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Tourisme d'affaires

Vive la France

28/03/2003

Moins loin, moins longtemps et chacun chez soi ! Le tourisme d'affaires est l'une des principales victimes de la frilosité de l'économie. L'Hexagone redevient une destination prisée.

Plongeon des Bourses internationales, faillite de grands groupes industriels, transport aérien en berne, perspectives de reprise économique paralysées par la menace de conflits... Le tourisme d'affaires n'a pas échappé à la frilosité des entreprises internationales. Et 2003 ne s'annonce guère meilleur. « Serrer les budgets » est devenu le maître mot.« Nous continuons à organiser nos manifestations mais nous jouons sur leur durée afin de gérer au mieux nos dépenses. Notre dernière convention à Deauville s'est déroulée sur un jour et demi. Nous avons ainsi économisé une deuxième nuit d'hôtel »,explique-t-on chez BNP Paribas. L'établissement bancaire n'est pas un cas isolé. Les journées d'étude, au détriment des séjours, sont désormais légion. Par contre, le nombre moyen de participants est en forte augmentation. Selon l'étude de Coach Omnium/Salon Bedouk réalisée en décembre dernier auprès de deux cents entreprises françaises, une entreprise sur deux organise une manifestation de plus de cent personnes contre une sur cinq il y a six ans.

Au Groupe Axa aussi, on se sert la ceinture. Après avoir crapahuté dans le désert du Ténéré, sur la Grande Muraille de Chine ou en Amazonie, les deux cent cinquante top-managers réunis pour la traditionnelle « Corpo » triennale se retrouveront cette année dans un domaine du groupe... en France.« Cette décision s'inscrit dans notre plan de réduction des coûts décidé après les attentats du 11 septembre 2001 »,confirme le porte-parole du géant mondial de l'assurance.

Conséquence de cette tragédie, les Américains sont restés chez eux. Les Européens aussi.« La France devient la principale destination des réunions professionnelles des entreprises françaises »,remarque l'étude. En effet, plus de neuf entreprises sur dix implantées en France ont préféré organiser leur manifestation dans l'Hexagone. Ce qui n'est pas sans poser de problème car, dans bon nombre de cas, cela revient parfois plus cher que d'aller dans certains pays, comme ceux du Maghreb, désormais totalement boudés.

Résultat : si, l'an dernier, l'activité des réunions professionnelles des entreprises françaises a relativement stagné, les auteurs de l'étude ont constaté une légère hausse des budgets moyens investis : +2,3 %, soit 8,7 milliards d'euros. Malgré la relative bonne tenue du marché français, tous les professionnels reconnaissent pourtant que rien n'est plus comme avant. Aux lieux ignorés pendant des mois comme la Tour Montparnasse, aux manifestations reportées (telle l'inauguration de Coeur Défense, le plus grand ensemble immobilier de bureaux d'Europe, prévue initialement le jeudi 13 septembre 2001) ou annulées, se sont ajoutés de nouveaux comportements à gérer. Ainsi, la décision d'organiser un congrès ou un séminaire est de plus en plus tardive.« Il n'y a plus aucune visibilité. Plus personne, que ce soit une agence organisatrice d'événements ou un hôtel, ne peut dire si dans trois mois, il aura une opération à organiser »,confie Benoît Rosenthal, directeur général des éditions Bedouk. Toutes les règles ont été bouleversées. Les périodes creuses et les périodes pleines se sont inversées.

Formidable succés ou fiasco lamentable

Même constat au groupe Concorde.« Nous commençons le mois avec 10-15 % de réservation pour finir avec un taux de 60 % et désormais le délai moyen de réservation est de six à huit semaines contre dix à douze auparavant, même pour des dossiers extrêmement lourds en termes d'organisation »,regrette Emmanuel Schott, directeur des ventes. Du coup, le groupe a dû se réorganiser.« Nous avons centralisé au niveau européen les services de réservation et créé une cellule qui répond dans un délai maximum de six heures aux demandes des clients »,poursuit-il. De même, le recours à l'hôtellerie quatre étoiles s'est considérablement réduit au profit de l'hôtellerie trois étoiles.« Quant une entreprise licencie du personnel, il serait indécent que ses troupes aillent ensuite en séminaire dans des hôtels de luxe ! »,relève un dirigeant d'entreprise interrogé dans l'étude. Sans compter qu'il faut aussi s'adapter à la législation du travail. RTT oblige ! Il vaut mieux oublier le vendredi et le lundi. C'est simple, le calendrier se concentre sur trois jours : mardi, mercredi et jeudi.« Une entreprise a du mal à déplacer ses salariés pendant tout un week-end, sauf à faire venir maris, femmes et enfants ! Il est donc très difficile de vendre un vendredi ou un lundi »,confirme le directeur d'un grand hôtel.

Dans cet environnement complexe, les entreprises doivent faire preuve d'imagination.« Cela peut paraître contradictoire avec la volonté de réduction budgétaire. Mais au contraire, cela ne fait que confirmer leur volonté de faire mouchelors de ces manifestations et de rentabiliser au mieux leur investissement », poursuivent les auteurs de l'étude. Car une soirée pour remercier ou (re)motiver son personnel peut-être un formidable succès ou un lamentable fiasco. Pour un budget compris entre soixante et deux cent cinquante euros par personne et par jour, soit nettement moins qu'une semaine sur une plage des Caraïbes, elles peuvent trouver des lieux atypiques mais aussi proposer des activités ou des animations qui donneront un caractère particulier au rassemblement, une dimension unique à leur manifestation. Exemple : la Convention Xerox qui a réuni quatre cent cinquante commerciaux et sept cent cinquante concessionnaires à La Défense en septembre dernier. L'agence BSO a eu l'idée d'adapter, au détail près, l'émission de Thierry ArdissonTout le monde en parlepour présenter les nouveaux produits du groupe américain. Succès assuré.

Et pour faire la fête, il est préférable d'inviter ses salariés dans un restaurant-discothèque comme le Man Ray, temple branché, ou au musée des Arts forains dans les Pavillons de Bercy plutôt qu'à une soirée Casino, jugée totalement ringarde aujourd'hui.« Si une entreprise propose toujours le même lieu et les mêmes activités à ses salariés, autant délivrer son message dans l'une de ses salles de réunion »,ironise-t-on dans une agence événementielle. Sur l'intérêt des activités externes demandées pendant les séminaires, en deux ans, les mentalités ont changé.« En 2000, seule près d'une entreprise sur deux déclarait associer des activités externes à ses séminaires de travail. Désormais, elles sont deux sur trois à y avoir recours »,souligne l'étude. En tête, les activités ludiques et sportives. Mais les activités culturelles et gastronomiques - visite d'abbaye ou soirée oenologique - gagnent du terrain. Enfin, si dans les années quatre-vingt-dix, les séminaires de motivation mettaient en avant le dépassement de soi, désormais les sports extrêmes ont quasiment disparu des catalogues des agences d'incentive. Souvenez-vous des sueurs froides lorsqu'il fallait sauter à l'élastique devant tous ses collègues ! Aujourd'hui, les animations peuvent être sportives mais ne relèvent plus du défi. Et puis, les chasses au trésor, enquêtes policières et autres parties de paintball rencontrent aussi un grand succès. Et là, les salariés en redemandent.

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