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La bazarette japonaise se joue de la crise

01/11/2002 - Le concept du « konbini », ces petits bazars japonais où l'on peut acheter presque tout, apporte un éclairage sur ce que pourraient être nos pratiques demain. (1) s'y est intéressé.

(1) Bruno Marzloff anime depuis 1998 le Groupe Chronos et conduit depuis cette date un cycle d'études, L'Observatoire du quotidien (2 350 entretiens en face-à-face) dont la dernière édition porte sur Le temps des courses. Pour en savoir plus, vous pouvez vous connecter au site www.groupechronos.org

LE REGARD DE NOBUO KAWABE

Nobuo Kawabe est professeur à l'université de Wasabe, au Japon.

Raisons du succès des kombinis.« Je vois quatre facteurs principaux. D'abord, le marché japonais a basculé d'un marché de "famille" à un marché "individuel" plus qu'aucun pays. Ensuite, l'introduction de la franchise s'est greffée sur un réseau important de petits magasins indépendants qui s'est rapidement adapté au concept de Convenience Store (CVS). Il n'y a pas eu à investir dans des infrastructures. Troisièmement, grâce aux systèmes d'informations (Management Information Systems), les CVS sont entrés de plain-pied et simultanément dans une logique d'économie, de rapidité et de variété de l'offre. Enfin, les CVS ont développé des relations directes avec les producteurs et les grossistes, leur permettant de s'adapter en temps réel aux modifications des demandes des consommateurs. »

Nomadisme et individualisation des comportements.« Le marché de la personne [par opposition aux achats du foyer] est une des caractéristiques essentielles de la société nomade. Regardez le PC (Personal Computer), la voiture individuelle, les baladeurs ou les mobiles. Ces biens et services accélèrent la mobilité de la société. Les CVS font typiquement partie des services de la société mobile dès lors qu'ils améliorent l'accessibilité individuelle, spatiale et temporelle des biens et des services. »

Accessibilité temporelle.« "24 heures tous les jours de la semaine" est une promesse qui a tout de suite marché au Japon, parce qu'on a désormais besoin d'accéder aux produits immédiatement, qu'on ne supporte plus d'attendre. Mais il faut tempérer cette affirmation. Aujourd'hui, le confort du temps doit se concilier avec le confort de la qualité et le confort des services. »

E-commerce.« La démarche des Japonais vis-à-vis du commerce électronique est aux antipodes de ce qu'ont conçu des sociétés comme Amazon.com, qui ont choisi une option délibérément virtuelle. Mon opinion - et je la professe depuis trois ans - est que le CVS est le lieu d'échange par excellence de l'e-commerce. Des enseignes comme 7-Eleven ont prouvé que l'e-commerce se fonde sur des dispositifs de commerce de détail. La différence est qu'il n'y a pas d'investissements lourds d'entrepôts à concéder, au contraire du modèle américain. Dès lors, la rentabilité est immédiate pour tous les partenaires. »Propos recueillis par B.M.

20 %

C'est le pourcentage de Français responsables des achats de leur foyer qui déclarent « toujours » faire leurs courses à proximité de leur domicile. La moitié dit les effectuer « le plus souvent » à proximité. Ces résultats sont extraits d'une étude NFO/Infratest réalisée cette année sur la distribution. Après les années « tout sous le même toit », favorables aux grandes et moyennes surfaces, la société d'études observe une lente, mais régulière, redistribution des cartes au profit du petit commerce.

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