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À gauche toute

01/11/2002

Londres puis Paris ont élu à leur tête un maire de gauche. Fort différents, Ken Livingstone et Bertrand Delanoë ont la même ambition : rendre la ville à leurs habitants.

À priori, bien des choses séparent Kenneth Livingstone et Bertrand Delanoë. Personnage haut en couleurs et contestataire invétéré, « Ken le Rouge » reste un marginal au sein de sa propre famille politique, le Labour. Viré du parti pour avoir osé défier Tony Blair en maintenant sa candidature à la mairie de Londres contre le candidat travailliste officiel, le fantasque Livingstone, qui adore les reptiles au point de les élever dans son appartement, ne correspond pas vraiment aux nouveaux canons « politicly correct » du New Labour. Rien à voir avec la discrétion de Bertrand Delanoë et sa fidélité à l'establishment socialiste, notamment au dernier Premier ministre, Lionel Jospin. Et pourtant, Ken, 57 ans, et Bertrand, 52 ans, ont une foultitude de points communs. Fidèles à leur ville, ils n'aiment rien moins que s'attaquer aux citadelles imprenables. L'acharnement à son encontre de Margareth Thatcher, puis de Tony Blair, n'a pas empêché Ken Livingstone de devenir, le 4 mai 2000, le premier maire élu de Londres. La main-mise chiraquienne sur la ville de Paris et l'électorat majoritairement de droite de la capitale n'ont pas suffi pour barrer la route à Bertrand Delanoë, premier socialiste à prendre possession de l'Hôtel de Ville en mars 2001. Très tôt, tous deux se sont aussi distingués par leur engagement en faveur des minorités, à commencer par celle des homosexuels, Bertrand Delanoë ayant même fait son « coming out » lors d'une émission sur M6 en 1998. Mais c'est désormais dans la gestion quotidienne de leur ville que les destins des deux maires, qui se sont déjà rencontrés à plusieurs reprises, se rapprochent le plus. Les problèmes à résoudre sont finalement assez similaires, à commencer par ceux liés aux transports, au logement et à la culture. Si, sur ces dossiers, les réponses apportées par Livingstone et Delanoë se rejoignent quant à leur finalité, les moyens, eux, diffèrent parfois sensiblement, du fait des contraintes spécifiques à chaque ville mais aussi de la personnalité des deux hommes.

Transports : la carte verte

S'il est un problème commun aux deux capitales, c'est bien celui des transports. Mais pour s'attaquer à ce dossier, Bertrand Delanoë dispose tout de même d'une plus grande marge de manoeuvre. Ken Livingstone a en effet perdu la maîtrise de l'un des éléments essentiels de sa politique de transport : le métro. Au terme d'un procès entre la mairie, favorable à l'émission d'un emprunt pour rénover le très vétuste Underground londonien, et le gouvernement, partisan d'une privatisation, la justice vient en septembre de trancher en faveur du second. Le maire de Londres, qui a fait des transports son plus gros chantier, mise donc sur la chasse aux autos. Contrairement à la méthode Delanoë, plus soft avec le développement progressif des couloirs de bus, d'un tramway sur le boulevard des Maréchaux et de quartiers verts, le plan Livingstone ne s'encombre pas de détails. À compter de février 2003, toute automobile souhaitant entrer dans le centre de Londres devra s'acquitter d'une taxe de 8 euros. Objectifs : faire baisser le trafic de 10 à 15% et financer, grâce à ce « péage », la mise en place de bus à accordéon et de voies réservées. Autoritaire ou plus consensuelle, l'avenir dira quelle politique aura finalement été la plus efficace.

Logement : la reconquête

Dans le secteur du logement, comme d'ailleurs dans celui du transport, Londres, bien plus que Paris, doit gérer une situation au bord de l'explosion. Avec 85 000 Londoniens dans l'impossibilité de rembourser leur prêt immobilier et des prix au mètre carré de loin les plus élevés d'Europe, la capitale britannique fait face à une pénurie de logements menaçant l'économie même de la ville en ne permettant pas l'installation de toute une frange de la population active (au demeurant, celle votant plutôt à gauche). Ken Livingstone a donc fait de la crise du logement sa deuxième priorité, après les transports. Sa principale mesure vise la construction de 23 000 nouveaux logements chaque année à des prix abordables. Bertrand Delanoë, lui, « se contente » de 3 500 nouveaux logements sociaux par an. Il est vrai que la situation parisienne n'est pas aussi extrême, même si la ville affiche un déficit de 65 000 logements sociaux par rapport au nombre imposé par la loi (20% de logement sociaux). Paris peut ainsi s'offrir le « luxe » de développer une politique de mixité sociale (une curiosité française vue de Londres), de lutte contre l'insalubrité et de transparence quant à l'attribution des logements sociaux avec la création d'une commission ad hoc.

Culture : place à la création

C'est sans doute dans le domaine de la culture que la personnalité de chacun des maires est la plus présente. Grand défenseur des minorités, Ken Livingstone a largement fait reposer l'action culturelle de la très cosmopolite Londres sur des opérations de soutien à ces dernières, que ce soit au travers des Asian Cultural Events, du Black History Month ou du festival anti-raciste Respect. Par ailleurs adepte des mesures radicales, Ken Livingstone fera de Trafalgar Square ce que Paris n'a pas osé faire de la place de la Concorde : un espace avant tout dédié aux piétons, et ce dès 2003. De son côté, Bertrand Delanoë pratique une politique culturelle qui, côté événementiel (Paris plage, Nuit blanche...), est plutôt censée flatter les bobos, des électeurs auxquels le nouveau maire doit beaucoup. Quelques grands projets devraient marquer la mandature en ce sens comme la transformation du théâtre de la Gaîté lyrique en centre de création numérique d'ici 2004 et l'ouverture d'un nouveau lieu de création contemporaine dans les anciennes pompes funèbres du XIXe arrondissement, prévue en 2006. Le maire de Paris n'en oublie pas pour autant sa promesse de décentralisation en allouant 1 euro par habitant et par arrondissement pour favoriser les actions culturelles de proximité.

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