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DES CÉRÉALES DANS LE DESIGN

06/06/2003 - De l'agroalimentaire au design, il n'y a qu'un pas. Marie-Thérèse Berling et Bernard Skalli l'ont franchi : ils ont inventé une nouvelle matière à partir des céréales.

Les Tsé Tsé en ont fait des boîtes-bobines, le designer Martin Szekely les objets décoratifs de sa ligne Galilée. Le créateur Pascal Bauer a imaginé des coupes à fruits joliment appelées Ondes. Grizous Design a créé des pinces à bougies. Ces objets, visibles chez Greenage, une boutique de la rue du Bac, à Paris, sont tous destinés à la maison. Ils se veulent simples, esthétiques et pratiques. Leur point commun : ils sont fabriqués dans une nouvelle matière issue des céréales : le Céralin, marque déposée.

Le Céralin est une découverte de Bernard Skalli et Marie-Thérèse Berling, deux transfuges du groupe agroalimentaire Rivoire&Carret-Lustucru. Pour eux, l'aventure du Céralin a commencé en 2000, par un brain-storming sur« le concept de naturalité du produit et du contenant. »En clair, y a-t-il un moyen de créer des emballages biodégradables, y compris à partir de cosmestibles ?

Forts de leur parcours professionnel dans la filière céréalière, ils s'interrogent : pourquoi ne pas recycler la partie non consommée de la céréale ?« C'était une vraie conviction qui venait de la connaissance de notre métier »,tient à préciser Marie-Thérèse Berling.

Avec Bernard Skalli, elle monte un laboratoire de recherche et développement. Un an plus tard, tous deux trouvent le moyen de transformer l'enveloppe des grains de céréales. Ainsi naît le Céralin, véritable matière vivante, naturelle, respirante et... 100 % biodégradable. Mais qu'en faire ?

Le recyclé, c'est classe

Le rêve de nos deux découvreurs, qui souhaitent démystifier la notion de produit recyclé, est d'introduire« du high-tech en termes de qualité de production et du haut de gamme dans les biens de consommation »,le tout à des prix accessibles. Après avoir prospecté quantité de marchés potentiels, ils décident de laisser s'exprimer leur passion pour la création, prennent le pari de se placer sur le marché du design et font appel à des designers, des personnalités fortes capables d'apporter une nouvelle dimension au Céralin. Martin Szekely, qui a dessiné les boules Galilée en Céralin et métal, ne tarit pas d'éloges sur cette innovation :« C'est un matériau ambivalent, je l'ai donc mis en condition d'ambivalence. Comme il est léger, je l'ai croisé avec un matériau lourd. Comme il est chaud, je l'ai croisé avec un matériau froid. »Quant aux Tsé Tsé, qui ont dessiné les boîtes-bobines, ils s'enthousiasment :« C'est une matière extraordinaire, qui peut être transparente. Son potentiel est très important. »

Le succès est au rendez-vous : outre la boutique Greenage, ouverte en 2002 pour commercialiser des produits en Céralin, le duo, dans son laboratoire, BSM Développement, réunit une dizaine d'employés autour de ses projets innovants. Au moment où l'on n'a jamais autant parlé de développement durable, le Céralin est un vrai débouché pour la filière céréalière.

En image
Le chaud de l'objet déco ajoute le plaisir des sens au plaisir des yeux. Les boules Galilée de Martin Szekely, les Ondes de Pascal Bauer, les boîtes-bobines des Tsé Tsé sont à la boutique Greenage, à Paris
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