Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

Leurs meilleurs coups de l'année

19/06/1998

Dix producteurs de films publicitaires livrent chacun un événement-clé qui a marqué leur année.

Quel a été votre meilleur coup de l'année? Telle est la question posée parStratégiesà une dizaine de producteurs représentatifs du marché. Un film tourné au bout du monde, une avalanche de spots sur le thème du football, un recrutement audacieux... tous avaient carte blanche pour donner l'événement-clé de leur année. Pour nombre d'entre eux, la réponse a d'ailleurs été immédiate: les bons coups, c'est avec les réalisateurs qu'ils les ont faits. Ceux qu'ils ont retrouvés après des années, ceux qu'ils ont découverts chez les voisins et ceux qu'ils ont dénichés dans les agences...

Vive le foot

Olivier Jean , chez Koloss, déteste le foot. Ce qui ne l'a pas empêché de signer treize films Nestlé pour la Coupe du monde, réalisés par Arnaud Vincenti. Une sorte de renvoi d'ascenseur. «Nous avions fait un film Kindy chez McCann pour 400000francs, et l'agence nous avait promis de nous remettre sur un budget. Il y avait des productions espagnoles et françaises sur le coup, mais c'est Koloss qui a remporté le morceau.»En matière de coûts et d'organisation, la maison de production d'Olivier Jean et José Garcia était la mieux placée. Cette jolie sortie vient couronner les deux ans de Koloss qui fêtera ce joyeux événement le 28juin. La petite société revendique quelques belles réussites artistiques, telles que le repositionnement des grands réalisateurs Vincent Monnet et Jean-Louis Beaudequin. Enfin, Olivier Jean affirme que Koloss veut garder une taille humaine et que son chiffre d'affaires de 10millions de francs lui suffit amplement.

La Xsara de Bouddha!

François Chilot , le patron des Producers, n'a aucune hésitation: son plus joli coup de l'année, c'est le spot Xsara tourné chez les moines bouddhistes en décembre dernier. Une semaine au Ladakh, province située au nord-est de l'Inde, Andrew Douglas derrière la caméra, Laurent Dupont et Stéphane Franck à la création et plus de 5millions de francs pour mener à bien l'entreprise. Voilà de quoi se féliciter, surtout lorsque l'on voit le résultat. Ce projet élaboré par Euro RSCG SL pour Citroën avait provoqué beaucoup d'enthousiasme et, parmi les maisons de production en compétition, il y avait notamment Bandits, Première Heure, et Hamster. Ce n'est pas la première fois que les Producers travaillent avec l'enseigne. Par le passé, François Chilot a produit des films Berlingo, Lavomatic et Air France. «Avec eux, cela s'est toujours superbement passé. C'est l'une des agences les plus intéressantes», raconte-t-il. Concernant 1998, le producteur reste nuancé. Il estime que si d'un point de vue créatif, l'année est excellente, en revanche, en matière de finances, le métier ne s'arrange pas. «Nous en sommes toujours à nous battre pour disposer de budgets convenables. Les agences et les annonceurs ne cessent de nous forcer à travailler dans des conditions chaque fois plus difficiles.»

Plus jamais sans Barry

Dominique Rigaud , patron de la société qui porte son nom, peut être content. Lui qui ne parle jamais de lui, qui a tendance à se faire oublier tant il est discret, professionnel et travailleur, n'a pas pu échapper à notre enquête. Son meilleur coup de l'année? Le recrutement du réalisateur Barry Myers, qui a quitté Planète, l'été dernier, pour rejoindre son ancien producteur. Résultat, la maison de production a reçu quarante stories boards pour son nouveau «poulain». Barry Myers en a refusé plus d'une vingtaine, et sept projets ont vu le jour. Seb (Jean&Montmarin), Krys (CLM), Afflelou, Vittel (Publicis), Promotelec (Callegari Berville) sont les annonceurs et les agences qui lui ont fait confiance. Il paraît que les teams créatifs adorent ce metteur en scène dont on disait qu'il n'était plus très disponible parce qu'il écrivait un long métrage. Apparemment, celui qui est considéré par la revueShotscomme l'un des trente meilleurs réalisateurs de films publicitaires de tous les temps, cumule ces deux activités avec bonheur. Pour ceux qui ignoreraient son parcours, Barry Myers a débuté sa carrière avec Dominique Rigaud chez Via Productions au début des années 80. Lorsqu'en 1986, le producteur quitte la société pour créer FRW, il laisse du même coup le metteur en scène derrière lui. Ce dernier cherche à être à nouveau produit par lui en 1988. Refus de Dominique Rigaud, qui lui présente Jérôme Marcassoli, à l'époque manager associé de Planète Spots. Le voilà donc établi rue Laugier. Les relations entre l'art et la finance ne sont pas si simples. L'été dernier, Barry Myers a de nouveau relancé son ami de toujours qui, cette fois, a dit oui. Les autres réalisateurs représentés par Dominique Rigaud sont Daniel Fauchon (le F de FRW), Keith English, Jean-Luc Voulfow, Alain Brunard, Jean-Pierre Pozzi, Frédéric Forestier et Jean-Marc Vervoot. Son chiffre d'affaires s'élève à 25MF.

Opération franco-russe

Jean-Jacques Grimblat , le patron d'Hamster, n'échappe pas à sa légende. LorsqueStratégieslui a demandé quel avait été son meilleur coup de l'année, il est parti d'un éclat de rire et a énuméré le nombre de ses conquêtes! On s'y attendait... Et puis, comme ce producteur est un blagueur impénitent, il a - presque - tranché: «Mon meilleur coup, c'est toujours le prochain.»Finalement, le président de Hamster, celui que la profession connaît surtout pour sa capacité à monter des coups avec des «réalisateurs stars», a révélé son plus étonnant succès de l'année. «J'ai réussi à vendre un réalisateur russe dont j'avais vu les films pour des banques il y a quelques années à Cannes, et dont personne a priori ne voulait.»Son nom? Timour Berkman Betov. À en croire le plus pittoresque de nos producteurs, celui dont la bonne humeur est reconnue de tous, il s'agit du Monty Python russe. «J'ai mis trois mois à le trouver. J'ai fini par le dégotter à Moscou, je l'ai ramené en France, je lui ai fait faire un spot(le fromage Marbleu, ndlr) pour FCB et maintenant, il est en phase d'écriture sur un long métrage.»Si cette aventure est cocasse, il ne faut pas pour autant en oublier le réalisateur phare de Hamster, Peter Smiley, que les agences s'arrachent, tout comme Gérard Pirès. «Depuis qu'il a réaliséTaxipour Luc Besson (production: ARP), il reçoit énormément de boards chez moi pour faire des spots. C'est ce que l'on appelle un coup par procuration», conclut-t-il.

Très grand Dupetit

Richard Jacobs ne regrette en rien l'époque pas si lointaine où il produisait le film réalisé par Tony Kaye pour Nina Ricci. Ce spot au budget de production de 12millions de francs, jugé alors comme un grand et beau coup publicitaire, lui avait fait perdre 3millions au bas mot. Preuve qu'il pouvait les perdre, direz-vous... Aujourd'hui, le patron de 1/33 n'a plus les mêmes valeurs et estime que son meilleur coup est d'avoir «sorti Thierry Dupetit de l'assistanat et d'avoir produit son court métrage». Certains se demanderont sûrement s'il s'agit là d'un événement dont peut se vanter un producteur tel que Richard Jacobs, qui en a vu et fait d'autres dans sa vie professionnelle. À ceux-là, il répond: «C'est un mec génial, ouvert, cultivé, qui a su d'emblée plaire aux meilleures agences.»C'est le moins qu'on puisse dire. Depuis que 1/33 le représente, il a réalisé pour BDDP le film Danone Institutionnel il y a cinq mois, le spot «Le manège» pour Citroën, et des saynètes Stimorol pour la Young qui sortent bientôt. Dupetit ne doit pas faire oublier Stéphane Glikou qui, toujours créatif chez Grey, a désormais sa place chez 1/33 en tant que réalisateur depuis qu'il a signé le très spirituel film baptisé «Le poulet aux olives».

Maison fantôme

Nicolas Duval , président de Quad, était heureux de créer une filiale en Grande-Bretagne. Les locaux, les employés, l'associé, Ben Mann, producteur anglais de son état, les clients... Apparemment, les ingrédients indispensables au lancement d'une société étaient réunis. Et puis, manque de chance, la maison de production implantée à Londres n'a pas mené à bien l'ombre d'un projet. La raison de ce manque de résultats? Le trop grand succès de Quad Paris, submergée par les commandes et incapable d'être au four anglais et au moulin français. Ce non événement fait dire au producteur que son grand coup de l'année sera pour 1999! Reste que Quad Paris mérite à elle seule de figurer au nombre des maisons de production les plus rapidement prospères. Créée en 1994 sous le nom de Quartet, puis rebaptisée Quad, l'agence annonçait pour l'année 1997 un chiffre d'affaires de 60MF. Son patron indique d'ores et déjà un chiffre d'affaires de 90MF pour l'exercice en cours. À quoi tient ce succès? «À la chance», explique Nicolas Duval, qui ajoute aussitôt: «J'ai rencontré les bons réalisateurs au bon moment.»Le metteur en scène Bruno Aveillan a signé, entre autres, les films Perrier et Galeries Lafayette pour Publicis. Pascal Chaumeil, ceux du messager de poche Tam-Tam pour Australie. Chris Nahon a réalisé le spot Caisse d'Epargne pour BDDP. Enfin, Nicolas Duval vient à peine d'accueillir un nouveau venu au sein de son écurie, Frédéric Tellier...

Coup de foudre pour Deux

Jean-François Cazamayou va mieux. Après avoir connu des problèmes de santé l'an dernier, le producteur parle même de résurrection. Sa plus belle victoire personnelle sans doute. Du côté des affaires, le président de Frog a eu un coup de foudre pour Pascal Deux, qu'il est allé chercher chez Jean-Jacques Grimblat en septembre dernier. Chez Hamster, ce jeune metteur en scène a signé des films Citroën pour Euro RSCG SL. Puis le réalisateur, âgé de 36ans, s'est rapidement imposé chez Publicis avec deux spots, Gervais Exquise et Extrême de Gervais, produits par Frog. Deux films gonflés à bloc, chauds à dégeler tout le pôle Nord! Par ailleurs, Jean-François Cazamayou, producteur exécutif pour un film Fanta tourné à Paris en mai dernier par Alan White, dit avoir adoré tourner sous les fenêtres de la famille Tibéri. On s'amuse comme on peut.

Wanda voit rouge

Patrick Barbier est un peu surpris de la question. Son plus gros coup? Il choisit de parler d'abord de sa vie privée. «J'ai fait un petit garçon qui a dix mois maintenant, il s'appelle Jean.»D'accord, c'est la plus belle chose au monde, mais professionnellement, que s'est-il passé chez Wanda? «Incontestablement , ce que j'ai fait de mieux, c'est de faire rentrer les Rojo, deux réalisateurs, anciens directeurs artistiques, respectivement d'origine française et américaine.» Ces deux là ont déjà à leur actif l'habillage de France2, ont démarré sur les chapeaux de roues avec un film Amnesty pour Ogilvy&Mather, un deuxième pour Jet Services (Publicis), un Compaq pour Lintas, et comme si ce n'était pas assez, un spot pour la Ligue contre le Cancer (agence BDDP). Les deux réalisateurs sont si brillants, aux dires de Patrick Barbier, que le producteur les protège des agressions extérieures. Sous-entendu, les maisons de production qui voudraient bien les débaucher, ou les mauvais stories-boards qui atterrissent sur les bureaux de la société implantée rue de Passy. Le fondateur de Wanda est aussi très fier d'avoir pris trois films aux Anglais. «Les spots Ka, d'Ogilvy Paris, ont certes été imaginés par l'agence anglaise, mais c'est nous qui les avons produits. Il y avait en face de nous le client français, l'anglais, et un cost-contrôleur américain...»Du grand art.

J'ai vendu ma Golf

Georges Bermann a répondu:«Très bien, je vais y réfléchir. Je vous rappelle dès que je le tiens.»Son coup de l'année, s'entend. Et voilà le résultat.«J'ai vendu ma Golf toute cabossée 37000francs, alors qu'elle était cotée 41000francs à l'argus. L'affaire de l'année. Seulement maintenant, je dois racheter une bagnole. Qu'est-ce que tu fais dans ces cas là? Tu demandes conseil autour de toi.»Et Bermann, autour de lui, qu'est-ce qu'il a? Des réalisateurs. Ce qui donne à peu près ce monologue:«Traktor a fait une publicité mondiale pour Volvo, alors bien sûr, ils m'ont conseillé d'en acheter une, à moi qui n'aime pas trop les grosses choses qui roulent. Michel (Gondry) était aux États-Unis sur un tournage pour AMD, il me dit qu'il n'aime pas la voiture. J'appelle donc Doug (Nichols) qui m'a gentiment expliqué qu'il en avait rien à faire de mes problèmes de bagnole et que les deux films Levi's qu'il tournait en ce moment lui prenaient suffisamment la tête. Eric (Coignoux), lui, n'est pas objectif: il vient de tourner le film pour l'Espace, si bien qu'il la trouve géniale, cette bagnole, c'est normal. Je me dis que Joe (Public), qui ne s'intéresse qu'au foot, a peut-être une idée. Rien. Il passe son temps à négocier des places pour la Coupe du monde. Quant à Jan (Kounen), il a essayé de me brancher sur une 806 parce qu'il vient de signer un spot pour eux. Sur le point de laisser tomber, je bigophone à Rocky (Morton) qui me fait essayer sa nouvelle Porsche. J'ai l'air trop con dedans. Résultat, j'ai appelé Pascal (Venturini) qui venait de finir sa pub pour Decathlon et je vais m'acheter un vélo.»En attendant de devenir champion de VTT, Georges Bermann a quand même l'immense privilège de voir sa société Partizan Midi Minuit et sa coopérative Traktor classées premières mondiales par le magazine de créationShots.

Un créatif en ligne

Jean-François Villemin a le chic pour attirer à lui les jeunes créatifs qui souhaitent réaliser leurs premiers films. Frank Tapiro a été le premier à mordre à l'hameçon en 1996 en réalisant, pour La Fourmi, l'infomercial Sharp avec Eric Cantona. Depuis, producteur et réalisateur ne sont plus vraiment amis. Philosophe, Jean-François Villemin affirme que c'est la profession qui veut ça. Un directeur de création chasse l'autre et, selon lui, le meilleur coup qu'il ait effectué cette année est sans aucun doute d'avoir permis à Eric Galmard, directeur de création chez Publicis, d'avoir mis en scène un spot SFR. Intitulé «Cendrillon», ce film est sans aucun doute le meilleur de la série initiée par Jean-Pierre Roux (représenté par la Pac), responsable des trois films précédents. «J'ai eu beaucoup de chance qu'Eric m'ait laissé produire ce spot», dit-il. Il peut être content. Cet échange de politesses lui permet de poser ses valises sur le seuil de l'agence qui réalise le plus grand nombre de spots en France. Quant à Jean-Pierre Roux, il doit faire sérieusement la tête. Le deuxième petit miracle de l'année 1998, il le doit à Nic Mathieu: «En quinze jours, je lui ai fait signer deux spots. Sa bande est ahurissante. Les jeunes réalisateurs sont époustouflants de talent.»En clair, et pour ceux qui n'auraient pas compris, La Fourmi est devenue aussi grosse que le boeuf et tient à affirmer haut et fort que ses petits réalisateurs font de grands films. Souhaitons-lui de les garder plus longtemps que les Bruno Chiche, Bruno Aveillan et autres Frank Tapiro, partis après une ou deux productions.

Envoyer par mail un article

Leurs meilleurs coups de l'année

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.

Plus d’informations sur les agences avec les Guides Stratégies

W