Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

Les villes en ont ras le panneau

11/10/2002

Les municipalités se préoccupent de plus en plus de l'implantation des panneaux sur leur territoire. De nouvelles contraintes pour les afficheurs.

La pollution visuelle due à ces publicités intempestives à l'entrée des villes est une vraie préoccupation en matière de protection du paysage. »C'est signé Jacques Chirac, en avril dernier, en pleine campagne pour l'élection présidentielle. Ce constat est partagé par les municipalités. Depuis quelques années, les collectivités locales se montrent plus pointilleuses quant à l'implantation des panneaux publicitaires. Zones protégées, formats maximaux, distances entre les panneaux... les règlements locaux de publicité fleurissent.

Après avoir repoussé les panneaux grand format en dehors de leur centre, les villes s'attaquent maintenant à leurs entrées. Quand ils s'y implantent, les commerces de grande surface attirent panneaux, enseignes et écriteaux. Une débauche de signaux publicitaires que certains veulent réglementer.« On a le sentiment que la gestion de l'affichage est sauvage,explique Pierre Demeusy, directeur de la communication de la ville de Mâcon.Nous rencontrons des problèmes, principalement à nos entrées, notamment au sud où il existe un désordre assez important. Il y a une nuisance environnementale. »Cette municipalité de Saône-et-Loire a décidé de lancer une étude pour rédiger son règlement local de publicité. Dans d'autres villes, la place des grands formats est déjà réduite à la portion congrue.« Nous voulons éviter le plus possible les 12 et 8 m 2,confirme Patrick Fons, le directeur de la communication de la ville d'Hyères.Ces panneaux sont rejetés aux limites extérieures de la ville. Quant aux autres formats, il existe quarante emplacements prévus pour eux et il n'y en aura pas un de plus. »

Faire respecter les règlements

Les associations de défense de l'environnement montent elles aussi au créneau.« Nous voulons simplement faire respecter les règlements en vigueur,indique Pierre-Jean Delahousse, président de Paysages de France.Nous ne sommes pas contre la communication extérieure, mais les panneaux en infraction sont de plus en plus nombreux. »Plusieurs dizaines de milliers, selon l'association.« Oui, il faut réduire l'offre en affichage,répond Claude Duval, le directeur général de Dauphin Affichage.Mais quand nous démontons des panneaux, des concurrents s'empressent de s'installer à la place laissée vide. »« Les soucis des collectivités sont les mêmes que les nôtres,observe Michel Cacouault, président de Viacom-Outdoor (ex-Giraudy).Néanmoins, il existe un amalgame entre nos panneaux, le mobilier urbain, les enseignes lumineuses des magasins et les écriteaux... »Montrés du doigt, les afficheurs régionaux affirment au contraire être sur la même longueur d'ondes.« Les litiges viennent surtout des petites entreprises locales gérant des parcs de panneaux longue conservation »,se défend Olivier Ancennay, le président d'Affimext, une offre commerciale nationale des principaux afficheurs régionaux.« Le problème vient aussi des pré-enseignes, ces écriteaux indiquant la proximité d'un magasin,poursuit-il.Dans leur cas, la réglementation n'est jamais respectée. »

Les afficheurs entament le dialogue

Pas concernés, les « grands » afficheurs ? Tel n'est pas l'avis de Paysages de France.« En juin 2002, nous avons manifesté à Cosne-sur-Loire contre l'implantation illégale de onze panneaux,raconte Pierre-Jean Delahousse.Tous appartenaient à Avenir, Dauphin ou Viacom. »Plus tranché, Jean-Christophe Mikhaïloff, élu radical de gauche à Paris, demande l'application de la loi.« La publicité n'a pas de justification en tant que telle,estime-t-il.Elle doit apporter un service. Au contraire, les panneaux installés sur les bords du boulevard périphérique parisien captent le regard des automobilistes et créent un danger. »Conscients de ces problèmes, les afficheurs ont entamé le dialogue en participant aux groupes de travail au sein des municipalités.« Les discussions sont houleuses mais souvent constructives,confie Jean-Charles Decaux, le coprésident du groupe JC Decaux.Les villes ne sont pas opposées à la publicité. Elles voient nos efforts, notamment une vraie amélioration esthétique de nos produits. »Les opérateurs pourraient aller plus loin.« Je souhaite un dialogue avec Paysages de France et les autres associations,déclare Claude Duval, de Dauphin.Nous pouvons également lancer des opérations pilotes dans certains endroits, traiter par exemple certaines entrées des villes. »

Finalement, les préoccupations environnementales des municipalités aident les afficheurs. Poussés par la réglementation, ces derniers risquent d'être contraints de démonter de nombreux panneaux... comme ils l'annoncent depuis quelques années avec une belle constance. Mais les problèmes esthétiques subsisteront, en partie à cause des panneaux longue conservation, souvent critiqués mais indispensables pour les distributeurs... et le chiffre d'affaires des afficheurs.

Envoyer par mail un article

Les villes en ont ras le panneau

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.