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Paris-Londres : Ce qui nous rapproche-sépare

01/11/2002

Un peu plus de 400 kilomètres, trois heures en Eurostar, Paris est devenu la banlieue de Londres et Londres celle de Paris. Confrontées aux mêmes enjeux d'un développement urbain tous azimuts, les deux métropoles présentent beaucoup de similitudes. Leurs différences ne s'expriment pourtant pas seulement à travers le folklore propre aux deux capitales.

Essayez d'imaginer : Parisien, la trentaine, vous vous réveillez un matin dans la peau d'un Londonien ! Le choc initial passé, comment se faire à votre nouvelle vie ? Plutôt urbain, vous vous dites que vous ne devriez pas vous en sortir trop mal. Londres n'est pas si différent de Paris, isn't it ? Voyons voir. Votre chambre de célibataire est certainement dans un grand appartement que vous partagez avec au moins une autre personne. La London Housing Federation a calculé qu'il faut gagner au moins 40 000 livres par an (60 000 euros) pour s'offrir un petit pied-à-terre à Londres. Le prix moyen d'un appartement s'élève à 180 000 livres (282 000 euros). Les loyers mensuels démarrent à 700 livres (1 000 euros) pour un modeste studio au diable Vauvert. Comptez jusqu'à 1 400 livres (2 190 euros) pour un T2 dans le centre de Londres (source : Economic Intelligence Unit). Pour simplifiez, imaginons que vous résidez à Clapham, un quartier du sud de Londres très populaire auprès des bobos.

Il est 7 h 30 et comme Londres a une heure de décalage horaire avec Paris, il fait nuit. Dehors, il pleut. Vous prenez une douche, enfilez une paire de jeans Levi's, une chemise Paul Smith et chaussez vos Puma. Ce genre de déguisement signifie que vous travaillez dans la pub. Dans la cuisine, vos colocataires sont déjà en train de boire leur Nescafé. À vingt-huit ans, Jeremy est trader. Rosanna, vingt-six ans, travaille au Virgin Megastore. Vous les quittez pour le bureau.

La première chose que vous faites est d'acheter un quotidien à la boutique du coin, tenu par un couple asiatique. Non seulement, on y trouve des journaux ou des magazines, mais aussi des cigarettes, des confiseries, des lames de rasoir, des préservatifs, du lait, des oeufs et des conserves. La boutique est ouverte de 7 heures à minuit, sept jours sur sept. À Paris, il vous faudrait plusieurs magasins pour faire toutes ces emplettes. Vous marchez jusqu'à Clapham North Station pour attraper le métro, The Tube. Comme vous vivez en zone 2, un aller simple vous coûte £1,90 (près de 3 euros) et l'abonnement mensuel £51,90 (81,32 euros). Beaucoup plus cher qu'à Paris.

Quinze minutes d'attente sur un quai bondé, vous vous glissez dans un wagon. Les ennuis commencent. Le métro londonien a été sous-investi depuis le début des années quatre-vingt. Les tunnels victoriens fuient, les trains sont vieux, les retards fréquents. Votre ligne - The Northern Line - s'arrête si souvent que ses usagés l'ont surnommée « La ligne de la misère ». Mais vous avez de la chance. Votre bureau se trouve du côté de Tottenham Court Road, dans le West End, alors, pas de correspondance à prendre.

Votre bureau, moderne et en open space, occupe un étage d'un immeuble Georgien. Interdiction de fumer. Votre assistante est habillée comme pour la plage. Vous travaillez dur plusieurs heures d'affilée. Au moment du déjeuner, un jeune homme passe avec sandwichs et boissons. Vendeur ambulant, il fait la tournée de tous les bureaux du quartier. Vos collègues achètent des sandwichs, des chips et du Coca. Certains d'entre eux prennent dix minutes pour descendre chez Luigi's, le snack-bar italien, avant de remonter pour grignoter leur repas tout en travaillant. Une pratique courante, sauf le vendredi, jour du pub. Les Londoniens ont d'affreuses habitudes alimentaires.

Revue de détails

À 18 heures, vous envisagez un repli stratégique. Mais personne ne bouge... Vous décidez de patienter un peu. Les Britanniques sont les Européens qui passent le plus d'heures au bureau. Quatre millions de salariés disent travailler au moins quarante-huit heures par semaine et jusqu'à cinquante et une heures pour les managers (source : The Health and Safety Executive). Mine de rien, il est 19 h 30. Vos collègues plient bagage et vous donnent rendez-vous au pub. Londres en compte plus de cinq mille. Enfants et adolescents en sont légalement exclus. Et puis, à la différence de Paris, pas la peine d'attendre un serveur pour passer commande. Plutôt que de patienter jusqu'à la fermeture du pub à 23 heures (un héritage d'une vieille loi censée protéger les travailleurs...), vous décidez de rentrer dîner avec vos colocataires. Dehors, un kiosquier vous tendThe London Evening Standard,le seul quotidien payant à couvrir exclusivement Londres. Sa diffusion s'élève à 418 000 exemplaires. Ses ventes se sont légèrement érodées depuis le lancement, il y a trois ans, deMetro,le quotidien gratuit.

Arrivé à la maison, un petit mot de vos colocataires vous invite à les rejoindre au pub ! Votre estomac commence à gargouiller mais vous descendez. Il est 22 h 30 quand Rosanna suggère d'aller grignoter un curry. À Londres, il y a presque autant de restaurants indiens que de pubs. Après le repas, Rosanna a envie d'aller en boîte. C'est vrai, les Londonien(ne)s ont de l'énergie à revendre. Mais vous préférez votre bon vieux lit. En analysant votre journée, vous réalisez que les différences entre Londres et Paris tiennent dans les détails. Les Londoniens sont aussi stressés et malades du travail que les Parisiens. Ils ont leur version du Marais (Soho), de la rue de Rivoli (Oxford Street), de Saint-Germain (Chelsea). Ils portent les mêmes vêtements. Clairement, pour déterminer ce qui rapproche ou sépare les deux métropoles, vous avez besoin d'en savoir un peu plus...

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