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Rap et business à la colle

13/09/2002

Deux producteurs de vingt-neuf ans, Karim Aklil et Nadia Mourine, organisent l'événement musical de la rentrée, Urban Peace, un concert géant de rap au Stade de France. Un projet risqué qui n'a pas été facile à mettre sur pied.

Vingt-cinq artistes, de l'incontournable Joey Starr à Saïan Supa Crew, en passant par 113 et Rohff. Une dizaine de graphistes, danseurs de hip-hop, riders BMX. Près de 53 000spectateurs attendus. Une scène de 1 500 m 2 et 300techniciens. Urban Peace, le mégaconcert rap, qui aura lieu le 21 septembre au Stade de France, est un événement. Un tour de force de 1,6 million d'euros, signé Union S Production, société fondée en janvier dernier par deux producteurs de vingt-neuf ans. Personne n'avait pu ou n'avait osé organiser ce concert auparavant. Trop risqué ? Pas pour Karim Aklil et Nadia Mourine, les deux coproducteurs et amis, qui ont relevé le défi.

Tout faire soi-même

Urban Peace est né à l'automne 2001.« À l'origine, nous visions le Stade Vélodrome de Marseille,indique Nadia Mourine, également agent d'artistes.Puis le Stade de France s'est imposé. Mais nous voulions tout faire nous-mêmes et ne pas déléguer. »Seule concession : les relations presse ont été confiées à Sylvie Desnouveaux et Urban Act, une agence de street marketing. Le cahier des charges, remis en novembre 2001 par les dirigeants du Stade de France, ne les effraie pas : il faut pourtant engager les artistes, s'occuper de l'assurance, trouver les partenariats médias et former une équipe de production.« Au début, comme les organisateurs de tournée ne voulaient rien savoir, nous avons directement contacté les artistes,poursuit Nadia Mourine.Et nous avons eu des accords de principe. Mais nous tournions en rond, car sans contrats signés, pas de partenariat médias, pas d'assureur et donc pas de Stade de France ! »Il a fallu verser des acomptes, représentant entre 25 % et 50 % des cachets, pour commencer à voir les portes s'ouvrir. La première fut celle de Skyrock, radio incontournable en matière de rap.« Laurent Bouneau, le directeur général des programmes, nous a cautionnés auprès des maisons de disques et permis d'entrer dans la famille. »Selon l'accord, outre son logo sur l'affiche, Skyrock fera gagner 1 500places à ses auditeurs et diffusera quatre titres en direct le soir même. En contrepartie, la station programme un plan publicitaire de 4,5 millions d'euros sur son antenne.« Le plus gros jamais réalisé pour un partenariat »,observe Laurent Bouneau.

Début 2002, le contrat d'assurance est signé avec un spécialiste des spectacles : Assur Event. Un nouvel obstacle se dresse alors : la levée des fonds. Pas facile de convaincre les banques de s'engager pour un concert de rap.« Elles nous ont toutes gentiment fait savoir que cela n'était pas possible. »Il a fallu l'intervention d'un« proche qui a le bras long »pour persuader un établissement étranger. L'avance consentie a permis de régler les premières échéances. Le contrat avec le Stade de France a été signé en mai 2002, après de nouvelles discussions concernant la sécurité,« un point sensible du projet »,reconnaît Nadia Mourine. Et la vente des billets a pu débuter. Quant aux recettes, il faudra attendre : l'argent de la billetterie, principale ressource pour Union S Production, n'entre pas directement dans la poche des producteurs.« Il est bloqué sur un compte jusqu'à la date du concert. Une garantie pour le Stade de France. »

Comme les yéyés à la Nation

Dernière étape : le disque. Sony et EMI ont été écartées au profit d'Universal Music, qui les a séduits en offrant une campagne de publicité pour le concert. Cet été, plus de 2 000affiches ont été posées dans les rues et gares d'Île-de-France. Le contrat prévoit également le versement de royalties sur les ventes du disque et de la vidéo du concert. Un bonus pour les deux producteurs si les 53 000places sont vendues. Universal leur permet aussi d'entrer en contact avec TF1.« M6 et Fun TV avaient donné leur accord, mais Skyrock refusait de partager l'affiche avec eux, car Fun est aussi une radio,explique Nadia Mourine.Cependant, le contrat avec TF1, signé en août, fait figure de véritable caution vis-à-vis des parents. »

Avec près de 20 000places vendues fin août, Urban Peace semble déjà être un succès.« Ce concert, c'est comme les yéyés à la Nation en 1963 »,commente Pascal Nègre, président d'Universal Music. Et c'est maintenant que les annonceurs se ruent sur l'événement. Nokia apporte ainsi quelques milliers d'euros supplémentaires.« Dommage que les agences de communication n'anticipent pas »,regrette Nadia Mourine.

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