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Les enfants des baby-boomers -Génération sampling

21/06/2002

Toujours plus nombreux à écouter disques et cassettes, les jeunes, comme leurs aînés, apprécient la musique variant les styles, les courants et les technologies. Les raves et autres concerts privés permettent aux 20-30 ans de se démarquer de leurs aînés.

To sample. » En français : échantillonner, tester. En musique : mélanger des sons, jongler avec des extraits de disques pour construire des morceaux inédits. Au-delà des courants musicaux des années quatre vingt-dix -rap, house, techno, acid jazz, plébiscités par les jeunes en quête de microcultures-, le sampling est certainement le phénomène le plus marquant de ce début de siècle. La musique est un indicateur socioculturel fort. Dans les années 1955-1965, le rock fut l'un des piliers d'une jeunesse rebelle. La génération de mai 68, qui avait vingt ans entre 1965 et 1975, a baigné dans la musique pop avec les Beatles, les Rolling Stones et l'emblématique comédie musicaleHair,un cocktail de« nudité et de cheveux longs »,comme le rappelle Bernard Préel, directeur adjoint du Bipé (Bureau d'informations et de prévisions économiques), dans son livreLe Choc des générations(éditions La Découverte). Les jeunes des années 1975-1985 ont été imprégnés de disco. Les suivants se sont enthousiasmés pour les vedettes internationales, telles Michael Jackson et Madonna. Ces modes se sont accompagnées d'un véritable boom musical : les Français sont aujourd'hui trois fois plus nombreux qu'il y a vingt ans à écouter des disques et des cassettes au moins un jour sur deux, comme l'indique l'enquête sur «Les Pratiques culturelles des Français» réalisée par le département des études du ministère de la Culture et de la Communication.

La nouvelle génération, elle, ne veut pas se laisser enfermer dans des chapelles. C'est le règne de« la culture de la fusion »,comme le remarque Adeline Attia, fondatrice du cabinet d'études marketing et tendances Allegoria Consultants.« Il n'y a plus d'opposition entre le passé et le futur. Le syncrétisme est particulièrement frappant dans le domaine musical »,observe Luc Basier, le planneur stratégique de l'agence Leagas Delaney Paris Centre qui cite, en exemple, Zebda et son succèsTomber la chemise : « UneDanse des canardsrevisitée façon rap et un accent toulousain revendiqué. »

La musique se nourrit de toutes les influences. Avec la vulgarisation du sampler qui permet de mélanger les sons, l'essor des « home studios » et l'apparition des CD-Rom et des logiciels de musique, chacun peut créer « sa » musique. Les DJ (disc-jockeys) sont érigés au rang de créateurs, supplantant les artistes.« On est passé de l'ère de la musique à celle du son. D'une musique de musiciens à celle de techniciens »,analyse Charles Henri de Pierrefeu, responsable de la synchronisation chez Vivendi Universal. La vogue des compilations, depuis le milieu des années 1990, participe de cette même tendance : on recycle, on mélange, on se réapproprie.

Il y a deux façons d'interpréter ce phénomène. Soit comme une absence d'inventivité.« On mâche les goûts, on crée un flou identitaire par crainte d'être récupéré »,observe Adeline Attia. Soit, et c'est tout le contraire, comme le signe d'une curiosité, d'une imprévisibilité et, donc, d'une plus grande richesse. Anatole Amavi, ancien vendeur à la Fnac, rédacteur en chef et éditeur deModzicet d'Open Mag,les gratuits respectifs du Printemps de l'homme et de la Fnac, est optimiste :« Avec l'essor de la musique électronique, les jeunes témoignent de leur ouverture au monde. »Selon lui, les nouveaux artistes français, de Daft Punk à Modjo, en passant par le groupe de rap 113, ont su jouer la proximité à coups de concerts privés, de « free-parties » (les fameuses « raves ») et de publicité sauvage dans la rue pour combler le besoin de partage et d'union auquel aspire la nouvelle génération.« Les jeunes vont chercher la musique dehors et surtout pas à la télévision, trop commerciale »,affirme-t-il. Ils s'approprient le terrain pour se démarquer de leurs aînés. Car finalement, leur musique « fusion », pétrie de mélanges, leur échappe comme instrument de rébellion, tant elle est rapidement partagée par les générations du dessus.

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