et locale.

Y.J.-M.Très influente, la presse quotidienne régionale est à privilégier. L'idéal est d'avoir déjà le localier dans sa poche. Et cela aussi se prépare en amont...

E.T.Il ne faut pas négliger non plus Internet, qui est une source d'informations importante pour les médias.

J.-Ch.A.Je suis sceptique là- dessus. Quoi qu'on en dise, Internet reste un outil marginal. L'expérience prouve que les sites de salariés en colère n'ont qu'un impact faible.

E.T.Il est tout de même nécessaire de sécuriser son site d'entreprise.

Y.J.-M.Quand il s'agit de la filiale d'un grand groupe comme OviPlus, il y a deux risques à anticiper. D'une part, la filiale doit s'assurer que sa maison mère ne va pas tout lui mettre sur le dos. D'autre part, le groupe doit s'attendre à répondre aux interrogations des syndicats sur l'éventualité d'une extension du plan social à d'autres unités de production. Mais, de toute façon, il faut bien garder à l'esprit que les conflits sociaux sont finalement bien moins irréconciliables qu'on ne le pense.

J.-Ch.A.Seuls les cas de conflits extrémistes, du style Cellatex, - qui interviennent généralement quand il y a un arrêt total de l'usine - sont très difficiles à gérer, pour ne pas dire impossibles. Les salariés n'ont alors plus rien à perdre, la négociation n'est plus possible. Mais, manifestement, ce n'est pas le cas d'OviPlus.

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