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La prévention s'institutionnalise

08/03/2002

Le CFES change de statut : l'association devient l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé. Une consécration, mais aussi de nouvelles contraintes pour l'organisme chargé de la communication sur la santé publique.

Changement d'ère pour le CFES. D'ici à quelques semaines, le Comité français d'éducation pour la santé va devenir l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES). L'association loi 1901, créée en 1972, adopte ainsi le statut d'organisme public rattaché au ministère de la Santé, au même titre que l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé ou l'Institut de veille sanitaire.« La prévention est enfin reconnue comme une mission de l'État,se félicite Anne Ramon, la directrice de la communication du CFES.Le risque est d'être moins réactif. »La transformation en institut va entraîner par définition l'institutionnalisation d'une structure au fonctionnement déjà très codifié.

Chargé de mener des programmes d'éducation sur le tabac, l'alcool, la drogue, le sida, l'hépatite C, la vaccination, la nutrition et les accidents domestiques, le CFES est en partie soumis au code des marchés publics pour l'organisation de ses campagnes de communication. Ses appels d'offres doivent être publiés au Journal officiel, les budgets remis en compétition tous les trois ans, les campagnes validées par ses trois financeurs -l'Assurance maladie, le ministère de la Santé et la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie. En dépit de ces contraintes, le choix des agences reste assez souple. Avec le nouveau statut, l'organisme devra choisir un prestataire pour trois ans et définir tous ses programmes à l'avance, sans possibilité de les modifier.

Des campagnes multiformes

L'évolution est justifiée par la croissance du budget annuel du CFES : 53,4 millions d'euros en 2001, dont 30,5 millions pour sa communication. L'an dernier par exemple, le comité a mené une campagne sur la nutrition, signée « Mieux manger construit notre santé », et contre l'alcool, sur le thème « Pas besoin d'être ivre pour en mourir ». Cette année, il met l'accent sur l'usage du préservatif pour la prévention du sida et des maladies sexuellement transmissibles, et sur les risques du tabac pour les jeunes et les femmes. Dans tous les cas, les campagnes prennent des formes multiples. La communication grand public n'est souvent que la partie visible d'un dispositif beaucoup plus large.« Pour le sida, nous ciblons nos messages en direction des homosexuels, des toxicomanes, des départements d'Outre-mer, des migrants, des personnes déjà atteintes par la maladie,précise Anne Ramon.Mais nous menons aussi une communication grand public, sinon l'opinion pense qu'il n'y a plus de problème. »Un film TV permet de donner du crédit à une campagne qui prend sa vraie dimension sur le terrain. Pour le réglage des fixations de ski, le CFES n'a consacré que 0,3 million d'euros à l'achat d'espace, mais le média télévision a donné de l'importance à un sujet qui était par ailleurs relayé en stations de sport d'hiver. Pour la sécurité en rollers en revanche, le CFES a considéré qu'un plan médias ne s'imposait pas et a concentré ses investissements sur l'information dans les magasins de sport et auprès des municipalités.

Pas de dramatisation

« Nous avons aussi des demandes atypiques auxquelles une agence ne peut pas forcément répondre,poursuit Anne Ramon.Sur le sida, nous travaillons avec la presse homo et porno, avec les magazines de piercing et de tatouage, avec les maisons de production de films X ou les boîtes échangistes. Nous devons aller plus loin que les relations presse classiques. »La jeune femme prend parfois son« bâton de pèlerin »,selon ses propres termes, comme lorsqu'elle démarche la presse féminine pour lui faire signer une charte de bonne conduite concernant le tabac : plus de mannequins fumant dans les pages mode, plus de partenariat avec les industriels du tabac.

Le caractère particulier des sujets traités par le CFES explique que la plupart de ses 40 millions de brochures diffusées chaque année soient réalisées en interne, sauf lorsque l'association fait appel à une personnalité, telle Chantal Lauby pour le livret « L'amour en question ».« Il faut créer un environnement favorable au changement de comportement,résume Anne Ramon.Dans ce sens, les messages extrêmes ne sont pas forcément les plus efficaces. Il faut parler du risque sans faire peur, car on est confronté au déni.» Sans oublier la population qui se situe au-delà de la prévention. Le CFES a ainsi retiré au bout d'un an son slogan « Le sida, on en meurt encore », pour tenir compte des réactions des personnes séropositives. La dramatisation façon Sécurité routière n'est pas d'actualité au CFES, elle n'est pas prête de l'être non plus à l'INPES.

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