Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

Famille française à Londres

01/11/2002

Philippe, vingt-huit ans, et Stéphanie, trente-cinq ans, ont choisi Londres pour lancer un commerce et élever leurs deux enfants.

Ils auraient pu vivre à La Rochelle. Ils ont choisi Londres. Stéphanie est arrivée la première.« Je n'avais pas envie de vivre en France, et je voulais apprendre l'anglais »,explique-t-elle. Elle débarque dans la capitale britannique, en 1989, en tant que fille au pair. Quelques petits boulots plus tard, elle décroche un poste de réceptionniste à l'Institut français. En 1993, elle prend des vacances pour aller voir son frère, qui travaille dans un magasin de sandwichs sur l'île de Ré. C'est là qu'elle rencontre Philippe. Étudiant déçu de sa première année en droit, il rêve alors d'Amérique. À l'invitation de Stéphanie, il échange le billet Paris-New York fraîchement acheté contre un Paris-Londres. Il pense ne rester qu'une semaine... Il ne partira plus.

Londres n'est pourtant guère sa tasse de thé.« La mer me manque,soupire-t-il.Il m'a fallu deux ou trois ans pour m'y faire. »La ville présente néanmoins des avantages.« À l'époque, c'était la déprime en France. Ici, il y avait du boulot. »Philippe fait tous les métiers : serveur, plongeur et même emballeur de porcelaine chez Harrod's.« J'étais payé entre 250 et 300 livres en liquide à la fin de chaque semaine. »Pas de quoi rouler sur l'or -« Nous logions dans une petite chambre avec WC sur le palier »,se souvient le couple -, mais de quoi vivre avec insouciance, sortir et profiter de la ville.

Après deux ans de bohème, Philippe et Stéphanie décident de se fixer et s'installent à Brixton, un quartier connu pour les émeutes qui l'ont embrasé dans les années quatre-vingt. Au début des années quatre-vingt-dix, un programme gouvernemental de « régénération » commence à le transformer. Mais il est encore peu cher : le couple achète, sur Solon Road, une demi-maison d'une surface de 70 m2. Derrière la porte d'entrée, un escalier mène à la cuisine et au salon. Au deuxième et au troisième étages, la chambre du couple, puis celle des enfants, Mona, quatre ans et demi, et Jules, six mois. Cette année, Mona va à l'école privée anglo-espagnole de Clapham.« Il n'y avait plus de place à l'école publique près de chez nous,justifie Stéphanie.Et Mona a eu une nourrice cubaine qui ne lui parlait qu'espagnol. »

Pour s'occuper de Jules, Stéphanie a démissionné de son poste à l'Institut français. Elle aide aussi Philippe dans leur nouveau projet : un magasin de sandwichs, baptisé l'Opus Café, situé à deux pas de chez eux. Reconnaissable à sa petite terrasse, il accueille une clientèle variée : «Russes, Mexicains, Finlandais, Canadiens... Le monde entier passe par ici. En Angleterre, personne ne se retourne sur des cheveux rouges ou un turban. " Mind your own business " : voilà la mentalité londonienne »,relève Philippe. Le jeune entrepreneur français ne paie pas encore d'impôts, en raison des investissements qu'il a réalisés.« Jamais je n'aurais pu ouvrir ce commerce en France,assure-t-il, conquis par son pays d'adoption.Les Anglais ont un système de prêts beaucoup plus avantageux. »À son arrivée, le couple s'était fait des amis français. Beaucoup sont rentrés au pays, depuis. Philippe et Stéphanie, eux, sont là pour rester.

Envoyer par mail un article

Famille française à Londres

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.

Plus d’informations sur les agences avec les Guides Stratégies

W