
SOMMAIRE DU DOSSIER :
WALLPAPER* CHANGE DE PEAU
MOBILIER CITOYEN
Le destin polaire du frigo
JOURNALISTE CASANIER
LA PRESSE DÉCO, VALEUR REFUGE
Splendeurs & idées du télétravail
DESIGNER BOHÈME
REVOILÀ LA DOMOTIQUE
Vues de l'intérieur
Cartes postales
MA JOURNÉE AVEC UN « HOMME TOUTES MAINS »
Maisons de pub
PROJET : « Imaginer une maison en phase avec notre vie »
GULLIVER, LE RETOUR
(Co) location : tout reste à inventer
Respirer : Un coin de verdure
DES CÉRÉALES DANS LE DESIGN
Hissez les couleurs !
Travailler : La bataille pour les mètres carrés
Ranger : Une pièce en plus
Dessine-moi un meuble
Buller : Salle de bien-être
Dormir : La chambre comme un sanctuaire
Se détendre : L'espace commun
ENERGIE : Parlez-vous feng shui ?
PLANNEUR PANTOUFLARD
SONNEZ AVANT D'ENTRER
MANAGER JARDINIER
OUVREZ, VOUS ÊTES AUDITÉS
Quoi de neuf du côté de chez vous ?
L'OR VERT AU BALCON
LA BOÎTE À IDÉES JAPONAISE
PROS À DOMICILE
LE TÉLÉPHONE A TOUJOURS UNE IDÉE FIXE
Cuisiner : Le coeur du foyer
ACCROS À LA DÉCO
LA FEMME EST L'AVENIR DU BRICOLAGE
Maisons cocons, maisons ouvertes
06/06/2003 - Leurs qualités d'usage sont identiques à celle du mobilier classique. Mais leur vocation, écologiquement correcte, est de devenir un déchet banal. Leur nom ? Les meubles « éco-conçus ».
Si beaucoup commencent à y songer, seuls quelques professionnels du mobilier de maison ont déjà franchi le pas de l'éco-conception. Alors gare aux confusions entre produit éco-conçu et produit naturel !« Avec l'éco-conception, on ne va pas forcément chercher à utiliser exclusivement des matériaux naturels, mais plutôt à limiter la quantité d'énergie utilisée, à éviter les tranferts de pollution et à choisir des matériaux facilement recyclables car la démarche intègre la totalité du cycle de vie du produit et notamment sa valorisation en fin de vie. La traçabilité du mode de production et la labellisation sont donc indispensables »,explique Sophie Labrousse, chargée de mission environnement au Centre technique du bois et de l'ameublement (CTBA).
À partir d'un cahier des charges alourdi de quelques critères environnementaux, Simmons et le CTBA ont ainsi mis au point le matelas Futsi, qui conserve le savoir-faire de la marque autour du ressort ensaché. Fabriqué à partir de coton et de lin, il ne contient ni colle ni solvant, ceux-là mêmes qui émettent des gaz toxiques lors de l'incinération du produit usagé. Finalement plus plat que les autres matelas, il a été rangé dans la catégorie des futons parmi lesquels il fait bonne figure pour les habitués de la literie traditionnelle. Son sommier Oki, en pin issu de forêts éco-gérées, est traité à l'huile de lin et privilégie les fixations par emboîtement. Plusieurs sièges de bureau, intégrés pour la plupart dans les gammes de mobilier professionnel, peuvent se prévaloir du label d'éco-conception. Pour le siège Bob, Eurosit a par exemple privilégié les plastiques monolithiques qui facilitent la séparabilité des matériaux et le démontage. Dans ses versions les plus simples, il touche une clientèle de particuliers via les distributeurs de mobilier pour enfants. L'évier Mam's savor, conçu par Chasseurs de signe et encore à l'état de prototype, utilise aussi des matériaux intégralement recyclables mais permet surtout, grâce à des robinets transversaux et des bacs amovibles, de s'adapter aux différents usages de l'évier et d'éviter ainsi les gaspillages d'eau.« Ce n'est presque plus de l'éco-conception, mais déjà de l'éco-usage »,souligne David Carvalho, designer chez Chasseurs de signe.
Convaincre la grande distribution
Eurosit ne vend encore que quelques centaines de sièges Bob par mois, essentiellement aux particuliers, et Simmons vient de lancer la commercialisation de Futsi, prix de l'innovation 2003 du Salon du meuble de Paris. Les produits éco-conçus ne coûtent pas forcément plus cher que leur équivalent classique mais, avant de séduire le grand public, il faudra convaincre la grande distribution, ce qui n'est pas le moindre défi. Nécessité pourrait faire loi, si l'on en croit l'expérience de Roset et de Cinna, deux marques dont les usines respectent depuis plusieurs années les critères de la protection de l'environnement.« Outre notre propre volonté, cela devenait un argument marketing de plus en plus important sur certains de nos gros marchés comme l'Allemagne,indique Pierre Roset, Pdg de Roset. Face à un mouvement aussi fort, la filière meuble devra s'adapter. Ces modes de production risquent toutefois de rester l'apanage des sociétés capitalistes très avancées car les limites de l'éco-conception sont vite atteintes et les technologies qu'elle implique restent souvent à mettre au point par l'ingénierie. »