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Ils cultivent les particularismes locaux

14/02/2003

La mise en valeur des patrimoines régionaux est devenue une valeur sûre pour les médias et les collectivités territoriales.

Rozenn Milin [Lorient] : Cette chaîne parle au coeur des Bretons

En déambulant dans les festivals bretons, on est impressionné par le nombre de jeunes arborant des casquettes aux couleurs de TV Breizh. La chaîne bénéficie d'un vrai courant de sympathie. Créée en septembre 2000 par Patrick Le Lay et Patrick Poivre d'Arvor, avec François Pinault, les groupes Berlusconi, Murdoch et Crédit agricole de Bretagne, elle est dotée d'un budget annuel de 12 millions d'euros et bénéficie d'un double canal son qui permet d'écouter les émissions en breton.

Mais une télévision ne vit pas de sympathie.« Nous sommes une chaîne régionale avec une diffusion par câble et satellite sur toute la France,explique Rozenn Milin, la directrice.Il n'y avait aucun modèle. Nous avons tâtonné avant de stabiliser la grille de programmes. »Désormais, à partir de 20heures, la chaîne vise une audience nationale avec des programmes de cinéma et de fiction, tandis que la tranche 19-20 est régionale, avec un magazine et un journal quotidien d'un quart d'heure lancé à l'automne dernier. Près de 40 % des programmes sont bretons.

TV Breizh s'était donné cinq ans pour équilibrer ses comptes. Si elle a gagné une rémunération sur les bouquets satellites à partir de 2002, son avenir passe par une diffusion hertzienne en clair. Candidate auprès du CSA à une fréquence analogique à Nantes, la chaîne vient de déposer une demande de mise en appel à candidatures de fréquences dans les principales villes bretonnes. Alors, le partenariat avec Ouest France pour la régie publicitaire régionale prendra son sens et les recettes engrangées éviteront que les actionnaires comblent les déficits et puissent remettre en cause l'avenir de la chaîne.Yves Pérénnou

Michel Thiollière [Saint-Étienne] : L'agglomération qui joue la carte du design

Depuis quelques années, le design est l'axe de communication principal de l'agglomération stéphanoise (400 000habitants).« Saint-Étienne Métropole Design s'impose comme un vecteur majeur de reconversion et de modernité du bassin stéphanois »,indique Michel Thiollière, sénateur-maire de la commune et président de Saint-Étienne Métropole. La Biennale internationale du design, qui vient de boucler sa troisième édition, en est l'expression grand public, avec plus de 100 000visiteurs. Mais d'autres activités, moins visibles, existent : des filières de formation (1 300étudiants) aux projets de reconversion des sites emblématiques, en passant par la valorisation d'équipements industriels. Témoin la création du musée d'Art moderne (1987), avec son importante collection d'art contemporain et de design, la rénovation du musée d'Art et d'Industrie (2001), l'essor du musée de la Mine, l'obtention du label « Ville d'art et d'histoire » (en 2000), ou le lancement du premier concours international de design sur Internet (clôture des inscriptions en mars 2003).

Le plus ambitieux reste à venir avec la création, prévue en 2005/2006, du Centre international de design sur le site de l'ex-Giat Industries et l'achèvement de l'église du Corbusier à Firminy (7 millions d'euros). Des initiatives soutenues par un redéploiement industriel dans le high-tech comme, au pays de Langénieux, le futur centre Optique et Vision, en complément des pôles productique et textile santé.Claude Ferrero

Jean-Claude Gallo [Montpellier] : L'éditeur de presse en pointe en Languedoc-Roussillon

Jean-Claude Gallo, trente-sept ans, ne boude pas son plaisir de jeune éditeur de presse :« Nous faisons un carton en kiosques. Tous les numéros de Montpellier se sont arrachés »,s'enthousiasme-t-il. En janvier, Écopresse, son petit groupe de presse installé à Millénaire 2, le nouveau quartier des affaires de la ville, a lancéVent sud,un magazine de territoire qui propose à ses lecteurs de découvrir le Languedoc-Roussillon. On y lit des reportages illustrés sur la région et des portraits de personnalités, sans oublier l'incontournable agenda culturel ou le guide gastronomique... Tiré à 30 000 exemplaires, ce trimestriel est diffusé en France via le réseau Relay.« Le Languedoc-Roussillon est la troisième région touristique française, avec une fréquentation de 14 millions de touristes chaque année, dont 4,5 millions d'étrangers,égrène-t-il.Cela méritait bien un magazine. »

Ce père de deux enfants, entrepreneur dans l'âme, ancien commercial pour leMidi libre,s'était fait la même remarque, en 1999, avant de lancerObjectif Languedoc-Roussillon.Le titre est devenu le premier news économique de la région, avec environ 10 000exemplaires vendus chaque mois.« Au début, personne n'y croyait, et on m'a même assuré que sans étiquette politique affichée, ça ne marcherait jamais »,se souvient-il, pas peu fier d'avoir réussi à garder ses distances avec les grands annonceurs institutionnels, omniprésents en régions.« Aujourd'hui, ils annoncent dans le journal pour de bonnes raisons »,ajoute-t-il. D'abord bimestriel, le titre est devenu mensuel, il y a deux ans, à la faveur d'une entrée de SG Partenaires (Société générale) dans son capital. Jean-Claude Gallo contrôle toujours les deux tiers d'Écopresse, une entreprise d'une dizaine de salariés qui devrait réaliser un chiffre d'affaires de près de 900 000 euros en 2003.François Kermoal

Marc Béchet [Megève]: La station qui crée une eau à son image

L'eau en bouteille, au design élégant, que va commercialiser Megève en 2003 sera à l'image de la station, chic et haut de gamme. Donc, rare et chère (de 3 euros en épicerie fine à 8 euros sur les grandes tables), avec une production distillée au compte-gouttes à raison de deux millions de bouteilles par an. On la trouvera en deux versions, plate et gazeuse, dans les restaurants étoilés et surtout à l'étranger -Japon et États-Unis en tête - où la majorité de la production sera exportée.Un exploitant privé investit 350 000 euros dans l'opération et reversera des royalties à l'office de tourisme, garant de la communication et de l'image de Megève véhiculée par le produit.

À l'origine de l'Eau de Megève, Marc Béchet (photo), directeur de l'office de tourisme, a gardé ses réflexes d'ancien de Publicis à Lyon :« C'est clairement une opération marketing pour valoriser Megève, l'une des rares communes de France à distribuer une eau de source non traitée »,reconnaît-il. Sur place, le nouveau produit servira ainsi de référence pour développer une thématique fondée sur l'eau associée à la qualité et à la pureté. La neige suffisant à la saison d'hiver, c'est l'été qui est l'objet de toute l'attention du directeur de l'office de tourisme. À côté de la pêche et du canyoning, il a imaginé un chemin de l'eau de sources en ruisseaux, un centre balnéo-ludique à l'eau pure, un lieu didactique sur l'histoire de l'eau, complété par une programmation actualisée, le tout ponctué par une séance dégustation à la Ferme de l'eau, nom du futur site de production de l'Eau de Megève.Claude Ferrero

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