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REPÈRES

Les nouveaux voyageurs

01/11/2002

Ils veulent concilier voyage, agrément et responsabilité éthique. Ces voyageurs d'un genre nouveau apportent leur pierre au développement. Une idée d'avenir.

Le cliché du routard solitaire en sac à dos a vécu : le voyage est de moins en moins un acte de consommation individualiste. Développement durable, tourisme éthique, responsabilisation aux problèmes de la planète, de nombreux paramètres viennent aujourd'hui se greffer sur la feuille de route du voyageur. Le 11 septembre 2001 est passé par là, et avec lui l'idée grandissante que le bonheur exclusif des uns n'améliore pas le sort des autres.« Beaucoup de gens pensent aujourd'hui qu'il faut dire oui à la mondialisation à condition que tout le monde en profite,explique Arielle Renouf, présidente de l'association Turism for Development (TFD).Nous assistons à une prise de conscience qu'on ne vit pas tout seul et qu'on ne peut plus se comporter comme avant dans un monde qui ne connaît plus de frontières. »

Bénéficiant de l'appui d'éminents publicitaires comme Jacques Séguéla, Alain de Pouzilhac ou Gabriel Gaulthier, la « dircom » de la régie de TF1 expérimente avec le label TFD une nouvelle forme de tourisme. Le concept est simple : il consiste à permettre la redistribution d'1 % du prix d'une prestation touristique au bénéfice d'une ONG travaillant pour le pays hôte.« Notre conviction est que l'industrie touristique est en mesure de financer des microprojets »,poursuit Arielle Renouf. Les réalisations potentielles sont multiples : puits, arrivées d'eau, dispensaires, écoles, etc. À ne pas confondre cependant avec la générosité publique, le charity business ou le don humanitaire. Considérant que le client est roi, l'association table sur la participation du tour-opérateur, du voyagiste ou, plus encore, de la chaîne hôtelière à une redistribution de la richesse perçue. Il suffit pour cela que les candidats au voyage se présentent en sélectionnant, à prix égal, les prestations bénéficiant d'un label de tourisme éthique. Notoriété aidant, le concept peut alors faire boule-de-neige et s'imposer dans toutes les officines de voyage.

Mais qui sont ces nouveaux voyageurs autant soucieux de leur bien-être à l'étranger que non indifférents au sort des populations locales ?« Ce sont soit ceux qui ont l'habitude de voyager et qui ont des relations privilégiées avec certains pays,souligne Bruno Gallois, directeur général du tour-opérateur Marsans,soit au contraire des gens qui voyagent rarement et ne veulent pas se retrouver dans un hôtel de luxe quand d'autres vivent dans la misère. »En spécialiste des cibles publicitaires, Arielle Renouf identifie, elle, trois populations différentes. La première concerne les personnes qui ont une sensibilité particulière aux causes humanitaires : ce sont celles qu'il est naturel de toucher; mais elles ne voyagent pas toujours et ne sont pas suffisamment nombreuses pour insuffler une tendance. La deuxième est plus encline à contenir des leaders d'opinion : ce sont les CSP+ respectueux de l'environnement mais qui ne rechignent pas à loger dans un hôtel luxueux. Enfin, la dernière population concerne les touristes de masse, ceux sans lesquels tout mouvement d'opinion reste à l'état embryonnaire.

Formules à la carte

Pour toucher cette dernière population, le bouche à oreille et la notoriété relative ne semblent pas suffisants.« Hier, nous avions tendance à privilégier le travail de sensibilisation en amont,souligne Bruno Gallois,mais nous cherchons désormais à atteindre le voyageur au moment même où il réalise son acte d'achat. »D'où la présence de formules à la carte chez les voyagistes, ce qui évite de trop miser sur une démarche volontaire de la part de la clientèle. À la Fnac Voyages, qui édite un guide de voyages labellisé « Turism for Development », Jean-Pierre Cosmes, directeur général, ne cache pas sa difficulté à élargir le cercle d'attraction au-delà d'une clientèle de luxe.« Nous n'avons pas attiré les foules,reconnaît-il.On trouve toujours des clients sensibles au voyage éthique qui achètent un trekking dans l'Himalaya, mais la grande masse des touristes, qui a parfois rogné son budget vacances en 2002, fait passer cette préoccupation au second plan par rapport au prix. Ce qui ne veut pas dire qu'ils ne sont pas sensibles à la notion de voyageur responsable. »

Il n'empêche que l'idée de concilier tourisme et développement suit son chemin. Au Sommet de la Terre, qui s'est tenu à Johannesburg en août et septembre derniers, Jacques Chirac n'a-t-il pas repris à son compte la notion de développement durable via une redistribution de la richesse générée par les entreprises en faveur d'ONG reconnues ?

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