
SOMMAIRE DU DOSSIER :
Ouverture culturelle
RELATIONS PUBLIQUES
La lutte des classes
Plaisirs simples
DIRECTEUR ARTISTIQUE
Liberté
Restos* : D'ailleurs mais d'ici
LA LISTE DES PAYS À RISQUE S'ALLONGE
Introspection
Marine Jacquemin : « Je pars pour montrer la vie, pas pour risquer la mienne »
RÊVES SUR PAPIER
Cosmétiques nomades
CLIQUEZ ET PARTEZ EN PAIX
Petits voyages entre amis
TOUR DU MONDE SUR PETIT ÉCRAN
Vive la France
MÉDIA, MON BEAU MÉDIA
LA CÔTE EST PRÊTE POUR UN BAIN DE FOULE
NY LOVE YOU
Égologie
Les sens du voyage
Pause thérapeutique
PARIS EST TOUJOURS PARIS
CIEL, MON MAGAZINE !
Cocon mobile
LA FRANCE TERRE D'ACCUEIL ET DE PASSAGE
HIP HIP HIP HÔTELS
Transparence et accessibilité
Bienvenue au Club 18-30
L'ESPAGNE CONTRE-ATTAQUE
LES FRANÇAIS AIMENT LA LITTÉRATURE DE VOYAGE
Luxe du détail
SARAJEVO ET BEYROUTH, MÊME COMBAT
JOURNALISTES, JE VOUS AIME
TENDANCES DE PUBLICITÉS
Redécouverte
CHIEF EXECUTIVE OFFICER
TOUTES LES DESTINATIONS EN KIOSQUE
Le cinéphile est un touriste qui s'ignore
Repos de la ménagère
GRAND REPORTER
Les 5 premières minutes
Facilité et surprises extrêmes
BRAND MANAGER
28/03/2003 - Les plages du Sud-Ouest, souillées par le fioul de Prestige, craignent pour la saison d'été. La région se mobilise.
En Aquitaine, où le tourisme atteint 60 % du chiffre d'affaires de la région (1,5 milliard d'euros), les professionnels sont inquiets. La marée noire échappée duPrestigequi est venue souiller la côte Atlantique, en décembre 2002 et début 2003, a terni l'image du littoral auprès des vacanciers. Les instituts de thalassothérapie ont été les premiers à déplorer des baisses de réservation - de l'ordre de 50 % -, alors même que leurs eaux, puisées en profondeur et filtrées, n'ont pas été polluées par le fioul du pétrolier. Début mars, les campings haut de gamme du bassin d'Arcachon notaient eux aussi une chute des réservations de l'ordre de 30 à 40 %.« L'attentisme touche toute la filière »,reconnaît Chloé Kiner, à la communication du Comité régional du tourisme d'Aquitaine (CRTA) où les tendances du marché sont mesurées tous les quinze jours. La pollution n'explique d'ailleurs pas tout. La mauvaise conjoncture économique, en particulier en Allemagne - qui fournit le gros des touristes étrangers de l'Aquitaine après la Grande-Bretagne - et la menace de guerre contre l'Irak enfoncent le clou.
L'Aquitaine est frappée de malchance alors qu'elle avait programmé, dès l'automne 2001, de relancer son image touristique via une campagne étalée sur trois ans, dotée d'un budget de 1,35 million d'euros. Cette campagne, confiée à Publicis Atlantique, en liaison avec l'agence de graphisme Maison POA Plume, aura finalement bien lieu. Elle a même débuté dans la région le 19 mars et s'affichera sur les murs du métro parisien en deux vagues successives, mi-avril et mi-mai. Le slogan « J'aime l'Aquitaine », stylisé façon « I love New York », joue sur le registre de l'affectivité.« Ce parti pris se révèle pertinent dans une situation difficile comme celle de la marée noire »,observe Franck Barennes, à la tête de Publicis Atlantique. D'où la décision de renforcer le slogan par une signature : « L'Aquitaine, c'est le coeur qui parle ».« Nous souhaitions exprimer la solidarité et la fierté des gens qui se sont mobilisés sur le terrain »,explique Hervé Marchal, directeur de communication du Conseil régional.
Mais la région entend se mobiliser davantage. Son président, Alain Rousset, a profité de la réouverture des plages - entièrement nettoyées - , fin février, pour promettre une campagne de communication exceptionnelle de « sortie de crise ». Alain Rousset a bon espoir d'obtenir l'appui financier de l'État (qui s'était fortement impliqué à la suite du naufrage de l'Erika)et de l'Union européennee, pour dégager un budget publicitaire supérieur au million d'euros. Prudente, la région attendait tout de même les grandes marées d'équinoxe de la mi-mars, susceptibles de ramener des boulettes de fioul sur le littoral, avant de réfléchir à un axe de communication et de lancer un appel d'offres.« Il faudra agir vite et de concert,exhorte Hervé Marchal,car les touristes réserveront pour cet été pendant les vacances de printemps. »
De son côté, le CRTA s'est engagé en amont dans des opérations de communication de crise, avec l'appui de Publicis Dialog. Dès le mois de janvier, il mettait en place un Numéro vert Aquitaine (0800 121 000) et, depuis le 1er mars, il a ouvert un site Internet, plagenet.info, qui délivre des informations sur l'état des plages mais valorise aussi la diversité des sites touristiques de la région. Des chartes de messages ont également été diffusées auprès des professionnels du tourisme afin qu'ils puissent répondre de façon cohérente aux interrogations du public.
Les initiatives locales, enfin, ne sont pas en reste : Michel Samarcelli, le maire (UMP) de la commune de Lège-Cap-Ferret, sur le bassin d'Arcachon, lance une spectaculaire opération de relations publiques le 13 avril prochain : des journalistes de toute l'Europe sont invités à passer le week-end au Cap-Ferret. Des hélicoptères leur permettront de survoler la presqu'île et une immense table sera dressée sur une plage pour une dégustation géante d'huîtres. Le maire, qui a aussi convié la population et tous les notables ainsi que le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, attend plus de 5 000 personnes à ce banquet qu'il compte inscrire auLivre des Records. De quoi mettre du baume au coeur des ostréiculteurs et des professionnels du tourisme.