
SOMMAIRE DU DOSSIER :
Ouverture culturelle
RELATIONS PUBLIQUES
La lutte des classes
Plaisirs simples
DIRECTEUR ARTISTIQUE
Liberté
Restos* : D'ailleurs mais d'ici
LA LISTE DES PAYS À RISQUE S'ALLONGE
Introspection
Marine Jacquemin : « Je pars pour montrer la vie, pas pour risquer la mienne »
RÊVES SUR PAPIER
Cosmétiques nomades
CLIQUEZ ET PARTEZ EN PAIX
Petits voyages entre amis
TOUR DU MONDE SUR PETIT ÉCRAN
Vive la France
MÉDIA, MON BEAU MÉDIA
LA CÔTE EST PRÊTE POUR UN BAIN DE FOULE
NY LOVE YOU
Égologie
Les sens du voyage
Pause thérapeutique
PARIS EST TOUJOURS PARIS
CIEL, MON MAGAZINE !
Cocon mobile
LA FRANCE TERRE D'ACCUEIL ET DE PASSAGE
HIP HIP HIP HÔTELS
Transparence et accessibilité
Bienvenue au Club 18-30
L'ESPAGNE CONTRE-ATTAQUE
LES FRANÇAIS AIMENT LA LITTÉRATURE DE VOYAGE
Luxe du détail
SARAJEVO ET BEYROUTH, MÊME COMBAT
JOURNALISTES, JE VOUS AIME
TENDANCES DE PUBLICITÉS
Redécouverte
CHIEF EXECUTIVE OFFICER
TOUTES LES DESTINATIONS EN KIOSQUE
Le cinéphile est un touriste qui s'ignore
Repos de la ménagère
GRAND REPORTER
Les 5 premières minutes
Facilité et surprises extrêmes
BRAND MANAGER
28/03/2003 - La presse de tourisme fourmille de titres centrés sur un territoire. Pour les éditeurs, ce succès n'a pourtant rien d'un voyage sans risques.
Vous rêvez voyages, contrées lointaines, îles paradisiaques ou séjours en France ? Avant de vous engouffrer dans la première agence de tourisme venue, faites un détour par le kiosque de votre quartier, vous serez surpris. Les deux poids lourds de la presse découverte,GéoetNational Geographic,tout comme les généralistesGrands ReportagesouBon Voyage,s'accompagnent d'une nuée de petits titres consacrés à une destination. Une tendance qui s'affirme. Les disparitions de titres restent nombreuses mais les naissances sont encore plus soutenues. Plus d'une trentaine se disputent les rayonnages des marchands de journaux, d'Alpes magazineàPays du LimousinouVent Sud,tout juste créés, en passant parAu Québec, Destination Guadeloupe, Mer CaraïbeouMartinique magazine.« Le succès de la presse voyage dépend pour un large part de la destination proposée en une »,explique Arnaud Camus, éditeur deMartinique, GuadeloupeetRéunion magazine.D'où l'idée, lorsqu'une destination marche, de lui consacrer l'intégralité du magazine. Les trois titres d'Arnaud Camus, des guides culturels de 48 pages vendus 5,50 euros, assurent selon lui des ventes de 15 000 à 18 000exemplaires en haute saison, soit de décembre à juin, et de 12 000 à 15 000 exemplaires les autres mois de l'année.« Suffisant, avec quelques pages de publicité et peu de frais, pour assurer des bénéfices »,dit-il.
Parmi ces titres dévolus à une destination, c'est la presse dite « de territoire », entre voyage, découverte et attachement régional, qui tire le mieux son épingle du jeu.« Sur un marché de diffusion pas facile pour la presse magazine en 2002, nos titres " territoires " ont progressé de 2 à 26% »,se félicite Jean-Paul Bobin, chez Milan Presse. Le groupe toulousain éditePyrénées magazine(56 000 ex.),Alpes magazine(45 068 ex.),Bretagne magazine(31 322 ex.),Pays basque magazine(24 841 ex.),Pays de Provence(21 131 ex.) ou encoreEsprit du Sud-Ouest.« Ces titres sont rentables, voire très rentables »,ajoute Jean-Paul Bobin.Pyrénées magazine,lancé en 1989, s'offre même le luxe d'une quatrième position, en matière de rentabilité, dans les titres de l'éditeur de presse. La recette ? Un prix très élevé, autour de 6 euros le numéro, et un lectorat à la fois varié et spécifique.« Nous fédérons en réalité trois types de public,explique Jean-Paul Bobin.Un public de proximité dans la région concernée, un lectorat de la " diaspora ", assez fort pour les Basques ou les Bretons par exemple, et une clientèle de passage qui prépare ses vacances ou s'intéresse à cette contrée. »Ajoutez à cela des portefeuilles publicitaires en croissance régulière depuis quatre ans chez Milan et le créneau se pare des charmes d'une vahiné de papier.
Ce serait oublier les difficultés rencontrées pour passer le cap de l'enfance à l'âge adulte. Les titres jadis édités par le groupe clermontois Freeway se sont éteints un à un, comme les volcans d'Auvergne, à l'exception deMassif central magazine.Pour les autres familles de la presse voyage, le climat reste rude. Ceux qui, telWeek-end,voyaient venir les 35 heures comme un eldorado, ont dû déchanter et ont fermé boutique. Porté par un puissant lancement en avril 2000,Bon Voyage(Hachette) résiste avec 60 000 exemplaires vendus en kiosques ou par abonnement et 40 000 écoulés « par tiers ». Dans le registre très select du voyage culturel, Milan a arrêté voilà quelques annéesMéditerranée magazine,etMuséarta disparu.Ulysse(groupe PVC, 63 000 ex. payés), réservé aux cadres supérieurs, aux retraités dorés sur tranche et aux étudiants les moins potaches, défend désormais seul la bannière du périple dit « intelligent ». En 2003, le voyage reste donc encore une aventure pour la presse. Risquée.