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Dominique Baudis : « Il faut écouter le téléspectateur »

12/04/2002

Dominique Baudis, président du Conseil supérieur de l'audiovisuel, fait le point sur les grands chantiers de l'instance. Il demande la création d'un conseil d'orientation des programmes télévisés.

Vous rendez un avis sur le cahier des charges des chaînes publiques. Estimez-vous qu'elles doivent avoir autant de contraintes que les chaînes privées ?

Dominique Baudis.Je ne vois pas pourquoi elles en auraient moins. Ce cahier des charges réclame plus d'exigence en matière de pluralisme, de respect de la dignité, de protection des enfants, etc. Les chaînes du service public doivent être des références.

Pensez-vous qu'on note un petit relâchement à cet égard ?

D.B.Le CSA ne peut pas se substituer aux diffuseurs. Sur l'application de la signalétique, sur les propos qui peuvent poser problème aux jeunes publics, j'entends parfois des ministres se plaindre de ce qu'ils voient à la télévision publique. Or, ils en sont les actionnaires. Plutôt que d'interpeller le CSA, qui est chargé de faire respecter la loi et non de fixer la ligne éditoriale de ces chaînes, il faut que l'État joue son rôle. Et puis, il me semble nécessaire et salutaire que l'on écoute mieux les téléspectateurs. Le service public a déjà ses médiateurs. Mais il faut aller plus loin.

Que proposez-vous ?

D.B.Un conseil d'orientation, constitué de téléspectateurs qui payent la redevance. Il donnera un avis sur les programmes, sur les problèmes des enfants face à certaines émissions, à certaines heures de diffusion. La télévision publique vit de la redevance : il n'est pas anormal de demander à ceux qui la payent de donner leur avis. La loi d'août 2000 crée un conseil d'orientation des programmes constitué de vingt personnes, tirées au sort, se réunissant au moins trois fois par an, et qui délèguent des représentants au conseil d'administration de France Télévision. Or, on en attend toujours les décrets d'application. Je souhaite qu'ils soient publiés le plus vite possible. Tout le monde, que ce soient les gens des médias ou les politiques, fait part de son opinion sur les programmes. Les téléspectateurs ont aussi la leur, mais on ne l'écoute jamais.

Les chaînes privées prédisent l'échec de la TNT, mais soumettent un dossier de candidature. Cela vous fait-t-il sourire ?

D.B.De satisfaction. Vous seriez patron des deux seules chaînes privées diffusant en clair sur le territoire national, vous ne seriez pas ravi de voir arriver des concurrents. Mais je savais que, le train partant, ceux qui sont restés jusqu'à la dernière seconde sur le quai finiraient par monter.

Est-ce l'offre gratuite qui fera le succès de la TNT ?

D.B.La TNT ne fonctionnera bien que si elle respecte différents équilibres : entre le gratuit et le payant, le local et le national, le public et le privé, les acteurs historiques et les nouveaux entrants, etc. Il est vrai, toutefois, que c'est dans la variété et la diversité de ce nouveau paysage gratuit que va se jouer le succès de la télévision numérique terrestre.

Souhaitez-vous que les chaînes numériques terrestres aient accès à la publicité de la grande distribution ?

D.B.Il n'y pas d'équilibre possible pour les chaînes locales sans accès à la distribution. La position du CSA est de dire qu'il faut aller vers une ouverture concertée et progressive. Cela est nécessaire, car la télévision numérique introduit de la nouveauté. Nous manquons en France de télévisions de proximité. Or, ces dernières ne pourront pas vivre sans cette distribution, qui représente à peu près 50 % du marché publicitaire local.

Et les opérateurs nationaux ? Faut-il aller vers une ouverture des autres secteurs interdits ?

D.B.Contrairement aux chaînes locales, les télévisions nationales réalisent des bénéfices. Ce n'est donc pas nécessaire. En outre, ce qui intéresse le tissu commercial des zones de chalandise, ce sont les locales. Quant aux autres secteurs interdits, il ne s'agit pas d'un simple problème financier de partage de la ressource publicitaire. Pour la presse, l'édition ou le cinéma, c'est plutôt une crainte à caractère culturel : un effet d'écrasement par le cinéma américain, les best-sellers ou les grands journaux.

On a le sentiment que vous gelez le développement des télévisions analogiques locales pour permettre au numérique de s'imposer.

D.B.Ce n'est pas exact. Les télévisions analogiques locales n'intéressent pas les annonceurs nationaux car elles ne sont pas assez nombreuses. Nous ne lançons un appel à candidatures, comme bientôt à Grenoble et Nantes, que si nous ne compromettons pas la possibilité pour le numérique de s'installer sur une agglomération. Or, nous sommes actuellement dans une phase délicate, puisque nous ne pouvons pas, faute de décrets, lancer d'appel pour des fréquences locales numériques...

Loft Story 2 démarre sur M6. Êtes-vous vigilant ?

D.B.S'il y a de nouveaux problèmes, nous interviendrons. Nous avons été la première instance de régulation à modifier un programme de ce genre en imposant dans les conventions de M6 et de TF1 au moins deux coupures par jour, pour éviter les dérives voyeuristes, et un lieu d'isolement pour les participants. Mais je ne crois pas que M6 ira trop loin : la chaîne sait qu'elle a un public d'ados et de pré-ados.

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