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Ils bousculent l'ordre établi

14/02/2003

Ils dénoncent l'establishment, bouleversent les habitudes et les idées reçues. En bref : ils dérangent. Et ça marche !

Jean-Jacques Schaettel [Strasbourg] : La chaîne qui vient titiller France 3

Lancé en novembre 1999 à Strasbourg, le programme de télévision régionale Alsatic a fait la preuve de sa solidité face à l'artillerie lourde déployée par France 3 dans l'information régionale. L'équipe de sept journalistes, dirigée par Jean-Jacques Schaettel, un ancien du quotidienL'Alsace,assure deux heures et demie de programmes hebdomadaires, diffusés sur le câble dans 210 000 foyers.« Notre choix éditorial, c'est le tout en images,déclare Jean-Jacques Schaettel.Les sujets sont montés sans commentaire journalistique et nos studios sont dans la rue. »À l'antenne, les jeunes animateurs enchaînent des sujets concernant la culture, les loisirs et la vie pratique. Les rares interventions en alsacien sont sous-titrées. Pas de place, en revanche, pour les comptes-rendus d'actualité.

Financée par le parrainage des collectivités locales, Alsatic s'essaiera pour la première fois, au printemps 2003, à la publicité. Une pierre dans le jardin de la régie de France3 ?« Nous ne sommes pas concurrents, mais complémentaires, martèle Jean-Jacques Schaettel.Et nos objectifs de recettes, inférieurs à 100 000 euros, sont modestes. »En collaboration avec Telebasel et FRTV, deux chaînes de proximité disposant de structures comparables en Suisse et en Allemagne, Alsatic promet de s'ouvrir largement cette année à l'information culturelle transfrontalière. La TNT locale, pas espérée avant 2005, lui permettra peut-être de toucher enfin tous les foyers de la région.Olivier Mirguet

Henri J. Nijdam [Marseille] : Un magazine pour l'économie provençale

Le bilan est très favorable à ce stade. »Henri J. Nijdam, trois mois après la relance duMéditerranéensur ses terres de Provence, affiche un optimisme certain pour l'avenir du titre qu'il a racheté en 2002, refondu et repositionné comme le« premier journal d'actualité professionnelle, économique et politique de Marseille et de sa région ». « Nous comblons bien, comme nous le souhaitions, le vide entre la presse régionale et la presse nationale »,se réjouit-il. Sur trois numéros, l'ancien patron duNouvel Économisteet deStratégiesannonce 7 600 exemplaires payés en moyenne, plus 4 000 exemplaires de diffusion gratuite qualifiée, l'ensemble ciblant les professions de conseils et de services, des entreprises régionales et des institutions ou collectivités locales. Et le marché publicitaire semble suivre.« Nous avons rempli notre objectif d'une dizaine de pages par numéro, hors petites annonces et annonces légales »,ajoute-t-il.

Du coup, l'homme de presse passe, comme prévu, à la vitesse supérieure. Le titre abandonnera fin février son rythme mensuel pour une périodicité hebdomadaire, accompagnée une fois par mois d'un supplément culture et loisirs. Le concept n'existe sous cette forme qu'en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Un créneau à prendre dans le reste de l'Hexagone.Marc Baudriller

Roger Adida [Marseille] : Cet annonceur s'affiche avec les stars du porno

Comment sortir de l'ombre quand on ne dispose pas d'un budget publicitaire de plusieurs millions d'euros ? Tel était le problème de Roger Adida, PDG de la marque de prêt-à-porter masculin Olly Gan. L'entreprise, dont le siège est à Marseille, a suivi les conseils de Publicis Cachemire à Lyon, qui lui a soufflé qu'il fallait oser et déranger, bref« créer un électrochoc ».D'où le lancement , fin 2000, d'une campagne associant la marque à Rocco Siffredi. Naissait alors l'accroche : « Olly Gan rhabille les hommes ». La star du X s'est associée à une campagne de RP, qui proposait aux journalistes un déjeuner avec lui. Ceux-ci ont réagi et les articles ont fusé, démultipliant l'effet de la campagne. Résultat : trois mois après la première vague, le chiffre d'affaires avait progressé de 20 % (20,7 millions d'euros pour l'exercice 2001-2002) et l'entreprise conquis un tiers de clientèle supplémentaire. Pour 2002 et 2003, Olly Gan persiste et signe. Cette fois Clara Morgane, star féminine du X et présentatrice duJournal du hardsur Canal +, a pris le relais en 4X3 et proclame : « Olly Gan rhabille les hommes. Pas moi. »

Finalement, il n'aura fallu que deux ans, un subtil mélange d'humour et de provocation, un budget de 800 000 euros et quelques RP pour qu'Olly Gan, qui existe depuis 20 ans, se fasse un nom.Marie-Line Lybrecht

Olivier de Richoufftz [Strasbourg] : L'homme qui change l'image de l'Alsace

Cigogne, choucroute, coiffe, cathédrale : le « tourisme en quatre C », c'est de l'histoire passée. Le renouvellement insufflé à partir de 1996 par le Comité régional du tourisme (CRT) d'Alsace se traduit par un nombre de visites exceptionnel à la période des marchés de Noël : malgré le climat rigoureux de décembre, la fréquentation hôtelière a doublé, pour atteindre parfois la saturation. En 2003, les campagnes nationales et internationales (annonces presse, sites Web, brochures) vont d'ailleurs être réorientées pour favoriser un meilleur lissage saisonnier des flux touristiques.« Nous avons arrêté le matraquage sur le thème de Noël et devons même tenter de freiner les ardeurs des groupes en fin d'année »,indique Olivier de Richoufftz, directeur du CRT.

Pour cet ancien responsable commercial d'Eurodisney, à l'origine de cette révolution, les cibles prioritaires sont les Suisses à fort pouvoir d'achat, les jeunes et les touristes américains. Entouré d'une équipe de vingt contractuels payés en fonction de leurs performances, Olivier de Richoufftz s'est assigné six objectifs chiffrés dont ceux, ambitieux, d'augmenter le nombre de nuitées et la dépense moyenne par touriste de 2,5 % chaque année. Pour vendre une Alsace à l'image encore vieillotte au public des moins de 24ans, le CRT, conseillé par les agences strasbourgeoises Novembre et Graffiti, testera en France, en Allemagne et en Angleterre, une campagne de promotion des séjours courts. Particularité : le nom de la région n'apparaîtra pas dans la nouvelle communication qui proposera des descentes en kayak ou des sorties nocturnes sous la bannière « Latitude-A ».Olivier Mirguet

Philippe Brunet-Lecomte [Lyon] : Ce groupe de presse pourfend notables et situations acquises

Lyon Magl'a échappé belle. En levant, le 5 février, l'exécution provisoire de la condamnation (350 000 euros) que lui avait infligée le tribunal de grande instance de Villefranche-sur-Saône pour « dénigrement » du vin de Beaujolais, la cour d'appel de Lyon lui a évité le pire. Déjà, en 2001, le groupe Lyon Mag avait évité une condamnation de 330 000 euros (annulée en appel) pour la mise en cause d'un politicien à Saint-Étienne par le magazine économiqueObjectifs Rhône-Alpes.Des amendes qui dépassent de loin les capacités économiques du groupe qui a réalisé en 2002 un chiffre d'affaires de 2,66 millions d'euros, pour un bénéfice net tout symbolique (2 360 euros).

Créé en 1995 sous forme d'hebdomadaire people avec le soutien du président fondateur de Jet Services,Lyon Maga ensuite été repris par l'équipe de journalistes dirigée par Philippe Brunet-Lecomte (photo). Le titre a alors évolué pour devenir un mensuel d'investigation revendiquant un ton pourfendant notables et situations acquises. Un « persiflage » qui a fait grincer des dents dans le microcosme, mais séduit les Lyonnais. En 2002,Lyon Mags'est introduit en Bourse, une première pour un groupe de presse régional indépendant employant 32personnes. L'opération a permis de lever près d'un million d'euros et de développer d'autres projets. Outre les « historiques » Lyon Mag (30 000ex.) etObjectifs Rhône-Alpes(10 000ex. environ), le groupe a lancé des produits plus soft commeLyon Femmes, Lyon Découverte,des guides hors série et un site Internet, lyonmag.com, avec des infos quotidiennes.Claude Ferrero

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