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Monsieur Loyal

09/10/2003

Homme de l'année au Mipcom, Peter Chernin, numéro 2 de News Corp., est courtisé par tous les grands de l'audiovisuel, mais semble se satisfaire d'être le fidèle lieutenant de Rupert Murdoch. Portrait.

Peter Chernin, cinquante-deux ans, Homme de l'année au Mipcom et parfait numéro deux de News Corp., aurait toutes les qualités pour être numéro un de son royaume.« Il est en tête de liste chez tous les chasseurs de têtes »,relève Peter Kreisky, président de la société de consultants Kreisky Media. Lorsque les administrateurs du groupe Walt Disney, lassés par les mauvaises performances du titre en Bourse, ont vainement cherché un remplaçant pour le PDG Michael Eisner, le nom de Peter Chernin a tout de suite été évoqué. De même a-t-on parlé de lui pour diriger la production cinéma de Vivendi Universal, tenir un rôle clef chez Time Warner ou Viacom... Mais l'aimable Peter Chernin a toujours refusé, préférant demeurer fidèle second chez News Corp., l'empire de Rupert Murdoch. Un empire dont il a gravi les échelons depuis son arrivée en 1989 au sein de Fox, alors une toute nouvelle chaîne TV. Son parrain était le fameux Barry Diller, à l'époque patron de Fox. Dix ans plus tard, il succède à « Killer Diller » et prend la présidence de News Corp. Jusqu'où ira Peter Chernin ? Rupert Murdoch est toujours élogieux lorsqu'il parle de son loyal lieutenant. Mais celui-ci n'a guère d'illusions à se faire. La succession du magnat australien se réglera en famille : Lachlan Murdoch, trente et un ans, et son frère James, trente ans, sont en train d'apprendre les ficelles du métier dans le groupe. L'aîné des fils Murdoch, responsable du quotidienThe New York Postet de quelques stations Fox, se forme d'ailleurs aux côtés de... Peter Chernin.

Dans l'ombre de Murdoch

Le fidèle lieutenant reste dans l'ombre de Rupert Murdoch, mais royalement. Son salaire et ses bonus annuels dépassent les 17 millions de dollars (15 millions d'euros). Et pendant que le patron parcourt le monde à la recherche de nouvelles acquisitions, le numéro deux est en première ligne pour défendre les grandes causes de News Corp. L'offensive contre le piratage des films sur Internet ? Il monte au créneau. La défense auprès des élus politiques à Washington de l'achat de la télé satellite Direct TV ? Encore lui. Un responsable pour présenter à Wall Street les comptes de News Corp. ? Toujours lui.« Grâce à lui, les trains arrivent à l'heure »,déclare Peter Kreisky. Sa division Fox Entertainement, note-t-on à la banque Merrill Lynch, pèse les trois quarts des bénéfices du groupe. Les experts de la société de Bourse Prudential sont aussi satisfaits :« Les stations TV et le réseau câblé assureront la croissance des cinq prochaines années,prévoit l'analyste Katherine Stypomias.C'est l'un des meilleurs taux de croissance pour toutes les sociétés que nous couvrons. »

On le voit, Peter Chernin séduit le monde de la finance. Ce fin diplomate, natif de New York, plaît aussi aux créatifs de la télévision et du cinéma. Et ce malgré une enfance ennuyeuse. Le patron de Fox a lui-même revisité sa jeunesse dans la banlieue new-yorkaise, quand il est retourné dans son université de Berkeley, en Californie, un jour de décembre 2001. Ses parents appartenaient à la classe moyenne, celle qui« tous les jours prend le même train pour New York et y accomplit le même type de travail. »Berkeley est passé par là et a ouvert l'horizon de l'étudiant.« Mon voisin de chambre était japonais, mon meilleur copain latino et mon cours préféré, celui de littérature slave. »Plus tard, lorsque Peter Chernin se retrouvera responsable de la programmation de Fox TV ou en charge de la production de films, il n'oubliera pas les bouffées d'air prises sur le campus. Et poussera en avant un drôle de dessin animé :Les Simpsons,« avec un père complètement idiot, un fils sociopathe et une fille philosophe ».Il ose aussi parier gros... surTitanic.« Un film qui a coûté 115 millions de dollars[99 ME]pendant 5 minutes »,plaisante-il dans les médias américains. En fait, la production du film est montée jusqu'à 210 millions de dollars (181 ME). Et Peter Chernin a partagé l'addition avec Paramount pour tenir financièrement. Résultat : un succès planétaire et un jackpot en millions de dollars. Une fois de plus, le PDG de Fox a habilement joué ses cartes : il a risqué gros... prudemment.

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