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Les laboratoires doivent sortir de leur silence

29/05/1998

Daniel Darbeau, Pdg de Pierre Fabre Médicaments, analyse l'évolution de la communication des laboratoires pharmaceutiques et pointe du doigt les carences du secteur en la matière.

Que pensez-vous de l'évolution de la communication des groupes pharmaceutiques? Daniel Darbeau. La communication des grands groupes se résume à une course au gigantisme dont on ne sait plus vraiment ce qu'elle signifie. Il faut tout de même savoir que le premier d'entre eux ne détient guère plus de 7% du marché mondial. Cependant, leur puissance de feu est énorme puisqu'ils peuvent investir plus de 10MdF par an en recherche et en développement. Mais en France, par exemple, ces stratégies mondiales introduisent un biais éthique: le choix des investissements se fait essentiellement en fonction de la rentabilité de tel ou tel produit. Quelle partition peuvent encore jouer des laboratoires de taille moyenne comme le vôtre dans ce concert de mégafusions? D.D. Communiquer dans un tel contexte est difficile. En recherche/ développement, Fabre n'investit «que» 800millions de francs par an. Mais ce n'est pas si dérisoire quand on se spécialise sur des pathologies et des produits ciblés comme la cancérologie ou quand on développe des partenariats. Dernièrement, nous nous sommes associés à Synthelabo pour lancer en Europe et en Amérique latine notre nouvel anti-dépresseur Ixel. Les laboratoires moyens ont tout intérêt à investir des niches comme la dermatologie ou la maladie de Parkinson et à favoriser les actions de comarketing. La communication des laboratoires en direction du grand public vous paraît-elle judicieuse? D.D. Depuis une dizaine d'années, nous assistons à une montée en puissance du pouvoir du consommateur. Le malade est de plus en plus informé et exigeant. Il existe un véritable mouvement consumériste en France dans le secteur des médicaments. Nous n'en sommes heureusement pas encore au stade des Etats-Unis où les procès contre le corps médical ou les laboratoires deviennent systématiques. Par quoi se traduit l'émergence de ce nouveau consommateur? D.D. Entre autres, par des campagnes de prévention. Pour notre part, nous menons depuis plusieurs années des programmes de dépistage avec l'Association pour la recherche contre le cancer de la prostate. Nous visons bien sûr le développement du marché dans lequel nous commercialisons notre produit Permixon, mais aussi la diminution des cancers. De même, en 1996, nous avons profité de l'autorisation de la publicité sur les produits favorisant l'arrêt de la consommation de tabac pour diffuser une publicité sur notre produit Nicopatch. Quel jugement portez-vous sur les campagnes publicitaires institutionnelles des laboratoires pharmaceutiques? D.D. La profession mène actuellement de grandes discussions sur le sujet, mais je ne crois pas que ce type de communication ait un intérêt probant. Par contre, il est regrettable de constater que les laboratoires restent désespérément discrets dans le débat sur les dépenses de santé. Il y a pourtant de quoi dire. Par exemple, souligner que les principales économies ne sont pas à faire sur les médicaments, mais sur l'hôpital. Certes, c'est politiquement plus difficile à assumer. De même, pourquoi la profession ne communique-t-elle pas sur les lourds investissements que nécessite le développement d'un médicament? Les prix pratiqués pour la trithérapie contre le Sida, par exemple, ont provoqué un véritable tollé au début. Aujourd'hui, c'est une réussite et la polémique n'existe plus. Mais les laboratoires restent silencieux...

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