
SOMMAIRE DU DOSSIER :
Ouverture culturelle
RELATIONS PUBLIQUES
La lutte des classes
Plaisirs simples
DIRECTEUR ARTISTIQUE
Liberté
Restos* : D'ailleurs mais d'ici
LA LISTE DES PAYS À RISQUE S'ALLONGE
Introspection
Marine Jacquemin : « Je pars pour montrer la vie, pas pour risquer la mienne »
RÊVES SUR PAPIER
Cosmétiques nomades
CLIQUEZ ET PARTEZ EN PAIX
Petits voyages entre amis
TOUR DU MONDE SUR PETIT ÉCRAN
Vive la France
MÉDIA, MON BEAU MÉDIA
LA CÔTE EST PRÊTE POUR UN BAIN DE FOULE
NY LOVE YOU
Égologie
Les sens du voyage
Pause thérapeutique
PARIS EST TOUJOURS PARIS
CIEL, MON MAGAZINE !
Cocon mobile
LA FRANCE TERRE D'ACCUEIL ET DE PASSAGE
HIP HIP HIP HÔTELS
Transparence et accessibilité
Bienvenue au Club 18-30
L'ESPAGNE CONTRE-ATTAQUE
LES FRANÇAIS AIMENT LA LITTÉRATURE DE VOYAGE
Luxe du détail
SARAJEVO ET BEYROUTH, MÊME COMBAT
JOURNALISTES, JE VOUS AIME
TENDANCES DE PUBLICITÉS
Redécouverte
CHIEF EXECUTIVE OFFICER
TOUTES LES DESTINATIONS EN KIOSQUE
Le cinéphile est un touriste qui s'ignore
Repos de la ménagère
GRAND REPORTER
Les 5 premières minutes
Facilité et surprises extrêmes
BRAND MANAGER
28/03/2003 - Goûtez à la mousson indienne, voguez dans la vodka, chantez la sangria... Invitez le monde à votre table.
En première classe
Le grand jeu : le mariage du décor et des saveurs impressionnent les yeux comme le palais. L'accueil VIP en prime.
Plus qu'un voyage en Inde, le restaurantYugarajpropose un voyage dans le temps, avec un service « à l'anglaise », d'une prévenance empreinte de raffinement. L'élégance, voilà bien ce qui distingue Monsieur Kulendren Meyappen, qui sert, dans un écrin fait de bois sculpté et d'antiquités, la meilleure cuisine indienne de la capitale. Curry de porc fermier aux graines de moutarde façon Goa ou agneau de lait en curry accompagné de légumes à la crème de noix de cajou, amandes et herbes de muscade. À moins d'opter pour des aubergines grillées au four tandoor. Plus dur sera le choix sur une carte exhaustive où le maître des lieux invente même des desserts (puisque l'Inde en compte peu), comme la glace à la cardamome ou un nan sucré, pour ne pas décevoir les amateurs de douceurs. On passerait des heures hors du temps à la table du « Prince de l'univers », traduction littérale de Yugaraj.
Le portefeuille : fait contre mauvaise fortune très bon repas.
Menu à partir de 28 #euro;.
Menu dégustation (grandiose) à 49,55 #euro;. Compter 40 #euro; à la carte.
Yugaraj, 14 rue Dauphine, 75006 Paris.
Tél. : 01.43.26.44.91
« Vous ne changez pas », lance un client à la patronne duGrand Venise, petite Italienne énergique qui rétorque : « Je suis pourtant une vieille dame de quatre-vingts ans. » Une grand-mère, secondée en salle par sa fille et en cuisine par son fils, qui régente tout son petit monde avec tendresse, présente elle-même les ingrédients qui com- posent les plats du jour et d'un coup d'oeil décrète : « Vous reviendrez une autre fois pour les hors-d'oeuvre, sinon vous ne finirez pas les plats. » Et elles sont copieuses les assiettes de lasagnes aux fruits de mer, surtout après le panier de crudités, les toasts, les olives, le fromage et l'assiette de charcuterie « pour patienter ». Le décor un peu suranné, entre angelots, tableaux de la Sérénissime et immenses bouquets de fleurs fraîches, est à la hauteur des prix, prohibitifs, mais quel beau voyage. Johnny et Henri Salvador sont des fidèles. Superbe carte de vins italiens.
Le portefeuille : flambeur, forcément.
À partir de 75 #euro;.
Le Grand Venise, 171 rue de la Convention, 75015 Paris.
Tél. : 01.45.32.49.71
Le Pravda Café (49 rue Jean-Pierre Timbaud, Paris XIe) étant déjà trop couru pour être vraiment rafraîchissant, retour aux valeurs sûres avec l'indémodable cabaret russeNIKITA. Le velours, les rouges et les ors, les musiciens et les danseuses, la collection de vodkas parfumées et le menu, ces témoins des grandes heures d'un empire disparu, répondent toujours présents. Pour ressusciter, le temps d'une soirée, le faste d'une Russie de carte postale, mieux vaut réserver.
Le portefeuille : soumis à une inflation galopante. À partir de 50 #euro;.
Nikita, 6 rue Faustin-Hélie, 75016 Paris.
Tél. : 01.45.04.04.33
L'inébranlable « Blue Elephant » et son décor luxuriant ont un sérieux concurrent à l'autre bout de l'arrondissement. Le rival, installé dans une petite maison de ville, s'appelleKhun Akorn. Les dorures, comme la musique et le service, jouent la carte de la discrétion. Ce qui n'est pas le cas de la carte. On ne saurait résister aux Pratod lom, assortiment de crevettes sautées, de porc, d'oignons et de racines de coriandre, le tout roulé et frit dans un cornet de pâte de riz. Le menu donne à choisir parmi les meilleures spécialités des différentes régions thaï. Cet été, les places sur la terrasse, située à l'étage, vont faire des envieux.
Le portefeuille : sourit jaune.
Compter 35 #euro;.
Khun Akorn, 8 avenue de Taillebourg,
75011 Paris. Tél. : 01.43.56.20.03.
Le temps d'un week-end
Comme à Lisbonne, à Budapest ou à Fez, une échappée belle dans un univers proche, sans risque majeur côté cuisine.
Est-ce pour la jolie carte des vins et de portos que l'on retourne régulièrement chezSaudade, pour les azulejos qui embellissent la salle ou pour le son du fado, souvenir d'un récent voyage à Lisbonne ? Qu'importe, le charme agit et la morue offre toujours au menu une délicieuse variation sur le même thème. En beignet, en pavé, en brandade, le bacalhau éclipse encore les plats de viande, parfois trop cuits, qui sortent des cuisine d'origine lusitanienne.
Le portefeuille : à peine nostalgique.
Menu à 20 #euro;. Compter 35 #euro; à la carte, sans les portos.
Saudade, 34 rue des Bourdonnais, 75001 Paris. Tél. : 01.42.36.30.71.
Nappages blanc, assiettes anciennes accrochées au mur : la décoration désuète duPaprikan'est pas, à proprement parler, « dépaysante ». C'est quand vient le soir, à l'heure où les chandelles s'allument et tremblent au son des violons tziganes, que l'âme slave éclaire les murs tristes. Pour découvrir quelques fleurons du vin hongrois, pour la gentillesse de Laszlö, le patron, pour le foie gras « maison » et les petits plats aux noms mystérieux mijotés par son épouse, on fait volontiers le déplacement. De préférence quand les musiciens sont dans la place.
Le portefeuille : en sécurité.
Menu du jour à 20 #euro;.
Le Paprika, 28 avenue de Trudaine, 75009 Paris. Tél. : 01.44.63.02.91.
Est-ce une boutique, un restaurant, un salon de thé où fumer le narguilé ?Sous le jasminest un peu tout cela à la fois, avec une carte étonnante où le couscous tunisien côtoie la pastilla marocaine et où la salade d'orange à la cannelle le dispute au tiramisu. Côté menu donc, c'est méditerranéen au sens large. Côté déco, c'est le souk au sens noble : lampes, tables, miroir, étagères en fer forgé, assiettes en céramique. Et tout est à vendre. La profusion de lampes basses donne à la salle une atmosphère feutrée, très conviviale. La gentillesse et la prévenance du service n'y sont pas étrangères. Une mini-médina où l'on se sent vite chez soi.
Le portefeuille : se rattrape sur l'artisanat. Pour la cuisine, compter 15 #euro; à la carte.
Sous le Jasmin, 66 rue Blanche, 75009 Paris. Tél. : 01.49.70.06.75.
Sac au dos
Pour les aventuriers du goût et de ces petites adresses qui ne paient pas de mine, mais sortent résolument des sentiers battus.
À midi,Dilan, ce petit restaurant aux murs voûtés ne laisse pas le charme agir, pour cause de clientèle bruyante. Mais le soir, les habitués réinvestissent les banquettes tendues de tissus traditionnels kurdes, calées contre un mur fait de terre et de paille mêlées où sont exposés des vues de ce pays sans frontières. L'ambiance gagne en douceur, l'accueil est tout en longueur et en sourires. On peut prendre tout son temps pour se pencher sur le menu, riche et varié, en sirotant un Yakut ou un Buzbag, deux vins « de Turquie en provenance du Kurdistan ». C'est une parenthèse, un moment de plaisir que l'on s'offre comme un beqlewe en fin de repas, cet irrésistible feuilleté aux noix et sirop de sucre.
Le portefeuille : rassuré.
Menu à moins de 10 #euro; à midi.
Compter 20 #euro; à la carte le soir.
Dilan, 11-13 rue Mandar, 75002 Paris,
Tél. : 01.40.26.81.04.
Réservée aux voyages de nuit, cette adresse qu'il faut savoir dénicher dans la rue Tiquetonne se révèle particulièrement conviviale et bon enfant. La décoration duBabylone bis, qui se veut afro-antillaise, oscille entre peau de zèbre et taches léopard (la porte des toilettes), la clientèle entre noctambules affamés (sur le coup de cinq heures du matin), peuple en goguette et simples amateurs de mafé et de poulet yassa. Certaines équipes de rugby s'y retrouveraient pour des lendemains de match bien arrosés.
Le portefeuille : peut dormir tranquille.
Compter 15 #euro;.
Babylone bis, 34 rue Tiquetonne, 75002 Paris. Tél. : 01.42.33.48.35.
Rendez-vous d'intellectuels et de nostalgiques d'une Russie plus traditionnelle que folklorique,Matriochkacontinue de ravir les amateurs d'authentiques goloubtsi (chou farci au boeuf) et de Koulikova (marque d'une bière russe). Dans un décor de poupée qui a donné son nom au restaurant, on fait son choix parmi une dizaine de vodkas nature, des vins d'origine bulgare ou géorgienne, avec l'impression délicieuse d'être invité chez un particulier. La place étant vite pleine, mieux vaut réserver, surtout le samedi, quand viennent jouer les musiciens.
Le portefeuille : sobre.
Menus à partir de 15 #euro;, et 30 #euro; pour la formule caviar. Fermé le midi.
Matriochka, 18 rue de Frémicourt, 75015 Paris, Tél. : 01.45.79.51.59.
Au départ de
Décentralisation oblige, on s'évade aussi au départ de Lille, Marseille, Lyon ou Strasbourg.
Pour s'habituer aux tardifs dîners ibères, rendez-vous non loin du quai Fulchiron, dans une petite rue pavée qui abrite la devanture vitrée d'Alicante El Barrio. Carreaux bleutés à l'extérieur et à l'intérieur où l'ambiance ne faiblit pas jusque tard dans la nuit. Le comptoir a le dos large, pour supporter les fêtards assoiffés de sangria et les assiettes sans cesse renouvelées de tapas délicieusement grasses, qu'on grignote (forcément) du bout des doigts.
Le portefeuille : tranquille.
Compter 15 #euro;.
Alicante El Barrio, 16 rue Saint-Georges, 69005 Lyon. Tél. : 04.78.37.99.11.
Plus zen, leSushidovient tout juste d'ouvrir ses portes dans la presqu'île. Pour dîner « à la manière de » dans ce sushi bar haut de gamme, on s'attablera devant le bar circulaire où défilent en permanence plats et sushis « faits minute », dans des assiettes de couleurs différentes selon les ingrédients utilisés, le temps de préparation et le prix. Délicat. À l'étage, l'éclairage - minimaliste - et le rouge, commun aux murs et au parquet, s'accorde davantage à la dégustation en duo du bout des baguettes (je te tends un maki, tu gobes un sashimi, partageons un bentos ou l'irrésistible « Phyto glace » thé vert-poire). C'est beau, c'est mode, c'est chic et, pour l'instant, abordable.
Le portefeuille : zen.
Compter 20 #euro; à la carte.
Sushido, 169 rue Cuvier, 69003 Lyon.
Tél. : 04.78.52.70.35.
Saveurs asiatiques encore, mais plus inventives, auLemon Grass, très belle adresse du VIIe arrondissement de Marseille. Joli creuset de saveurs d'Asie dans une assiette assez surprenante. À visiter d'urgence : cette destination atypique attire de plus en plus de visiteurs, et les prix pourraient grimper.
Le portefeuille : sollicité.
À partir de 35 #euro; à la carte.
Lemon Grass, 8 rue du Fort Notre-Dame, 13007 Marseille. Tél. : 04.91.33.97.65.
Asie toujours, pour un voyage prestigieux en Thaïlande au départ de Lille.Lanathaï, le bien nommé, sonne comme une symphonie que l'on retrouve immanquablement dans l'assiette. Décor harmonieux (tissus chatoyants, statues anciennes et couverts d'apparat) et papilles en fêtes, voire en feu. C'est chic, élégant, mais sans distance : la convivialité des « gens du Nord » est contagieuse. Une échappée belle, et bonne, pour oublier les hivers rudes et froids, à prix plus doux que le curry maison.
Le portefeuille : s'en sort honorablement. À partir de 25 #euro;.
Lanathaï, 189 rue de Solferino, 59000 Lille. Tél. : 03.20.57.20.20.